‹ L'Égypte musulmane et les fondateurs de ses monumentsChapitre 14 sur 46 · TI8MS01)) ‘ID · texte numérisé non relu

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lui faire épouser sa sœur Jehanne, veuve du roi Guillaume le Bon de Sicile, et à placer le couple sur le trône de Jérusalem, mais que les évêques, horripilés, refusèrent de sanctionner une pareille alliance. Du reste l'impétueux roi d'Angleterre n'avait pas consulté sa sœur et la reine de Sicile ne tenait pas à épouser un musulman. Safadin eut en effet un nombre considérable de femmes dont l'une, la reine Chemsa que l'on appelle aussi el ‘Adelîya du nom de son mari, est encore vénérée au Caire. Ce fut elle qui fit construire la chapelle funéraire qui recouvre le tombeau de l'Imâm Châîfey, et le merveilleux cénotaphe de bois sculpté qu'elle fit faire pour elle-même se trouve encore à côté de celui du saint (P1. 14).

On dut renoncer à l'accord projeté et Saladin reprit sa campagne victorieuse, interrompue par sa mort prématurée à Damas en 1193. Quoique seize fils lui aient survécu, aucun d'eux n’était aussi capable de le remplacer que son frère el ‘ Adel, et après une série d'intrigues qu'il est Li tile de raconter ici en détail, l'Égypte se trouva entre les mains de cet habile prince ; il gouverna d'abord en qualité de régent pour un fils en bas âge d’el' Aziz, fils de Saladin, qui était mort après avoir régné cinq ou six ans au Caire.

Les autres provinces du vaste empire ayoubide furent

partagées, très inégalement, entre les autres fils de

Saladin ; sa fille unique, la princesse Mounissa, épousa son cousin el Kâmel, fils et successeur d'’'el ‘Adel.

Les querelles et les divisions qui suivirent la mort de Saladin donnèrent aux Croisés des occasions qui faisaient défaut Hesse le monde musulman presque tout entier se trouvait réuni sous un seul maître. Voyant que le principal point de résistance se trouvait à Damiette, ils profitèrent de ce qu'el : Adel était occupé à guerroyer en Syrie pour attaquer la source de ses approvisionnements et, arrivant soudainement par mer, ils mirent le siège devant Damiette en 1218.

El ‘Adel avait confié la garde de l'Égypte à son fils el Kâmel, qui accourut au secours de Damiette et réussit à tenir les Francs en respect pendant quatre mois. Enfin, grâce à des tours d'assaut dressées sur des navires, ces derniers réussirent à prendre le fort, une puissante tour reliée au rivage par une chaîne de fer pour empêcher les vaisseaux de pénétrer dans la branche du Nil. Le vieux el ‘Adel, qui arrivait de Syrie en toute hâte, mourut en route en apprenant cette nouvelle et Kâmel se trouva seul pour défendre le royaume. Assailli de difficultés de toute sorte, entouré de révoltes et de conspirations parmi ses propres émirs, Kâmel ne put sauver Damiette qui fut enfin prise par les Groïsés et dont les habitants, traités avec la dernière

barbarie, furent massacrés ou réduits en esclavage. Kâmel,

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