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Les grades militaires descendaient depuis le Maréchal des Armées jusqu'aux émirs commandant mille, cent, quarante ou dix hommes. A partir d'un certain grade, les officiers généraux avaient droit à une fanfare avec tambours (tabl) et par conséquent au titre d'émir tabalkhana (1).
Il n'y avait pour ces officiers rien d'humiliant à avoir été esclaves, au contraire c'était le chemin par lequel on pouvait espérer faire fortune et les sultans eux-mêmes s'enorgueillissaient de leur origine. Qalaoûn, dont la beauté et l'intelligence étaient remarquables, avait été acheté mille pièces d'or et c'était pour se vanter de ce prix élevé qu'il avait adopté le surnom d’Eliy, e/f signifiant mille. Ils étaient également très fiers des propriétaires auxquels
ils avaient appartenu et ajoutaient leurs noms au leur avec
d'Égypte en 1919. Par une regrettable suite de circonstances, son manuscrit ne fut pas publié et a depuis disparu. Heureusement il me l'avait prêté pour en faire un résumé qui parut dansle Burlington Magazine en décembre 1919. Mon résumé a au moins le mérite de constater cette remarquable découverte, mais hélas ! sans donner au complet les renseignements tirés des auteurs arabes et les savantes déductions dont l'auteur de la communication avait étayé ses conclusions. La planche XXVI représente l'objet même dont l'examen fit jaillir la solution du problème aux yeux d’'Abd el Hamid Bey.
(1) Voir pour l'organisation des Mamelouks la préface de « La Syrie à l'époque des sultans mamelouks » Godefroid de Monbine, Publications du Haut Commissariat de France, vol. III.
une terminaison indiquant le rapport entre les deux. Bibars el Bondouqdâäry avait été esclave d'Aydekin el Bondouqgdar. Altunbogha, Aqgsunqur, Qoussoûn, etc., qui avaient servi en Nâcer Mohammed s'intitulaient en Nâcery. Ceux qui avaient été fonctionnaires sous plusieurs sultans portaient toute une série de noms « relatifs d'appartenance » qui ont une grande valeur documentaire lorsqu'il s’agit de déterminer la date d'un objet ayant appartenu à un Mamelouk.
Les sultans n'avaient que peu d'autorité sur ces prétoriens turbulents qui avaient été leurs camarades ; ils craignaient sans cesse d’être détrônés par les partisans de quelque rival. Geux d’entre eux dont il est question dans ce chapitre étaient plus forts de caractère que les autres et en même temps, pour la plupart, d'une cruauté inflexible ; il est probable que c'est à cause de la terreur qu'ils avaient su inspirer qu'ils réussirent à rester aussi longtemps sur le trône. Le premier des sultans circassiens, Barqoûq, commit d'abominables cruautés mais il n'est que juste d'ajouter qu'il allégea considérablement le fardeau d'impôts sous lequel le peuple était écrasé. Son nom est connu au Caire à cause de la belle mosquée qu'il y construisit et du mausolée au désert dans lequel il fut enseveli
par son fils Farag (P1. 27). Son père, Anas, paysan igno-