RIN DE TUNIS
soleil d'Afrique, se séparer de leurs bottes et de leurs bonnets de fourrure. Ici, sont accroupies, sous la garde d’une vieille duègne, les trois femmes d'un Turc. Le mari, méfiant, se promène de long en large devant son petit harem et vous jette un regard furieux : il s’imagine que l’œil de sa plus jeune femme, que le léger voile turc laisse à découvert, vient de rencontrer le vôtre. Une Européenne élégante et jolie regarde avec curiosité ses sœurs moins libres. Que ne diraient pas ces dernières, si elles savaient que cette jeune fille non voilée vient, sans escorte, du lointain pays d'Allemagne, et que, livrée entièrement à elle-même, elle songe à s’en aller aux Indes, pour y donner, à des garçons, des leçons en toute sorte de science ?
La gare de Zagazig ne manque pas de vie : il y eut un temps où ce lieu était, non pas
Éc YPTE, le 26
seulement une station de passage, mais un but de voyage, et attirait plus de pèlerins qu'aucune autre ville en Égypte.
Là bas, à quelques minutes de la gare, s'élève une butte haute et étroite, qui renferme les ruines de la vieille Bubastis. La ville populeuse a disparu de la terre, et la parole fatidique du prophète Éxékiel s’est accomplie entièrement : « Ses jeunes gens sont tombés sous l'épée, et ses