LES FOUILLES A TANIS
porter des présents. La douzième dynastie, si célèbre depuis, s'éteignit dans la personne d’une femme, et une race moins forte monta sur le trône des Pharaons, au moment même où une migration de peuples sémites, venus de l'Asie Antérieure, se précipitait vers le sud à pied et à cheval. Les Égyptiens essayèrent bien de repousser les hordes sauvages qui fondaient sur eux : ils furent repoussés, et leurs rois obligés de se retirer dans la haute Égypte, tandis que les Asiatiques s'établissaient à l’est du Delta, fortifiaient solidement Péluse, qu'on appelle aussi Avaris, et choisissaient Tanis pour résidence de leurs princes. Ils se mêlèrent bientôt avec les gens de leur race qu'ils trouvèrent installés au bord du Nil, et ne tardèrent pas à subir les conséquences de cette loi historique, d’après laquelle les conquérants d’un pays plus
civilisé doivent se plier aux mœurs et aux usages des vaincus et sont contraints à lassujettissement par leur victoire même. Nous les connaissons sous le nom d’Hyksos, c'est-à-dire
princes des Schosou ou Bédouins, et nous savons, par les quelques monuments qu'ils nous ont
laissés, qu'ils s'assimilèrent de toutes pièces la manière d’être égyptienne, même en ce qui concerne l’art. Comme les Pharaons, ils firent élever, pour représenter symboliquement leur propre personne, des sphinx à corps de lion et à tête d'homme : la face de ces images était modelée sur leur visage et reproduit presque leurs portraits. Les plus beaux de ces « sphinx hyksos » avaient déjà été transportés au Caire quand je visitai Tanis; mais quelques-uns étaient encore là, à moitié enterrés dans le sable. Combien leur ressemblaient les gens auxquels j’eus affaire à Sân et sur les bords du lac Menzalèh !
Les Hyksos restèrent plus de quatre siècles en possession du pouvoir. La haine nationale des vaincus flétrit leur mémoire, les représenta comme des pillards détestables, et leur pardonna difficilement d'avoir placé à côté des anciens dieux leur Baal, qu'ils décorèrent du nom de Set-Typhon, divinité égyptienne, et qui,
après avoir été adorée comme maître de
la guerre et des pays étrangers, finit par
être redoutée et persécutée comme repré-
sentant tous les troubles et toutes les
contradictions qu'on remarque dans la vie de la nature et de l’homme. La religion égyptienne ne connaît pas de mal absolu en opposition au bien; le mal ny est qu'un état transitoire vers le salut à venir, comme la mort n’est que le seuil
d'une vie qui est vraiment la vie parce
qu’elle dure éternelle. Seth recevait dans FE les villes hyksos les marques du respect le plus profond : on donna son nom, non seulement à des rois, mais à des portions de territoire, qui formèrent le nome Séthroïte et confinèrent à lorient du nome Tanitique.
Tandis que les Hyksos dominaient au nord de la vallée du Nil, l’ancienne dynastie continuait de régner dans l'Égypte supérieure. Un manuscrit sur papyrus nous apprend qu'une querelle au sujet d’un puits dans le désert, fournit aux Pharaons le prétexte de se soulever contre les envahisseurs d'Asie. Une grande guerre de délivrance commença, qui dura plusieurs dizaines d'années et se termina par le siège et la prise d’Avaris. On trouve encore aujourd'hui, à Tell el Her, les traces du camp retranché des Hyksos, et, à Tanis, les édifices somptueux construits par leurs rois. Dans tout le nord-est du Delta, leur postérité vivante est encore reconnaissable à sa ressemblance avec les ancêtres.
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