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MURS DE SOUTÈNEMENT LE LONG DU BRAS DE DAMIETTE

sables d’un mur d'enceinte. Au milieu s'élevait

heurtai aux débris parfaitement reconnai une butte de décombres gigantesque, seul reste du beau temple de Pa-hébît, « le lieu de fête; » on y adorait la grande déesse d’après laquelle les Romains donnèrent à la ville le nom d’Iseum. Les rues et les places de la cité antique ont complètement disparu, aucune trace d'habitation ancienne n’est reconnaissable parmi les huttes de fellah du bourg de Behbît. Ici, comme partout en Égypte, les maisons des dieux étaient construites de matériaux plus durables que les maisons des hommes, et les débris en granit du temple d'Isis de Hébit sont assez solides pour défier encore plus d’un siècle. Ils sont là, au milieu de l’ancienne enceinte du temple, et semblent ne former qu'un seul amas puissant de blocs, de fragments de colonnes, de morceaux d’architraves, de dalles détachées du toit ou ayant servi de degrés. Je n’ai rien rencontré de plus original que ce temple, effondré sur lui-même comme au geste d’un magicien. Ce n’est pas l’action lentement destructive du temps, ce n'est pas la faible main des hommes qui à pu produire cette chute subite d'un édifice en granit.

Écyrre, I. 33

Un tremblement de terre a dû l'abattre d’un seul coup. Le souvenir en est resté vivant chez les fellahs, ainsi que la mémoire de l’animal consacré à la déesse à tête de vache, qui à si longtemps reçu ici le culte le plus respectueux, et dont l’image est visible sur plus d’une pierre. Tandis que je me reposais auprès des débris de granit, un homme de Behbît me raconta l’histoire suivante, bien connue d’un chacun dans la localité. « Au temps de Salomon s'élevait « ici un beau temple, dans lequel vivait une vache envoyée par Dieu lui-même, et que per- « sonne ne devait toucher. Il y eut une fois une femme qui se servit de la bête pour nourrir

« son enfant nouveau-né. Elle pénétra secrètement dans le temple et chercha à traire la

« vache; mais le pis ne donna point de lait. Alors la femme maudit la vache. A peine « avait-elle prononcé le dernier mot, l’édifice géant s’écroula avec un craquement terrible, « enterrant sous ses ruines la criminelle et son enfant. Le soir, quand on frappe sur les « pierres, la vache fait entendre un mugissement. Beaucoup des gens de Behbît, qui appel- « lent nos ruines Æ/agar gamous, la pierre de la buffle, prétendent l'avoir entendu. » — Quel spectacle splendide devait présenter ce temple, quand le soleil se jouait encore sur les masses polies du granit gris et brun dont il était construit. Les inscriptions nous apprennent qu'il avait été élevé par le roi Ptolémée IT Philadelphe (287-247 av. J.-C.). On n’a aueun renseignement sur l’époque de sa chute, et on ne réussira jamais à reconstituer le plan de l'édifice : car, il n’en reste pas pierre sur pierre. Il nous fallut compter quatre cents pas, À pour faire le tour de ce haut tumulus qu’on doit escalader, comme on ferait la pointe d’une all montagne de granit. Le dallage de la cour du temple subsiste peut-être encore sous une couche de terre; car, dans l’intérieur du mur d'enceinte, il ne croît qu'un peu de blé, auprès

d’une flaque, à la place où se trouvait le lac sacré indispensable à tout sanctuaire égyptien. Je retournai à Mansourah avant la tombée de la nuit. On peut se rendre aisément de : NOUS

là aux ruines de Mendès, la ville du bélier sacré. Toutefois nous ne les visitâmes pas nous sentions entraînés vers le sud, vers les pyramides et le Caire, où bat le cœur de l'Égypte.

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