‹ L'Égypte pharaoniqueChapitre 15 sur 37 · CINQUIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME ÉPOQUE

Création des animaux remplis- Typhon , symbole de la mer et sant les mers et les cieux (ou eaux des inondations , cinquième dieu vaporisées). régnant sur l'Egypte.

nus est , gui etiam ignis repertor, apud eos ceîebratur : ex eo , sol; postea Jgathodaimon, etc. Ainsi, le soleil n'est que la personnification de Yulcain présenté comme inventeur du feu, et ne prend pas place dans la chronologie. Le Syncelle laisse en blanc le nom du cinquième dieu , et renvoie Horus à la liste des demi-dieux; mais Eusèbe le place parmi les premiers, et son témoignage est appuyé de ceux d'Hérodote et deDiodore, qui font aussi d'Horus le dernier des dieux qui aient régné sur l'Egypte.

(i) Hor. Ap., HierogL i, a.

170 l'égyptjb phabaoniqub.

SIXiiHK BPOQUK.

Création des quadrupèdes et Horus, produit d'Isîs, comme de l'horomCé les animaux terrestres sont pro-

duits de la terre ^ qui estisîs.

Cette première dynastie , qualifiée d'auritœ (i) , «e pré^ sente ainsi comme un thème de cette doctrine sacrée qui plaçait à la tête de la théologie égyptienne , totite cosmogônique, une classe de dieux du premier ordre, composée de six membres , comme nous la trouverons ailleurs , avec d'autres significations, au nombre de cinq et de huit.

La dynastie des mestrœiy qui vient après, et que les Grecs ont improprement qualifiée de dynastie de demi* dieux, forme la classe des divinités du second ordre , dont nous aurons à parier plus tard. Ces deux dynasties divines, et celle des hommes ou mânes ^ complètent, suivant la vieille chronique égyptienne , une période de ci6,5a5 ans; mais , en considérant les éléments de ce chiffre , on a reconnu depuis longtemps qu'il est formé de vingt-cinq cycles sothiaques de 146 1 années vagues , ce qui n'est que la multiplication de ce cycle sacré par le nombre du cycle lunaire; dès lors ce calcul, qui, pour embrasser ainsi toute la durée des règnes des dieux et des pharaons , n'a pu être arrêté que sous les Lagides, et qui n'appartient par conséquent qu'à l'époque grecque, rentre dans le domaine des allégories, et n'exprime plus aucune période réelle de temps chronologiques.

L'origine de l'idolâtrie, mot qui, exprimant les honneurs rendus à des signes , représente bien mieux , pour les Égyp* tiens, les idées attachées à la chose que celui de {Polythéisme, se conçoit très-bien : on en reconnaît aisément la cause en réfléchissant aux sensations que durent éprouver les premiers hommes à mesure qu ils s'avançaient par 1 e-

(i) L'étymologie probable de ce mot est, suivant PerîzoaiuSf le mot aott qui signifie lumière , splendeur.

tude dans la profondeur des connaissances qui en sont la produit.

Sans remonter au principe de la société , époque d'ignorance et de barbarie, où Ion ne vit que deux puissanceê contraires y celle du bien et celle du mal, luttant ensemble dans tout l'univers et se disputant sans cesse le cœur de Thomme, venons aux temps où la société, complètement organisée, se familiarisa avec les sciences, et pénétrons dans le raisonnement de ceux qui fondèrent la savante théorie de la cosmogonie dont nous venons de rendre compte ; raisonnement qui ne saurait différer, au fond, de celui que nous ferions nous-mêmes. Voici donc à peu près ce qu'ils durent se dire, en méditant sur tout ce que leur avait offert l'étude des couches delà terre (i) :

