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ie lui, sans pouvoir le décider à prendre des mesures énergiques contre
la puissance toujours croissante des Osmanlis, que son esprit vraiment prophétique lui montrait comme plus dangereux que les Mongols eux-mêmes, conduits qu'ils étaient par le conquérant Timour. La mémoire de Barkouk est toujours vivante au Caire, grâce à la belle mosquée qu'il éleva à côté de son tombeau, à celle qu'il construisit pour
| son harem, au puits, et à l’école qu'il institua avec des chambres d'habitation pour les étu- | diants, les maîtres et les employés du sanctuaire proprement dit. Deux belles coupoles dont l’une recouvre de sa voûte la sépulture des hommes et l’autre celle des femmes, deux minarets
couronnent cet édifice, dans le voisinage duquel le sultan Farag, fils et successeur de Barkouk, plaça son mausolée. Farag avait été précédé dans la tombe par le grand conquérant Timour, et cette mort sauva l'Égypte du danger le plus pressant qui menaçait son indépendance.
Nous ne fatiguerons pas le lecteur par le récit des luttes innombrables et sanglantes au sujet du trône, des soulèvements et des massacres dont le Caire fut le théâtre sous les mamelouks circassiens. Il ne pouvait être question parmi ces parvenus étrangers, ni de véritable amour pour la patrie, ni de sacrifice des intérêts personnels au bien de la communauté. L'Éeypte est surnommée par les écrivains arabes « le trésor de la terre » ou « la mère du bien-être : » chacun d'eux en pilla les ressources presque inépuisables, avec une insatiable insouciance, et s'ils firent
FUNÉRAIRE DE BARKOUK.
des monuments superbes, ce fut seulement pour montrer aux contemporains et à la postérité sance et des richesses qu'ils avaient à leur disposition. Une
quelle était l'étendue de la puis des plus belles mosquées du Caire est due au second successeur de Farag, qui s'appelait Shêikhel-Mouaîyad et était arrivé comme esclave en Égypte à l’âge de douze ans. Il l’éleva à l'endroit même où se trouvait une prison dans laquelle l'avaient jeté ses ennemis. Pendant sa captivité, il avait fait vœu de changer le cachot en mosquée s’il parvenait jamais au pouvoir : sultan, il tint sa parole de la manière la plus brillante, car l'édifice, récemment restauré, qui porte son nom et qui renferme, outre son mausolée, celui de sa famille, lui coûta la somme énorme de quatre cent mille dinars. Il avait pourtant, comme un simple coup d'œil suffit à le prouver et comme nous l’apprennent les historiens, enlevé les colonnes à des maisons privées, à des
palais, à des mosquées plus anciennes. Trente polisseurs et cent manœuvres y travaillèrent
pendant des années. C’est peut-être la plus somptueuse des mosquées de la ville; mais on commence à y sentir la surcharge. Lorsqu'on s'efforce d'établir un rapport harmonieux par la beauté, la noble
a perfection des formes, entre les parties et le tout architectonique, i faut ne pas céder au désir d’éblouir
le spectateur par l'éclat des couleurs, la richesse des matériaux employés et le débordement de la décoration.
Comme dans les vieilles mosquées, la cour et la fontaine sont entourées d'arcades. Beaucoup des colonnes qui portent les arceaux appartiennent à
l’ordre corinthien, sont l’œuvre d’artistes
'TECS omains 3 = LA ORNEMENT DE LA M >TeCS OU romains, et ont été