‹ L'ÉgypteChapitre 49 sur 186 · E DE SEKHET. MOMIE DE CHAT · texte numérisé non relu

E DE SEKHET. MOMIE DE CHAT

femmes ont été emmenées en captivité! » Les vitrifications qu'on remarque sur les pierres noircies prouvent que c'est bien le feu qui a détruit la ville, ainsi que le temple qui se dressait au milieu de la ville, ce temple dont Hérodote disait, que beaucoup d’édifices le surpassaïient en grandeur et en richesse, mais aucun en élégance.

Les Arabes appellent Tell Basta les ruines de Bubastis. Nous y trouvâmes, sept ans auparavant, les morceaux de deux statues de la déesse à tête de chatte qu'on y honorait, tantôt sous le nom de Bast, tantôt sous celui de Sekhet. Elle est l’image de cette passion ardente qui attire l’homme vers la femme : la fille du dieu Soleil, qui lutte à morsures brülantes contre les

ennemis de son père et, dans l’enfer, punit les coupables ; puis encore l’Aphrodite qui, le sceptre de fleurs à la main, préside aux joies de l’amour et au plaisir de l'ivresse et des fêtes. En raison de cette double nature, elle porte tantôt la tête de la lionne furieuse, tantôt la tête de la chatte caressante. Des foules immenses, — Hérodote parle de 700,000 personnes, — se pressaient à ses fêtes. Hommes et femmes s’entassaient sur les mêmes bateaux, et les femmes dépassaient en licence leurs compagnons. Le chant, le son des flûtes, le caquetage, le bruit des mains frappées l’une contre l’autre,

ne cessaient de retentir pendant toute la durée du voyage. En passant devant chaque ville, on harcelait de railleries grossières ceux des habitants qui restaient à la maison dans Bubastis même, on offrait de grands sacrifices, et on buvait plus de vin que pendant tout le reste de l’année.

Le même historien, à qui nous devons la description de cette fête, raconte que les chats morts étaient embaumés, puis envoyés à Bubastis, où on les enterrait. Aucune trace ne subsiste des hypogées de chats, cependant le souvenir de l'antique sainteté de ces animaux n’a pas entièrement disparu. Il n’y a pas longtemps encore qu'au Caire on dépensait une certaine somme d'argent à nourrir ces chats affamés. Jusque dans les dix dernières années, la grande caravane de la Mecque était

accompagnée par une vieille femme

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