Une création a eu lieu ; tout en proclame la vérité devant notre intelligence. La distance harmonique des astres planétaires entre eux, soumise à des lois mathématiques que ne changent ni la masse ni le volume si différent de ces planètes , n'est pas un accident fortuit; et les plus savants astronomes de notre époque n'hésitent pas plus à le reconnaître (2) que ne l'auraient fait les savants du monde primitif, s'ils avaient eu comme les modernes le moyen de le constater. Descendant de l'espace sur notre globe , si nous considérons qu'il a fallu une méditation profonde pour ré« soudre le grand problème de la vitalité animale, nous nous convainquons également que le hasard ne peut être pour rien dans l'organisation des corps qui se meuvent à sa sur-

(i) En démontrant, dans le paragraphe suivant , la nécessité d'une création , nous raisonnons d'après les connaissances de nos jours , sans prétendre que ces connaissances aient été partagées intégralement par les antédiluviens; mais ces peuples, inventeurs des sciences, durent raisonner d'après leurs propres connaissances, comme nous raisonnons d'après les nôtres; pour eux, comme pour nous, la conséquence à déduire ne pouvait être différente

(a) Laplace, Système du monde; Arago, Jnnuaire de i83ii, article sur les comètes.

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face. Et en effet, si le rapprochement accidentel de certaines molécules delà matière^ favorisé par une circonstance quelconque de temps et d'action , avait produit sur les dif-^ férents points du globe des myriades de corps organisés, doués de la faculté de vivre , de soutenir leur existence , de se reproduire, l'organisation n*eût pas dû être la même pour tous , parce que le hasard ne se répète pas sur des millions de points divers. Que si l'influence de cette cause, agissant de la même manière et simultanément sur tous les corps , devait être suivie partout des mêmes effets, il est hors de doute que, par cela même, son action ne devait produire qu'une seule espèce d'êtres (i)« Si pourtant cette cause a pu se modifier de manière à produire cette variété d'espèces zoologiques poussée à l'infini, il devait s'ensuivre forcément, inévitablement, autant de différentes organisations qu'il y avait d'espèces ; car la même modification qui déterminait un changement dans la forme extérieure de l'espèce, devait en occasionner un aussi dans sa structure intérieure et dans le système de son existence. Mais si cependant , malgré les innombrables dissemblances de l'espèce dans les animaux vivant sur la terre , dans les airs ou dans la profondeur des eaux; si, malgré le tâtonnement évident de cette création, tant végétale qu'animale (2), l'organisation est constamment la même; si dans toutes l'existence ne peut se conserver que par la libre et facile circulation d'un fluide sans cesse entretenu par l'alimentation et la respiration, et que l'appareil de cette cir-

(i) Voyez dans le Discours de Guvîer sur les révolutions du globe ce que dît ce sàvant au sujet des espèces perdues.

(2) Les couches de la terre montrent, dans l'ordre de superposition des fossiles tant végétaux qu'animaux, une marche tâtonnante dans la formation des différentes espèces, qui toutes commencent parles plus simples, et s'élèvent graduellement jusqu'aux plus compliquées dans la forme extérieure, bien que le mode d'alimentation ne varie jamais.

culation, de cette alimentation, de cette respiration se répète, à de très-légères modifications près, dans toutes les espèces si différentes des animaux terrestres , aquatiques et aériens, à sang chaud comme à sang froid , à faculté loco* motive ou à vie immobile et quasi végétale , il faut bien que cette organisation ait été moulée sur un type commun^ il faut bien qu'une volonté ayant puissance de produire ait médité le problème de T existence avec sa conservation et sa reproduction , ait combiné le système général de la vie et de son entretien , en réglant le nombre et la disposition des organes qui concourraient à ce but, en assignant la part de chacun d*eux dans Vensemble des fonctions qui constituent la vie , en calculant leur force , leur résistance et leur action réciproque , en établissant leurs rapports mutuels , et prévoyant tout ce qui pourrait leur devenir obstacle; en disposant enfin le savant mécanisme de la locomotion, pour ceux qui en sont doués, de manière à ce que, au moyen d'organes tout à fait spéciaux, ils pussent pourvoir à ce qui, dans leur déplacement , aurait pu mettre en péril leur existence, s'appeler réciproquement, se rapprocher les uns des autres, et poussant la prévoyance jusqu'à fournir, par Tépanchement de la synovie , Thuile qui facilite le glissement des surfaces dures Tune sur l'autre, et en diminue le frottement ; que, parvenue enfin à la solution de cet immense et merveilleux problème, elle eh ait déduit une théorie applicable à toutes les différentes espèces de l'animalité. Tel est le raisonnement qu'ont di\ se faire les premiers savants , parce que c'est celui qui se présente naturellement à l'esprit de tout observateur méditatif et de bonne foi. Descendant ensuite de la généralité de l'existence à la formation particulière des espèces, n'ontils pas dû, pour lever jusqu'au dernier doute, se proposer encore l'argument suivant :

