PL. XXX
C1. Creswell.
Mausolée du sultan Qâitbâäy (1474).
abreuvoirs, une khanqa, plusieurs palais (1) etc... (P1. 31 et 32).
De plus, Qâitbay fit faire des restaurations et des additions à el Azhar, au pont de Bibars, à la Gitadelle, etc. Cela sans compter ses monuments à Jérusalem, à la Mecque et en Syrie. Le décor en stuc, tant employé pendant les dynasties précédentes, fit place à une sculpture en pierre, à relief peu accentué, de l'effet le plus artistique. Les coupoles que l'on dirait drapées de guipure et que l'on voit pour la première fois au XV® siècle, sont particulières à l'Égypte et ne se trouvent pas ailleurs. Les grands émirs de Qäâitbay voulurent suivre son exemple et nous ont laissé tout un groupe de beaux monuments parmi lesquels il faut citer les mosquées de Qichmâs et Ishaqy, d'Abou Bekr Mazhar, de ‘Ezbek el Youssefy, d'un autre 'Ezbek (2), de Gânem el Bahlaouân, le palais de l'Emir Mamäây dont les restes portent le nom de Beit el Qâdy, etc., etc.
Il est vrai qu'afin de se procurer de l'argent pour construire il eut recours à des moyens fort répréhensibles ; il
accabla d'impôts la malheureuse population et extorqua
(1) L'un de ces palais, bêti pour son fils à Birket el Fil, a été détruit tout récemment.
(2) C'est la mosquée de ce dernier, détruite pour faire place à l'Opéra actuel, qui avait donné son nom au quartier de l'Ezbekiya.
de l'argent à ses propres émirs par la torture et les confiscations. Brave et autoritaire, il exerçait un ascendant complet sur les Mamelouks qui avaient terrorisé ses prédécesseurs, et lorsque, six ans après son avénement, il désira abdiquer, il en fut empêché par une protestation unanime des émirs.
Le fait était qu'un grave danger s’annonçait et que, tandis que Qâitbây lui-même craignait de ne pouvoir y parer, les Mamelouks étaient persuadés que lui seul était capable de gouverner l'Égypte dans un moment aussi critique.
Mehmet II, qui avait conquis Constantinople en 1453, (époque de la mort de Gâgmaq), une vingtaine d'années auparavant, venait d'attaquer Ouzoun Hassan, chef d’une tribu turkomane qui, nominalement du moins, était vassale de l'Égypte, et le sultan mamelouk se rendait compte que le conquérant ottoman envahirait ensuite la Syrie.
En l'année 1477, Qâithbây, accompagné d'une faible escorte et cheminant très-rapidement, visita ses frontières syriennes, faisant réparer les fortifications et s'assurant de la fidélité de ses sujets par des présents et des menaces. Le péril se trouva évité peu après par la mort de Mehmet II dont les deux fils étaient trop occupés à se disputer la succession pour penser à la conquête de la Syrie. Qâitbâäy
commit l'erreur politique de soutenir le plus faible des