‹ L'Égypte musulmane et les fondateurs de ses monumentsChapitre 29 sur 46 · PI. XXXI · texte numérisé non relu

PI. XXXI

Le gr 7 1

l'A 7 ] ss, T

C1. Creswell.

Minaret de la Mosquée de Qâitbàäy à Qala’at el Kabch (1475).

deux, le prince Djem, qui fut plus tard empoisonné par ordre du pape Alexandre Borgia, de sinistre mémoire, et le vainqueur, Bayazid, que nous appelons Bajazet, ne lui pardonna jamais.

Après onze ans de guerres intermittentes, pendant lesquelles le nom de ‘Ezbek, général de Qâitbäy, est à retenir, un traité fut enfin conclu entre Qâitbây et l'empire ottoman.

Qäâitbây saisit cet intervalle de tranquillité pour faire valoir ses droits au tribut annuel que l'île de Chypre payait à l'Égypte et qui avait été suspendu pour un temps à cause d'un changement de régime. Le dernier des Lusignans, Jacques le Bâtard, avait laissé son royaume à sa veuve, Caterina Cornaro, qui appartenait à une noble famille de Venise, et la République avait réussi à s'en emparer. Le sultan d'Égypte donna à entendre qu’ il ne se mélerait de rien tant que le tribut serait payé régulièrement et Venise fut heureuse de s'assurer ainsi sa neutralité.

La paix qui fut conclue avec l'empire ottoman n'était pas destinée à durer plus d'une quinzaine d'années ; Qâitbây n’en vit que cinq. C'était maintenant un vieillard : il n'était sans doute pas aussi capable d'imposer son autorité

qu'au temps où il n’hésitait pas à châtier la désobéissance

de ses propres mains. Ses mamelouks avaient déjà commencé à se disputer le royaume avant qu'il n'eût rendu le dernier soupir et quatre sultans lui succédèrent pendant une période de cinq ans.

L'avénement du cinquième, Qançouh el Ghoûry, fut marqué par un événement qui eût pu avoir une portée considérable sur l'avenir de l'Égypte si la conquête turque n'avait eu lieu au bout de si peu de temps. A cette occasion le peuple égyptien, fatigué des révolutions sanguinaires qu'infligeaient au pays les turbulents et capricieux émirs, insista pour être consulté, et les principaux cheikhs prirent part à l'élection du sultan.ElGhoûry, qui fut choisi par cette assemblée extraordinaire, était un mamelouk déjà âgé qui avait appartenu à Qâitbây. Brave, simple et jusqu'alors dépourvu d'ambition, il ne désirait pas régner et n'y consentit que sur la promesse que, s’il venait à mécontenter ses électeurs, on lui permettrait de rentrer dans l'obscurité. Il est cependant probable que les gens ne se réjouirent pas longtemps de son avénement car il les accabla de lourds impôts et alla même jusqu'à déprécier les monnaies pour avoir plus d'argent à sa disposition.

Il en fit sagement usage, construisant et réparant des

ponts, creusant des puits, restaurant les aqueducs et les

Page 1