Si la matière , sous l'influence de la chaleur primitive du globe, abaissée au point convenable , et avec le concours

M 4 L EGYPTE PHABàONIQUE.

de quelques causes inconnues , avait seule donné naissance aux êtres organisa , le temps où elle aurait été douée de cette faculté génératrice se serait prolongé nécessairement pendant de nombreux siècles; et, dans cette durée , elle aurait d(i produire des espèces dans la formation desquelles la dégénération, soit matérielle, soit organique, soit intellectuelle , eût été en rapport avec la graduation du refroidissement. En ce cas, Tétre produit le premier aurait été nécessairement le plus noble , le plus complet, le mieux organisé, le plus intelligent, celui dont lessence devait le mieux se ressentir de toutes les causes déterminantes : les derniers êtres créés auraient dû être aussi d'une organisation considérablement inférieure à celle des êtres qui auraient paru sous Tinfluence des conditions les plus avantageuses. Mais l'histoire du globe montre les restes fossiles de tous les animaux tant d'espèces perdues que d'espèces vivantes encore , et nulle part elle n offre de traces des restes de l'homme à ce même état de pétriGcation : l'homme est donc venu après tous les animaux , il a donc été créé le dernier. Par quel renversement de toutes les lois physiques et naturelles le principe créateur, ce qu'on appelle ta nature, en n'attachant pas à ce mot Viciée de divinité, aurait-il donc suivi , dans la création , une marche inverse à celle que ces lois immuables lui prescrivaient? Quoi ! ce serait dans ces derniers efforts générateurs , quand toute son énergie créatrice aurait été épuisée , dans sa caducité cosmogonique , et en quelque sorte par un dernier soupir, qu'elle aurait fait paraître l'être le plus parfait? Gela ne pouvait être : tout démontrait donc l'indispensabilité d'une création méditée, et par conséquent la nécessité d'un créateur intelligent , supérieur à la matière et indépendant de son ouvrage , ce qui lui donnait le caractère de l'éternité. C'est cette vérité fondamentale que les auteurs de la cosmogonie durent déduire de leurs observations ; ils comprirent alors qu'il existait un être au-dessus

du soleil, qui n était qu'un produit de ses mains, et ils s inclinèrent devant sa toute-puissance (i).

(i) Moïse dit, chap, ix , verset 3 de la Genèse, que Dieu mit tous les animaux sous la main de l'homme, lui permettant de se nourrir de leur chair. Ce point de la révélation n'aurait-il pas ^ubi ua déplacement dans la restitution des saintes Écriture», à Tissue de k grande captivité ? Sa place naturelle semblerait être au chapitre ii, Avant le déluge comme après, il y a eu des régions chaudes, des régions froides, des régions tempérées. Dieu aurait manqué de prévoyance, ce qui ne saurait être, s'il n'avait, dès le premier moment, donné à Thomme se multipliant sur la teiTe le droit de vie et de mort sur les animaux « afin qu'il pût se vêtir de leurs dépouilles. Que Ton considère , en effet, que la prévoyance divine a pourvue ce que chaque animal portât sur lui une enveloppe naturelle en rapport avec le climat qu'il devait habiter, et qu'elle Fa prémuni contre la rigueur du froid et contre l'excès du chaud au moyen d'une fourrure, d'un plumageou d'un duvet plus ou moins rare, plus ou moins épais, plus ou moins fourré , selon les différentes températures auxquelles les êtres de ce règne devaient être exposés : l'homme seul n'a reçu de Dieu aucun moyen naturel capable de le défendre contre la différence des saisons, et pourtant ses besoins sont toujours les mêmes sous tous les climats et par tous les temps; comme les reptiles, dépourvus aussi d'une enveloppe naturelle, l'homme n'éprouve pas pendant l'hiver ce sommeil léthargique nommé engourdissement, qui suspend alors en quelque ^orte l'existence de ces animaux. Le Créateur a donc voulu, en lui insufûant la raison (ce qui l'a rendu, suivant la belle expression de Moïse, son ombre sur la terre), que, faisant usage de cette faculté qu'il lui départait exclusivement, il pât augmenter ou diminuer, suivant le besoin , par des moyens artificiels et aux dépens des animaux , l'enveloppe qui devait garantir son corps contre les intempéries. Cette intelligence créatrice a donc dû, dès le principe, accorder à l'homme ce droit de vie et de mort qui devait lui donner les moyens de couvrir sa nudité.

