‹ L'Égypte musulmane et les fondateurs de ses monumentsChapitre 3 sur 46 · TUE TU · texte numérisé non relu

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mans, certains d’entre eux faisant valoir les droits de Hassan et de Hussein tandis que d'autres se ralliaient à la cause de Mouaouîya, chef de la famille des Ommeyades. Hassan se soumit à Mouaouîya mais Hussein, à la mort de ce dernier, tenta de combattre Yazid, son successeur, et fut tué à la bataïlle de Kerbela.

Cependant un grand nombre de musulmans restèrent fidèles aux descendants du Prophète ; ces partisans sont considérés par les autres comme hérétiques et appelés Chi‘a ou Chiites, d'un mot arabe qui signifie secte ou parti (1). Leurs adversaires se nomment Sunnites, d'après le mot Sunna, tradition.

Ce fut en 868 que l'Égypte tomba enfin sous la domination d’un véritable cheî, Ahmed Ibn Touloûn. Son père, Touloûn, était un de ces esclaves turkomans dont les Khalifes abbassides s'étaient composé une garde du corps, et il avait atteint un rang élevé à la cour de Baghdad, ville fondéeen 762 pour servirdecapitale aux Abbassides.Ahmed reçut une éducation soignée et passa quelque temps à l'école militaire de Samarrâ en Mésopotamie. Touloûn

étant mort, la mère du jeune homme se remaria avec un

(4) Les Chi’ites conservent la plus grande vénération pour la mémoire de Hussein et la célèbrent encore par des pratiques supersti-

tieuses.

autre émir qui fut nommé gouverneur d'Égypte et qui, ne désirant pas se rendre à Fostât, y envoya son beau-fils à sa place.

Il ne lui fallut que fort peu de temps pour y consolider son pouvoir ; le mari de sa mère, qu'il était censé représenter, ayant succombé à des intrigues de cour, fut remplacé par le père de la femme d'Ahmed, qui laissa le gouvernement de l'Égypte entre les mains de son gendre. Il fut bientôt maître incontesté de toute la province et se fit bien voir du Khalife en lui remettant de grosses sommes d'argent, recueillies sous forme d'impôts. C'est alors qu'il s’occupa de construire les monuments qui ont immortalisé son nom.

Il avait installé son armée et ses fonctionnaires dans un faubourg au sud de Fostât, nommé el Qatäy, ou les Fieîs, parce qu'il était divisé en nombreux quartiers. Il fallait une très-grande mosquée pour recevoir toutes ces troupes et, en 876, il fonda le magnifique édifice qui dure encore, grâce au sol rocheux sur lequel il est construit (P1.2et3).

Gette mosquée a fait à juste titre l'admiration de tous les historiens qui ont écrit depuis sa fondation et il est naturel que des légendes se soient formées à son sujet. En réalité, les particularités de ce monument proviennent du fait

qu'il a dû être inspiré par la grande mosquée de Samarrâ,

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