CI. Creswell
Arcades de la mosquée d’Ibn Touloün.
qu’Ahmed avait fréquentée et sans doute admirée dans sa jeunesse. Le Khalife Ouâthek ibn Mo‘tassam avait fondé cette mosquée, qui est maintenant en ruines, etl'examen de ces ruines a révélé que le plan de l'édifice de Ouathek était presque identique à celui de la mosquée du fils de Touloun. De plus les matériaux employés sont les mêmes ; il n’y a pas en Mésopotamie de carrières de pierres comme celles du Moqattam en Égypte et l'emploi de la brique y est par conséquent obligatoire. Ahmed fit construire sa mosquée en briques bien qu'il se fût facilement procuré de la pierre.
D'anciens chroniqueurs ont rapporté une légende d'après laquelle un architecte copte, emprisonné quelque temps auparavant par le gouverneur, entreprit de construire la mosquée sans se servir de colonnes, tandis qu’un architecte grec, qu'Ahmed avait consulté, demandait 300 colonnes prises à des églises chrétiennes. — Mais l'explication que la mosquée de Samarrâ avait servi de modèle est beaucoup plus vraisemblable.
Une autre légende s'attache à la forme du minaret, originairement construit entièrement en spirale, comme celui de Samarrâ dont on rapporte également le conte suivant : Le fondateur de la mosquée, qui s’enorgueillissait
de son inlassable activité, ayant été surpris par ses
ministres s'amusant à rouler un bout de papier autour de ses doigts, fit majestueusement appeler son architecte et lui dit : « Voici le plan du minaret de ma mosquée, que j'ai daigné préparer de mes mains. » Enfin les historiens arabes racontent de ce monument, comme de tant d'autres, que les dépenses de la construction furent défrayées par la découverte d'un trésor enfoui dans le sable et dont un coin de la cassette, assez près de la surîace, fit buter le cheval d'Ahmed un jour qu'il chassait dans le désert.
L'architecte dont il est question dans ces légendes paraît avoir été le même qui, peu de temps auparavant, avait construit un aqueduc amenant au palais du gouverneur l’eau d'une source trouvée dans le désert. Il reste d'importants vestiges de cet aqueduc, entre le cimetière del'Imâm Châfey et le village de Bassatîn, et l'on remarquera que les arches de l'aqueduc, comme celles de la mosquée, sont ogivales, 200 ans avant la première église gothique. Et ce ne sont pas les plus anciennes, car le Nilomètre de l’île de Roda fut reconstruit sur son emplacement actuel en 861 et il y a lieu de croire que l'ogive qui s'y trouve encore date de cette reconstruction (P1. 4). La question de l'origine de l'arc enogive a été très discutée ; qu'il me soitpermis de citer
ici l'opinion de Sir Christopher Wren, l'architecte du dix-
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