La considération que nous exposons ici est donc un nouveau eorollaire en faveur de l'existence d'un dieu Créateur et prévoyant. Peut-on supposer, en effet, qu'en donnant en partage exclusif à l'homme la faculté de raisonnerses besoins, ce créateur eût voulu le placer dans un état d'infériorité par rapport aux animaux? Ceuxci , ne raisonnant pas , devaient être garantis contre la rigueur du froid , sous les régions glaciales , par une enveloppe naturelle qu'ils

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Le panthéisme, cette doctrine si absurde , n'a jamais été celle des Egyptiens de la première période. Les sages de cette nation avaient, comme leurs savants prédécesseurs, reconnu la nécessité d'une création ; car ils avaient constaté que notre globe renferme en lui des éléments de destruction. Si l'univers entier était Dieu, notre planète faisant partie de l'univers ferait partie de la Divinité; or, si une partie de cet univers-dieu est destructible, toutes les autres le sont aussi , car il y a solidarité entre toutes les fractions de la Divinité. Dieu est nécessairement éternel, car d'où aurait-il tiré son origine ? Mais le globe est destructible, il n'est donc pas éternel^ car ce qui peut fiair a eu inévitablement un commencement ; le Dieu*univers se serait donc créé lui-même? Ici l'absurde repousse toute réponse. Il y a donc , en dehors de l'ouvrage créé, une intelligence créatrice : quel que soit le nom qu'on lui donne, Amour, Jehovah, OElohim; qu'on l'appelle Deus^ Theos, Être suprême. Providence ou Nature, la vérité sera toujours la même : c'est un polygone dont chacun peut adopter une face, sans que la nature du polygone soit changée.

Cette sublime idée d'un Dieu immatériel et créateur étant proclamée par les génies vastes et profonds qui avaient médité sur l'origine des choses , qui en avaient é;tudié dans la nature tant morte qu'animée les successifs développements, ces savants en furent les premiers apôtres et en même temps les premiers prêtres ; car le sentiment de l'admiration autant que de la reconnaissance imposait à leurs cœurs l'obligation de rendre d'humbles hommages à sa divinité. Mais une aussi haute, aussi immortelle conception que celle d'un Dieu créateur, invisible à tous les yeux et saisissable seulement par l'intelligence, était une

n'auraient pas su se procurer : 1*hoinme, doué de la raison, ne Ta pas reçue; parce que son intelligence lui donne la faculté de la varier suivant la nécessité.

pensée trop profondément spirituelle , une idée trop ab-» straite , pour être à la portée du vulgaire , dont les sens ne sauraient être touchés que par les objets extérieurs perceptibles à la vue. Pour ce vulgaire, le soleil était Tâme du monde : ce gflobe de feu continua à recevoir les hommages dont l'ignorance primitive T avait entouré, et on vit en lui, tout au moins, Tagent chargé de rendre sensibles les bienfaits de cet être incompréhensible qu'on annonçait comme créateur de l'univers. L'idolâtrie fut donc toujours le partage de la foule ignorante, tandis que l'unité de Dieu devenait le dogme de la classe érudite, formant dès lors une classe à part, investie du sacerdoce.

