S IL THÉOGONIE
GHAPITRB IV.
Unité dé Ditu,^-- Ce que c'est que le règne des diêUJâ eîdes demUdieax. -^ Origine de Vidolâtrie proprement dite. -— Nécessité tTtme création. -^- Les savants furent les premiers prêtres, — Fues généreuses de Mwte.
L'unité de Dieu fut un dogme dans les temples des Égyptiens comme dans ceux des antédiluviens, quoique chez les Egyptietis cette unité ait été vivement obscurcie par
(i) In Jamblico. '
les allégories sans nombre derrière lesquelles elle s* était cachée aux yeux du peuple. A l'égard des temps de l'âge primitif, Moïse ne parle jamais, pour cette époque, que du Dieu créateur dont il raconte les merveilles; et nulle part il ne laisse supposer que l'idolâtrie fiit au nombre des crimes qui attirèrent aux peuples du premier âge, du moins dans la partie de ce monde primitif qui fut la patrie des postdiluYÎens de l'ancien continent, avec la colère divine, un effroyable châtiment. Platon , au contraire, instruit par les Egyptiens de la seconde époque, place chez les Atlantes , seule fraction un peu connue des peuples qu* anéantit le grand désastre y des dieux que nous voyous figurer dans la mythologie des Grecs ; il cite Neptune comme ayant obtenu en partage rîte Atlantide , pendant que Yulcain et Minerve avaient pour leur lot la contrée d'Athènes. De son côté , Denys de Milet, en faisant de l'Atlantide la patrie des dieux, semble entacher aussi de polythéisme les peuples antédiluviens ^ mais, outre que ces propositions ont tous les caractères de fictions grecques, nous savons que les divinités de la Grèce, qu'on veut nous faire trouver ainsi chez les Atlantes, n'étaient que des filles des allégorii^s égyptiennes ; et il devient évident que ces combinaisons mythologiques sont celles du second âge ^ qu'on a fait remonter amt temps primitifs.
Un fait qui semble démontré, c'est que l'épisode des dieux et des demi-dieux régnant sur la terre aux premières époques du monde , n'est qu'une allégorie des temps qui ont précédé la grande catastrophe du globe , et sans au^ cune relation arec l'histoire et la chronologie : ce fait nous semble manifeste, tout au moins pour l'Egypte. Les prêtres de ce pays, qui savaient très-bien que leur sol était un don du Nil, comme ils le dirent à Hérodote; qui avaient pu calculer, par l'enfouissement du pied des monuments dotit ils connaissaient très-bien la date, l'exhaussement que ce sol fecevait des siècles, et qui devaient connaître par-
1G8 L* EGYPTE PHABÂONIQUE.
iaitement l'époque où les premiers cultivateurs étaient ve«> nus le rendre productif, voulant rattacher à leur histoire les temps qui avaient précédé leur nationalité, imaginèreut pour leur pays une existence fictive et un empire idéal régi parla Divinité; et c*est dans le long intervalle qui séparait la création du déluge, que cette Divinité créatrice est censée parcourir toutes les phases des transformations au moyen desquelles chacun de ses attributs devint un personnage prenant place dans la mythologie des temples (i). Comme tout est allégorique dans la philosophie sacrée des Égyptiens , il nous semble apercevoir que ce règne des dieux n*est, chez ce peuple, que l'expression déguisée des époques assignées à la création par leurs propres doctrines. L'analogie entre les faits exposés dans la cosmogonie et les idées attachées au nom de ces dieux est même si grande, qu'elle convertit pour nous le simple soupçon en certitude : nous en offrons ici le rapprochement. Ces dieux, premiers rois des Égyptiens, sont, suivant Ëusèbe, d'après Manéthon, Yulcain, de qui provient le soleil; Âgathodaymon , Saturne , Osiris et Isis^ Typhon et Horus(2). Si Ton* compare chacun de ces noms divins, dans
(i) « Ces règnes des dieux, ces dynasties divines qai se succèdent « pendant des siècles innombrables, jusqu^aiix dynasties humaines et t au commencement des temps héroïques, ne sont pas autre chose « que la Divinité , la plénitude de l'élre sortant peu à peu de ses « profondeurs pour se répandre successivement et par gradation « dans toutes les sphères, même les plus basses, et vivifiant ainsi « par sa présence jusqu'aux moindres parties du grand tout. » Ce n'est pas sans une grande satisfaction que nous avons vu, à la lecture de ce passage du bel ouvrage de M. F. Greuzer sur les Reli' ffio/is de VJntiquiié (Egypte, tome I, page 412), que nos opinions s'étaient si bien rencontrées, sur ce point important, avec celles de ce savant.
(i) Le Syncelle inscrit après Yulcain le soleil comme second dieu régnant sur l'Egypte; mais la version arménienne d'Ëusèbe est tout à fait contraire à ce sentiment : le soleil n'y est présenté que comme le produit de Yulcain : Primas homo Mgyptiis^ Fulca-
Tordre où ils sont inscrits , avec l'une des époques de la création suivant le système de Moïse , en admettant la correction que nous avons indiquée dans Tordre des versets, d'après les lois de la simple logique, on trouve les rapports suivants :
PBBKXàBB EFOQUB.
Création de la masse générale Phtha, Héphaîstos ouVulcain, de Tunivers par le feu. premier dieu régnant sur l'Egyp-
te : c'est le débrouillement du chaos.