I LE SAINT, À BAMBERG
as toute particulière le nombre de cuisiniers en plein vent et de rôtisseurs qui dressaient leur fourneau au coin des rues, ou le portaient çà et là
sur la tête. « Là aussy, dit le vieux Sébastian Frank, sont jusqu'à quinze mille cuisines com- « munes, auxquelles on cuit chaque jour toute sorte de mets bouillis ou rôtis, pour ce que « les habitants euisent peu en leurs maisons; mais beaucoup de cuisiniers s’en vont par la « ville, portant sur leur tête un feu préparé dans un fourneau, et tout autour, du bouilli et « du rôti sur des brochettes, et si quelqu'un veut avoir quelque chose, ils descendent le ré- « chaud de leur tête et donnent à l’affamé, selon son désir, pour argent suffisant. » Au-
jourd'hui encore on voit des gargottes au coin de beaucoup de rues et un grand nombre de marchands O
de comestibles ambulants. Un historien du temps de
Saladin assure que s'il voulait décrire les différents mets sucrés qu'on prépare en Égypte, il lui faudrait
composer un livre spécial. Une sorte de gros pâté,
dont il donne la recette exacte, montre ce qu'était la manière de vivre des princes et des nobles de ce temps. On commençait par préparer la pâte avec ine la plus fine, qu'on pétrissait
trente livres de la avec cinq livres et demie d’huile de sésame. On la partageait en deux parts. On roulait la première très
mince, et on la mettait dans une grande poêle en cui-
vre, préparée exprès à cette intention et munie de fortes anses : sur ce lit, on étalait un hachis de viande, et sur le hachis le cuisinier entassait trente agneaux rôtis, bourrés d’une farce très fine aromatisée de pis-
taches broyées, de poivre, de gingembre, de can-
nelle, de lentisque, de coriandre, d’anis, de carda-