‹ L'ÉgypteChapitre 107 sur 186 · VIEUX C · texte numérisé non relu

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laquelle le gouvernement cherchait à s'assurer chaque année le maximum de l'impôt.

Quand le Nil est arrivé à la hauteur de quinze vieilles coudées arabes et seize kirât, — la coudée est de 54 centimètres et renferme vingt-quatre kirât, — il à dépassé de plus de

huit coudées le niveau des basses eaux, et s’est élevé à l'altitude nécessaire pour arroser les parties hautes du sol : il a, comme disent les Arabes, atteint son ef. Le sheikh du

Nil annonce cette heureuse nouvelle au peuple, qui attend en suspens, et l’on peut dès lors

procéder au percement des digues. A toutes les époques de l'histoire, le commencement du retrait des eaux a été attendu avec une égale anxiété; jusqu'à nos jours on a conservé, au moment de leur arrivée, des coutumes et des expressions qui remontent en droite ligne

fl au temps des Pharaons. Pourtant, lorsque le christianisme régna en maître, lorsque le

peuple se convertit à l'Islam, on employa les moyens les plus énergiques

pour déraciner le vieux culte du Nil, avec ses formes éclatantes, bigarrées, étranges. Mais toute religion, en passant, lègue au culte nouveau qui l'a remplacée bien des croyances qui se maintiennent à l’état de superstitions. Un écrit chrétien, daté du sixième siècle, nous prouve qu'on avait

transporté d'Osiris à un saint Orion quelconque « l’agrandissement du

Nil en son temps. » Les prêtres des anciens jours enseignaient qu'une larme d’Isis produisait la crue : les Égyptiens actuels répètent encore qu'une goutte divine, en tombant dans le fleuve, le force à monter.

Dès qu’on rompt les digues, on jette dans le courant, au milieu de l’al-

léoresse générale, une figure grossièrement modelée en limon, qu'on appelle la fiancée. C’est l'équivalent de la belle vierge qu'on y précipitait jadis dans le costume d’une mariée, afin d'acheter ainsi la faveur du dieu. Après la fondation de Fostât, comme l’eau ne voulait pas atteindre sa

hauteur accoutumée, Ibn-Ayâs raconte que les Coptes demandèrent au

gouverneur Amr la permission d'offrir au fleuve l’offrandé à laquelle il avait droit. Le général refusa; mais comme le Nil se maintenait bas

et que la famine paraissait imminente, Amr informa le calife Omar de

ce qui arrivait. Son messager lui rapporta une lettre, avec ordre de la

jeter au fleuve : Amr obéit, et, dès la nuit suivante, l’eau monta aux seize coudées nécessaires. La lettre du commandeur des croyants ren- | fermait les mots suivants à l'adresse du © Nil béni d'Égypte : » — « $i, jusqu'à pré- « sent, tu n'as coulé qu'en raison de ta propre volonté, lâche ton courant; mais si l’inon- | « dation a été soumise aux ordres du Dieu très haut, nous prions ce Dieu qu'il lui accorde « sa pleine croissance. » Cette histoire, fort jolie en elle-même, est assez peu croyable. La vieille religion égyptienne rejetait le sacrifice humain aussi résolument que le chris- | tianisme. Il est probable qu'avant l'Islam on précipitait dans le fleuve, non pas une jeune fille, mais une offrande, et Makrizi raconte, avec un luxe de détails qui ne laisse point | de place au doute, que, vers le commencement du quatorzième siècle de notre ère, les chrétiens ette renfermant le doigt d'un saint. C’est le cas de rappeler que le problème du retour périodique

| avaient encore l'habitude, pour obtenir une bonne inondation, de jeter à l’eau une ca

de linondation est résolu depuis longtemps. Elle doit son origine aux pluies qui tombent,

|| chaque année régulièrement, aux mêmes époques, dans les régions tropicales, et à la fonte

des neiges, sur les montagnes du pays où les deux Nils prennent leur source. La crue

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