‹ L'Égypte musulmane et les fondateurs de ses monumentsChapitre 11 sur 46 · PI. X · texte numérisé non relu

PI. X

C1. Creswell.

Décor de la Mosquée de Çâleh Tela'yé (1160).

Remarquer l'artifice par lequel le centre des médaillons

est déplacé afin de compenser l'effet du raccourci.

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appelons Saladin et dont l'histoire fera le sujet du prochain chapitre.

Il s’ensuivit une succession d'intrigues et de batailles: Ghâouar, remis par Chirkouh en possession duvizirat, prit peur de son puissant allié et pria Amaury, roi franc de Jérusalem, de l'aider à se débarrasser du général sunnite. Il ouvrit ainsi les portes du Caire aux Croisés qui l'occupèrent pendant quelque temps et bâtirent même une église dans la mosquée d'el Hâkem. Au cours de ces intrigues à triple face entre les Francs chrétiens, le Khalife chiite et les officiers sunnites de Nour-ed-Dîn, le roi de Jérusalem crut le moment favorable pour conquérir l'Égypte. Il s'avança jusqu’à Bilbeis dans la province de l'Est, entra dans la ville et, reniant sa parole donnée, mit à mort la population tout entière, femmes, enfants et vieillards. Les Égyptiens, apprenant ce crime et craignant une nouvelle traîtrise de la part de leur ci-devant allié, mirent feu à l'ancienne cité de Fostât, longtemps capitale de l'Égypte et encore très peuplée. La population évacua la ville et l'incendie dura plus de cinquante jours.

Finalement Chirkouh entra dans el Qâhera en grande pompe et fut reçu à bras ouverts par le Khalife. Chäouar fut exécuté et Chirkouh nommé vizir à sa place. Au bout

de fort peu de temps, il mourut d'indigestion après un

repas trop copieux et son neveu Saladin lui succéda. Deux ans plus tard, le Khalife était mort, la dynastie fatimide déchue, et Saladin, d'abord général de Noûr-ed Dîn et ministre d'el ‘Aded, était devenu sultan indépendant de l'Égypte et fondateur de la dynastie ayoubide. De plus et surtout, le culte chiite avait fait place au culte sunaite, considéré dorénavant comme seul orthodoxe. Autant que nous pouvons en juger par les historiens arabes, le peuple égyptien fut peut-être mieux traité sous les Fatimides que sous leurs successeurs. D'après le Persan Nâcir-i-Khosrau, qui visita l'Égypte pendant les premières années encore prospères du règne de Moustancer, les grandes villes abritaient des industries florissantes et leurs besoins étaient satisfaits à bon compte par les agriculteurs du voisinage. L'irrigation, quoique organisée avec méthode, n'était pas assez pour éviter les effets désastreux d’une crue insuffisante du Nil et de terribles famines décimaient la population, souvent suivies par des épidémies, comme celles qui ravageaient l'Europe au moyen âge, dans un temps où les mesures prophylactiques étaient totalement inconnues. Déjà sous les Fatimides, les troubles les plus fréquents provenaient des troupes étrangères, composées alors de deux éléments : les mercenaires Turko-

mans et les troupes nègres ou berbères qui avaient d'a-

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