‹ L'Égypte musulmane et les fondateurs de ses monumentsChapitre 25 sur 46 · P1. XXV · texte numérisé non relu

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C1. Creswell.

Blason d’un Échanson, l’Émir Tachtimour (1334)

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la biographie sommaire d'un saint homme ou d’un savant. Il est probable que les gens du peuple n'étaient pas moins opprimés que dans les pays d'Europe au Moyen Age. La tyrannie et la violence des troupes mameloukes étaient excessives : les différents émirs avaient chacun ses propres partisans qui se battaient avec les autres dans les rues, et malheur à qui se trouvait sur leur chemin. Pour chercher un ennemi ou un rival, les soldats n’hésitaient pas à fouiller les maisons des paisibles citadins, allant jusqu'à torturer les esclaves pour leur arracher des renseignements. Les femmes craignaient de sortir pour aller au bain, à des noces ou à des funérailles et, le soir, les marchands iermaient les portes de fer qui protégeaient chaque quartier de la cité. Le peuple n'avait rien en commun avec l'armée qui était maintenant composée entièrement de mamelouks.

L'organisation et la hiérarchie en étaient restées telles qu'au temps de Bibars el Bondouqdâry, mais la discipline avait beaucoup perdu. Chacun des grands émirs était à la tête d'un clan à lui, composé de ses affranchis et de ses esclaves, qui s'intitulaient Mamelouks Royaux si leur maître venait à être proclamé sultan. En ce cas, ce dernier ôtait des mains des partisans de son prédécesseur les grades militaires et les postes importants à la cour et les dis-

tribuait à ses propres mamelouks. Les dignitaires à la

cour comprenaient le Saqy, (échanson), le Silahdar (porteglaive), le Daouadar (porte-écritoire), le Goukendar (portemaillet), etc., etc. Ges officiers avaient l'habitude de rorter un écu ou renk que nous appelons blason à cause d’une fausse analogie avec les armoiries des nobles Francs, mais dont la vraie signification est encore obscure, quoique depuis quelques années les orientalistes les plus qualifiés se soient efforçés d’éclaircir la question (P1.25).Leregrettévan Berchem a formulé dans son dernier livre une théorie qui se rapproche probablement plus qu'aucune autre de la vérité, et d’après laquelle les différents insignes représenteraient la classe au corps des pages dans laquelle chaque jeune mamelouk aurait été inscrit au début de son éducation ; ainsi la coupe signifierait qu'il avait été versé dans la classe des échansons, le sabre dans celle des porte-glaives, le plumier dans celle des écrivains, etc., etc... Ce dernier signe fut longtemps interprété à tort comme un dérivé d'un hiéroglyphe ; c'est un lettré égyptien, feu Abd el Hamid Pacha Moustapha, qui eut le premier l'idée que cela pouvait représenter un plumier et qui constata que ce blason n'avait été employé que par des émirs ayant à la cour une dignité comportant des écritures (1) (PI. 26).

(1) Abd el Hamid Bey — il n'était pas encore Pacha à cette époque — fit à ce sujet une très intéressante communication à l'Institut

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