MOSQUÉE SAID PACHA
mais, dès à présent, elles assurent à Alexandrie plus de prospérité qu'à aucune autre ville du pays.
C’est là, en effet, qu'un port défendu contre le mauvais temps par des jetées puissantes, et contre les ennemis du dehors par des fortifications solides, invite à s’y rendre les navires
de toutes les nations; c’est là, aussi, qu'aboutissent les chemins de fer qui relient directement
la ville au Caire, à Suez, à Rosette, et les télégraphes qui la rattachent aux grandes par-
ties du globe et même à l’intérieur de l'Afrique. Un système bien établi de conduites four- 8 3
nit l'eau aux maisons des particuliers, des tuyaux à gaz dont les ramifications s'étendent
fort loin pénètrent jusque dans les rues les plus lointaines et assurent l'éclairage de nuit. Seules, les ruelles étroites du quartier arabe restent closes à cette lumière européenne dont l'importation remplit d'abord d’effroi les enfants du pays et servit longtemps de thème aux conversations. Les principales voies de communication sont pavées et pourvues de trottoirs. L'amour pour les plantations, que le khédive Ismaïl semble avoir hérité de son grand-père Mohammed Ali, à été fort utile à Alexandrie, et un conseil de santé spécial veille avec sollicitude à l’état sanitaire de la ville renaissante.
La charité, propre non seulement au christianisme, mais à lislamisme, a présidé à la construction de différents hôpitaux. Même dans les hospices égyptiens, on voit régner cet esprit d'ordre sévère nouvellement importé d'Occident, et qui décuple la valeur
du don des personnes charitables. Des médecins de chaque confes- COMMENT CELA FINIRA-T-IL ? sion sont à l’œuvre, et, en parcourant la ville on voit, à côté du croissant des mosquées, la croix chrétienne s'élever sur plus d'une
église et d’une chapelle. Coptes et Grecs des deux confe
ions, catholiques romains, protestants, communautés anglicanes et presbytériennes, tous ont ici leurs temples, et les juifs accomplissent, dans de magnifiques synagogues, les cérémonies de leur culte, sans en être empéchés par les musulmans, dont pourtant les mosquées n’offrent pas orand'chose de remarquable.
urs de Mohammed Ali
C’est pour les succe
un vrai titre de gloire, non seulement de n’a-
voir jamais entravé les émigrants de foi différente
dans l'exercice de leur culte, mais d’avoir favorisé
l'érection de leurs églises par des dons de ter-
rain. Mohammed-Ali fit cadeau aux catholiques
romains de lots d’une étendue considérable. La
petite église protestante construite, près de la
rive du « Nouveau Port, » sur le sol de l’ancien Bruchion, et dans laquelle un pasteur allemand prêche devant une congrégation allemande, s’élève sur un emplacement que Saïd pacha céda
aux évangélistes. Pour les protestants étrangers
à l'Allemagne et qui n’appartiennent à aucune
des sectes anglaises, on y prêche aussi en fransais. Le temple hospitalier fut consacré en 1866,
le jour anniversaire de la naissance de l’empereur Guillaume, qui avait libéralement contribué, FOLISE PRORESANRE D'ATREANDErE,
ainsi que le khédive, à l'érection de l'édifice.
L'architecte Erbkam, bien connu de tous les amis de l’art égyptien, avait dessiné le plan en style roman. M. Lüttke, l'auteur du livre intitulé « le Temps nouveau de l'Égypte, » fut le premier qui y fit entendre la parole de Dieu. Il avait largement contribué au succès