‹ L'Égypte musulmane et les fondateurs de ses monumentsChapitre 20 sur 46 · P1. XIX · texte numérisé non relu

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C1. Creswell.

Minaret de la Mosquée de Mohammed ibn Qalaoûn à la citadelle (1315).

trouvait sur l'emplacement d'un palais fatimide. Mais elle a été redite tant de fois à propos d’autres monuments fondés par des princes orientaux que l'on ne peut se défendre d’un léger scepticisme. Quoiqu'il en fût, l'opposition des cheikhs finit par cesser au bout d'un certain temps.

L'un des fils de Qalaoûn, ‘ Ala-ed-Diîn, était son préféré, et le sultan avait pris la précaution de l'associer au trône de son vivant. Mais ce prince mourut en 1288 et le chagrin qu'il en ressentit hâta la fin de son père. Qalaoûn désirait que son second fils Khalil, dont il connaissait les vices et la cruauté, ne lui succédât point sur les trône d'Égypte. Néanmoins les Mamelouks proclamèrent Khalil à la mort de son père et ne tardèrent point à le haïr. Il satisfit pour quelque temps leur humeur belliqueuse, s'étant immédiatement disposé à exécuter l'intention que son père avait formée de conquérir Saint-Jean d'Acre, la dernière place restant aux Croisés en Syrie. Ayant réussi à prendre la ville, il la fit raser jusqu'à terre et massacra les habitants avec la dernière férocité. Ce fut lui qui, remarquant la beauté d’une église que les Croisés avaient construite, en fit transporter au Caire le portail gothique en marbre blanc. qui fut utilisé pour la mosquée de son successeur et que l'on ne peut manquer de remarquer en passant près du

mausolée de Qalaoûn qui y est adjacent.

Les quelques villes de la côte qui restaient encore capitulèrent sans résistance et ainsi prit fin le royaume franc de Jérusalem quoique le titre en fût encore porté par les rois de Chypre, descendants de Guy de Lusignan, qui avait reçu l'île en partage en 1205. Lorsque Khalil revint en triomphe au Caire, il fut assassiné par les émirs et son petit frère, en Nâcer Mohammed, placé sur le trône. Le long règne de Mohammed, interrompu à deux reprises, fut l'un des plus importants de l'histoire de l'Égypte et l'époque pendant laquelle l’art musulman atteignit son apogée. On put croire pour commencer qu'il en serait du petit sultan comme de bien d'autres, le régent Ketbogha l'ayant déposé et envoyé à la forteresse de Karak en Syrie pendant que lui-même assumait la royauté. Ketbogha ne tarda pas à être supplanté par Hoçam-ed-Din Lâgin, qui régna avec sagesse, se fit aimer de la population et ne cessait d'affirmer qu'il était prêt à rendre le trône au fils de son ancien maître Qalaoûn dès que l’enfant serait assez âgé pour des

C'est ce Lâgin qui ajouta à la mosquée d'Ibn Touloun la coupole qui recouvre le bassin du milieu de la cour, ainsi que la belle chaire en marqueterie, et qui en fit refaire l'intérieur du mihrâb et probablement le minaret. D'après les chroniqueurs arabes il s'était réfugié dans cette

mosquée, alors en ruines et abandonnée par les fidèles,

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