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commence presque insensible au commencement de juin; à partir du 15 au 20 juillet, elle ; : ë :
Saccentue de plus en plus, ralentit vers la fin de septembre, reste stationnaire pendant quelques semaine
s, souvent même décroît un peu, puis reprend et atteint son plus haut
point au milieu d'octobre. Elle s’y maintient quelques jours seulement, puis baisse de plus en plus, jusqu'au moment où le fleuve revient à son état ordinaire.
C’est au nilomètre que l'ile de Rôda doit sa plus grande réputation. Lorsqu'on s’y promène on n’y trouve de remarquable, en dehors des plantations, des maisons et d’une modeste tombe de sheïkh, qu'un vénérable amandier à large ramure, que les Cairotes appellent un grand médecin, Aakim kebir, auquel ils vont en pèlerinage, pour se guérir de la fièvre et des autres maladies inflammatoires. Les malades s’agenouillent à côté des racines et récitent des prières; les branches sont couvertes des pièces d’habillements les plus variées, ex-voto des patients et offrandes des guéris. La sainteté de cet arbre est prisée si haut, que les pélerins prirent le désir qu'avait le peintre Welsch de le dessiner pour un sacrilège : ce fut seulement par force et par adresse qu'il parvint à terminer le portrait de ce médecin du règne végétal.
Une tradition veut que cet arbre ait été planté par Fatimä, fille du Prophète; mais nous n'avons pu retrouver aucune trace de cette légende, et Soyouti (+ 1506) ne la mentionne pas. — Nous sommes beaucoup mieux renseignés sur l’époque à laquelle fut élevée la plus ancienne des mosquées d'Égypte, celle qui porte le nom de son fondateur Amr, et que nous atteindrons en quelques instants, si nous quittons Rôda pour parcourir de nouveau les rues et les monceaux de ruines misérables dont Fostât se compose aujourd’hui.
La mosquée d’Amr a été appelée à bon droit la mosquée principale du Caire. Le conquérant de l'Égypte la fit bâtir à l'endroit où, pendant le siège de Babylone, le marchand Koutaïbah avait dressé sa boutique. Le nouveau temple avait cinquante coudées de long sur trente de large; le pupitre élevé qu'Amr avait destiné à la lecture du Coran fut enlevé sur l’ordre du calife, à qui il parut indécent que les auditeurs croyants fussent au-dessous du lecteur. En face de l'entrée principale était la maison du gouverneur. Elle a depuis longtemps disparu, et peu de portions de l'édifice d’Amr nous sont arrivées sous leur forme originale. Il fut mis bas, trente-trois ans à peine après son érection, par le gouverneur Maslama, reconstruit à nouveau, orné d’un minaret : deux siècles après, on dut le reconstruire une fois de plus, à la suite d’un incendie.
Quand, après avoir parcouru des ruelles sans apparence et franchi des tas d’ordures, on approche des murailles grises et poudreuses de ce monument, on ne se doute guère qu’elles enferment l’une des œuvres les plus vénérables et les mieux conçues de l'architecture arabe. Rien qu'à traverser la cour immense de la mosquée, on se sent d’abord déconcerté par la largeur de l’espace qu'entourent des portiques à colonnes, puis on s’afflige et on s’indigne à la pensée de l'indifférence pitoyable, qui abandonne ce noble monument à une destruction certaine; enfin, quand on a cherché, abstraction faite des lacunes et des parties ruinées, à se représenter l'ensemble de cette construction grandiose, on est saisi d'un juste étonnement et de ce pieux respect auquel l’homme se soustrait malaisément en présence de ce qui est vraiment grand.
On nomme la mosquée d’Amr « la Couronne des mosquées. » In un certain sens elle mérite ce titre, non seulement à cause de son âge vénérable et de ses formes grandioses, mais parce qu'en elle, et en elle seulement, les fidèles de toutes les religions qui reconnaissent un
Écvere, I. 58
Dieu unique se sont réunis plus d’une fois pour lui adresser leurs prières dans les temps de malheur commun.
Quel spectacle elle dut offrir, sous Mohammed-Ali, quand les musulmans, conduits par leurs
oulémas, les chrétiens de toute confession, guidés par leurs évêques et leurs prêtres; les juifs,