T9MS9179 ‘ID
S r 10 Jo es A RIRE:
Lis de aie
septième siècle à qui Londres doit la cathédrale de Saint- Paul, et qui était persuadé que l'ogive avait une origine orientale.
Le gouvernement d’Ibn Touloûn fut prudent et absolu. Il mena le train de vie d'un sultan, protégea et encouragea les arts, fonda un hôpital, conquit la Syrie, non pas pour le Khalife, mais pour lui-même et frappa de la monnaie en son propre nom. Une hostilité marquée régnait entre lui et le frère du Khalife, nommé el Mouaffaq, qui tenta en vain d’exciter des révoltes contre lui. L'un de ces soulèvements ayant été commandé par le fils aîné d'Ibn Touloûn, nommé aussi Ahmed, ce fut son second fils Khoumaraouîya qu'il nomma pour lui succéder lorsque il mourut ; la viceroyauté d'Égypte devenait alors héréditaire pour la première fois. Khoumaraouîya bâtit des palais dont il ne reste rien que les descriptions fantastiques des contemporains et vécut dans un luxe insensé. Étant sujet aux insomnies, il essaya d'y porter remède en couchant sur un coussin à air flottant sur un lac de mercure et retenu au rivage par des cordages de soie. Cette étonnante histoire a été corroborée par des traces de vif argent sur le site où se trouvait le palais. Il n’en est pas de même de la suivante. dont l'authenticité paraît contestable. D'après les Mémoires de
M. de Maillet, Consul-Général de France en Egypte,
transcrits et publiés en 1735 par l'abbé Le Mascrier, Khoumarouîya avait une épouse d’une beauté incomparable et qui l’aimait au point qu'elle en perdit la raison. Ce serait, pour elle que fut construit le maristân ou hôpital pour aliénés dont les auteurs attribuent la fondation au père de Khoumarîya, Ahmed ibn Touloûn.
Le traitement ayant eu plein succès, la jeune femme revint au palais et le prince lui témoigna une tendresse si vive que ses autres femmes, furieusement jalouses, décidèrent de l'assassiner et profitèrent pour exécuter leur dessein d’un séjour à Damas, où Khoumarouîya avait emmené son harem, mais en négligeant de se faire accompagner par un lion apprivoisé, aux yeux bleus, qui veillait d'ordinaire sur son sommeil.
Toujours est-il que Khoumarouîya fut assassiné lorsque ses fils étaient encore trop jeunes pour lui succéder et une ère de troubles et d'anarchie s'ensuivit. Le Khaliîfe finit par intervenir : il envoya des troupes qui massacrèrent l'armée noire des Toulounides et détruisirent les palais et les maisons de sorte que rien ne resta du quartier el Qatäy que la grande mosquée, qui fut heureusement respectée. Les derniers membres de la famille Toulounide furent emmenés en captivité et un nouveau gouverneur fut
envoyé en Égypte par le Khalife de Baghdad.