‹ L'Égypte musulmane et les fondateurs de ses monumentsChapitre 17 sur 46 · TI0MS · texte numérisé non relu

TI0MS

"IAX ‘Id

side à venir au Caire et l'intronisa Khalife, donnant ainsi un successeur à celui que les Mongols avaient mis à mort lors de la prise de Baghdad.

En dépit des honneurs que leur accordèrent Bibars et ses successeurs, les Khaliïes ‘abbassides qui demeurèrent dorénavant au Caire jusqu'à la conquête turque, ne détinrent plus que l'ombre du pouvoir, avec un certain prestige religieux. Bibars tenait cependant, au lendemain de son usurpation, à s'assurer l'appui spirituel du Prince des croyants.

Le premier Khalife qu'il plaça sur le trône avait quelque ambition ; il désirait reconquérir Baghdad et occuper le même rang que ses prédécesseurs. Bibars, trop habile pour le décourager, le laissa repartir pour la Mésopotamie, accompagné d'une escorte tout à fait insignifiante. Comme l’on pouvait s’y attendre, la petite bande fut attaquée et massacrée en route, et le Khalife lui-même tué. Bibars proclama alors un autre ‘ Abbasside qui se contenta de rester au Caire et de jouir des vaines prérogatives qui lui était accordées.

C'était peut-être aussi dans le but d'attirer l'attention sur ses sentiments religieux que le sultan dépensa de grosses sommes à fonder des institutions religieuses et à cons-

truire des mosquées. La grande mosquée qu'il avait fondée

au centre du Caire fut malheureusement détruite au temps du Khédive Ismaïl pour faire place à une large rue, mais il reste des ruines imposantes de sa grande mosquée, Edh Dhâher, au nord du Caire (P1. 15 et 16). Il donnait largement aux pauvres, fournissait les frais d'enterrement des musulmans indigents et, en temps de famine, faisait distribuer des secours efficaces.

Au dehors il réussit, à reprendre les provinces de Syrie, nommant les princes qu'il détrônait vice-rois ou vassaux de l'Égypte, et leur imposant un tribut. L'émir de Damas ayant refusé de se soumettre, fut arrêté et jeté en prison.

Afin de tenir en mains les rênes de son vaste empire, il réorganisa le service postal de pigeons voyageurs qui existait déjà au temps des Fatimides, et établit un système de chevaux de poste par relais, au moyen desquels on pouvait se transporter de Damas au Caire en quatre jours. Bibars, lui-même excellent joueur de polo, se vantait de jouer dans ses deux capitales durant la même semaine. Sa force et son endurance physique étaient remarquables : nageur émérite — on se rappelle qu'il poursuivit Tourânchâh dans le Nil et le poignarda en plein courant—, Maqrizy raconte qu'il traversait le fleuve revêtu de son armure et traînant un lourd fardeau. Cavalier infatigable, il fit

un jour semblant d'être malade dans sa tente de Palestine,

Page 1