‹ L'ÉgypteChapitre 20 sur 186 · ISIS ET HORUS · texte numérisé non relu

ISIS ET HORUS

Alexandrie, on trouverait des cellules isolées, dépendantes du temple de Sérapis, dans lesquelles de pieux solitaires fatigués du monde venaient s’enfermer loin du tracas de la vie. Un satirique romain tourne en dérision les dévotes attachées au culte d’Isis, qui se laissaient imposer par les prêtres toute sorte de pénitences, même l'obligation de se plonger dans une rivière pendant l'hiver, et cela en expiation de fautes légères. Cette docilité à la pénitence, qui paraissait étrange aux Romains païens, gagna au christianisme nombre de jeunes gens sur les bords du Nil. La nombreuse communauté juive d'Alexandrie, elle aussi, fournit bientôt beaucoup de prosélytes. Le dur théisme mosaïque s'y était affaibli dans les recherches moitié religieuses, moitié philosophiques, auxquelles s'étaient adonnés les chefs spirituels de cette colonie juive, élevés à la grecque, Grecs de langage et n'écrivant que le grec. C’est là que la religion de l'Orient célébrait son mariage avec la philosophie de l'Occident. Aussi la nouvelle doctrine du salut, qui arrivait de Palestine, fut-elle accueillie à bras ouverts sur les bords du Nil. Ses traditions fugitives, reçues dans Alexandrie, la ville des penseurs philosophes et des interprètes amoureux de méthode, y furent coulés dans un moule défini et établies sur des fondements si solides que l'Occident lui-même se laissa prendre à leur charme, et ne crut pas qu'il fût possible de les réfuter.

Le christianisme est né en Palestine; c’est dans Alexandrie qu'il a recu son éducation et s’est développé.

Je n’ai pas à raconter les luttes que la communauté chrétienne d'Alexandrie eut à soutenir contre ses maîtres païens. Les jours de persécution que les chrétiens traversèrent ont été nommés l’époque des martyrs : plus d’un, parmi ceux qui rendirent témoignage par leur sang à l'Eglise catholique, subit le supplice dans Alexandrie. Quand le christianisme s’éleva à la dignité de religion d'État, le paganisme y eut ses martyrs à son tour : à côté de la touchante

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