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pendant les troubles qui suivirent l'assassinat de Khalil, et, à son avénement au trône, il voulut restaurer le noble édifice auquel il devait la vie.
Lâgin, cependant, fut assassiné en 1299 et en Nâcer Mohammed, qui avait maintenant 14 ans, fut ramené de Karak. Il était encore trop jeune pour gouverner seulet ne tarda pas à tomber sous la domination absolue, non pas d’un seul, mais de deux émirs : le Tartare Silâr, qui était régent et généralissime, et le Circassien Bibars, surnommé le Gâchenkir, ou Dégustateur, d'après son poste à la cour et pour le distinguer du grand sultan Bibars el Bondoukdâry. Ces deux hommes, âpres rivaux, se détestaient au fond mais dissimulaient leur haine sous une amitié apparente et étaient inséparables.
Ensemble ils gouvernaient le sultan, la cour, l'armée, le pays entier, et avaient pris soin d'amasser d'immenses fortunes. Tout en traitant le jeune sultan avec un feint respect, ils le privaient de luxe et même de conîort ; on raconte qu'il avait ardemment désiré manger une oie rôtie et que les deux émirs lui avaient refusé ce plaisir. Petit et faible de corps et maintenu dans une dépendance perpétuelle, Mohammed conçut contre ces deux hommes une haine profonde qui ne fut assouvie que par leur mort quel-
ques années plus tard. Déjà à cette époque, il chercha à les
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faire assassiner, mais le complot fut éventé et le jeune sultan, ulcéré, quitta el Qâhera, ostensiblement en route pour le pélerinage de la Mecque, mais en réalité pour se réfugier
en paix et en sûreté à Karak, d'où il écrivit aux émirs des
lettres d’abdication. Son second règne, qui avait duré trois ans, vit une seconde invasion des terribles Mongols sous Ghâzan Khän. Vainqueurs au premier moment, les Tartares ravagèrent toute la Syrie et des milliers de fuyards vinrent se réfugier en Égypte. L'année suivante, les Mongols furent mis en déroute par une brillante victoire, près de Damas, gagnée par l'armée mamelouke ; le jeune sultan avait été placé à la tête de son armée par les émirs, mais ceux-ci la commandaient en réalité. Le péril Mongol fut écarté pour un temps. Il ne faudrait pas confondre ces Tartares venant de la Perse, qu'ils avaient conquise, avec la tribu de Kiptchak que l'on nommaïit la Horde d'Or, qui était depuis quelque temps amie et alliée des sultans mamelouks. La propre mère de Mohammed, la princesse Asloûn, paraît avoir appartenu à cette tribu et plusieurs années plus tard, en 1320, il épousa lui-même une princesse mongole nommée Toulbîya, dont le joli mausolée existe encore.
Un autre fléau sévit pendant son second règne, un vio-
lent tremblement de terre qui dévasta l'Égypte en 1303