‹ L'ÉgypteChapitre 99 sur 186 · JOCKEY NOIR ET JOCKEY BLANC · texte numérisé non relu

JOCKEY NOIR ET JOCKEY BLANC

l'Anglais, et cependant le second, tout

fier de sa courte stature, regarde avec un orgueilleux dédain les formes maigres et mal nourries du premier. Aucune classe de la population du Caire n’entretient les haines de race avec autant de vivacité que les cochers ou les écuyers. L’Arabe aime les chevaux, et ne veut remettre à aucun étranger le droit de les soigner sur le sol natal. Aussi est-il anglais importés par de riches Égyptiens, ont été l’objet de

arrivé souvent que les jocke tentatives meurtrières de la part de leurs rivaux basanés. On fait aussi courir des droma-

daires, et vraiment c’est un curieux spectacle de voir les formes presque « antéhistoriques » des « vaisseaux du désert » écarter leurs jambes longues et raides, munies de larges pieds mous,

et se dandiner d'avant en arrière dans la rapidité de leur course. Leurs écuyers brunis les

excitent par des paroles glapissantes; mais, en dépit de ces incitations et de leur vigueur naturelle, ils n’atteignent jamais la vélocité du cheval. En revanche, ils ont la capacité innée de soutenir leur train longtemps encore après que le cheval, qui les avait aisément dépassés pendant la première heure, s’est abattu râlant. On appelle kegôn les dromadaires de course ; nous dirons ailleurs l'estime qu'on a pour les meilleurs d’entre eux, et les distances incroyables qu'ils peuvent parcourir sans se reposer.

I/Abbasiyèh vient à peine de disparaître à nos regards et déjà l'air pur du désert, dont notre chemin effleure la lisière, joue autour de nous. Le chemin est poudreux et chaud; mais bientôt l'ombre des lebbakhs nous abrite à droite et à gauche, et quand nous approchons du château qui appartient à Tewfik, le khédive actuel, nos regards sont réjouis par l'aspect de

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