PI. XXI
Creswell.
Grillage en grès sculpté de la Mosquée de Sangar el Gaouly
et démolit en partie plusieurs des plus belles et plus anciennes mosquées. Les riches émirs de la cour se montrèrent fort magnifiques à cette occasion et contribuèrent par de grosses sommes à la réparation du dommage. Silâr se chargea de restaurer la mosquée d’el Azhar et Bibars rebâtit les minarets de la mosquée d’el Hâkem dont la partie supérieure s'était écroulée.
Un autre émir, nommé Bektimour, répara la mosquée fatimide de Çâleh Telaye‘ et y plaça une chaire de toute beauté qui est encore en fort bon état.
Au reçu des lettres d'abdication du jeune sultan, il y eut un moment d'hésitation entre les deux rivaux, dont l'un devait naturellement être porté au trône. Silâr, plus charitable, était moins détesté par le peuple, mais Bibars avait plus de partisans à la cour et fut, par conséquent, proclamé sultan. Son règne ne dura pas longtemps. Cruel, incapable et maladroit, il était haï des Égyptiens au point qu'ils lui attribuaient la faible crue du Nil et la famine qui s'ensuivit. Les chrétiens sous son règne furent en proie à de cruelles persécutions.
Ilirrita en Nâcer dans sa retraite en lui écrivant des lettres insultantes ; finalement, l'ex-sultan, poussé par les nombreux partisans de sa maison et en dépit des ap-
préhensions de sa mère, se décida à revenir. Il fut immédia-
tement rejoint par de nombreux contingents et rentra au Caire en triomphe.
Bibars s'enfuit vers Assouân, prenant avec lui de grosses sommes puisées dans le trésor royal, une troupe de beaux chevaux et une escorte de mamelouks. Il fut pour— suivi, repris et ramené au Caire où Mohammed le fit étrangler en sa présence après l'avoir accablé de reproches et. d'insultes. Il fut enterré dans le beau mausolée qu'il s'était fait construire dans le quartier Gamaliya, mais Mohammed en fit marteler l'inscription qui citait ses titres royaux (P1. 20).
Le sort de Silâr fut encore plus tragique. Il avait fait sa soumission à Mohammed qui parut d'abord disposé à lui pardonner et lui permit de se retirer dans la petite ville fortifiée de Ghaubak en Syrie. Quelque temps après, le sultan envoya l'ami intime de Silâr, l’'émir Sangar el Gaoûly, l'inviter à revenir pour une affaire qui le concernait.
Sangar et le vice-roi s'aimaient comme des frères ; ils s'étaient mutuellement promis de servir depèreauxenfants du premier des deux qui viendrait à mourir et avaient décidé d'être enterrés l'un près de l’autre. C'était donc un raffinement de cruauté de la part du sultan que de faire de
Sangar un instrument inconscient contre son ami. Silâr