CHIENS DES RUES
orientales, si étroites que deux cavaliers ont peine à y passer de front, sont toujours remplies d'ombre et de fraicheur; le Cairote a bien raison de les préférer aux larges rues des quartiers nouveaux.
Nous nous frayons un chemin à travers l’une des grandes artères de la ville, et passons devant la haute porte d’une mosquée. De pieux musulmans sortent et se dérangent poliment, pour faire place à des moines franciscains, qui semblent sérieusement se consulter auprès de la maison d'Allah. Ici, nous tournons dans une rue plus spacieuse. Hommes, bêtes, voitures
Écyrre, JE 51
s'y pressent : tandis que les premiers causent ou s'appellent, on entend çà et là le braiement
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d'un âne ou le grognement d’un chameau, mais nulle part l'oreille n’est blessée par le tinta " ï . #
marre étourdissant des cités européennes, car les roues roulent sans bruit sur la chaussée molle
et non pavée. Nous avons à peine réussi à nous ouvrir un pa e à travers la presse, et
déjà nous sommes arrivés sur une place déserte, environnée de maisons en ruines : des vautours planent cireulairement, et, dans la boue, des chiens errants cherchent des os. Une ordure sèche et poudreuse, dans laquelle même les mauvaises herbes n’ont garde de prendre racine, s’entasse ici en monceaux épais, tandis que là-bas, derrière ce mur, dans les jardins bien