Dans l'intérêt de ce dogme de l'unité de Dieu, apanage de la science et de l'instruction, le nouveau sacerdoce, qui était l'élite de la nation à raison des hautes études auxquelles il était voué , avait cru devoir le couvrir d'un voile allégorique, conforme au génie des peuples orientaux de toutes les époques : ce manteau allégorique constitua une théologie énigmatique, qui, par l'apparence du merveilleux quelle présentait, saisissait l'attention, en même temps qu'elle s'accordait avec le goût général pour l'exagération et poui* tout ce qui semblait surnaturel. La famille des patriarches, issue d'£/r des Chaldéens, c'est-àdire de la classe éclairée des Assyriens (i), avait dû hériter aussi de la connaissance de ce dogme de l'unité, comme là classe savante des Ethiopiens et des Égyptiens, mais elle l'avait complètement perdu quand Abraham passa en

(i) Quand Moïse dit que Dieu tira Abraham d'Ur des Chaldéens, il emploie, à ce qu*il parait, une manière de parler énigmatique semblable à celle de la théologie égyptienne. Pour le vulgaire, Ur ou ^or était une ville de Chaldée; mais liiéroglyphiquemeut le raot^or signifiant lumière, splendeur, et le moi chasdim désignant des devins, il s'ensuit qu'Abraham est tiré de la classe érudite des Assyriens, des devins on sages éclairés de cette nation. Voyez le chapitre ^ur la géographie, dans la [T partie,

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Egypte. L*EcrituFe sainte nous montre en effet le père des Israélites et des Ismaéliens livré , ainsi que ses aïeux, au culte des dieux étrangers (i) ; et il est raisonnable de supposer que cest en Egypte qu Abraham puisa de nouveau le sentiment de cette sublime vérité.

L'idolâtrie était donc une erreur générale que la classe savante , qui ne la partageait pas , regardait comme inévitable. Élève des temples égyptiens, Moïse seul crut possible de faire pénétrer dans la masse entière de la nation à laquelle il entreprenait de donner une existence politique, cet admirable dogme de T unité de Dieu , dont ses maîtres réservaient la connaissance à ceux-là uniquement qui , par leur instruction , devenaient aptes à le comprendre ; mais r effet ne répondit que médiocrement à cette belle pensée. Un dieu tout d'abstraction a toujours dépassé les limites de rintelligence vulgaire. Habitués à Tidolàtrie des Égyptiens, les Hébreux furent toujours tentés d*y revenir, maigré la sévérité des peines qui frappaient ceux qui abandonneraient le dogme d*un Dieu unique : le peuple hébreu, une fois constitué , adopta tour à tour les idoles des nations avec lesquelles il se mit en contact. Le successeur même du législateur entrevoyait déjà tant de difficultés à rinculcation de cette immortelle doctrine , que sur la fin de ses jours il n en faisait plus un précepte absolu. Quand, par ses conquêtes , Josué a définitivement assis la maison d'Israël dans la terre de Chanaan , il rassemble les chefs dés tribus, et leur parle des bienfaits du Dieu créateur, pour qu'ils persistent dans le dogme de l'unité ; mais sans en faire, comme son prédécesseur, un commandement dont Voubli entraînerait la peine capitale. « Choisissez , leur « dit-il, ou des Dieux qu'ont servis vos pères dans la Méso- « potamie, ou des Dieux des Amorrhéens, au pays desquels

(i) Hœc (licit Dominas Deus Israël: Transfluvium habtiaverunt paires vestri au initio , Tharejmier jébraham , et Nackor, et servi eau vt j>iis ALiBNis. Josué, XXIV, a.

R VOUS habitez : pour moi et ma famille, nous ne servirons « jamais que Jéhovah (i). » Josuë n'aurait pas été si indulgent, s*il n'avait su qu'au fond tous ces dieux étrangers n'étaient que la personnification des attributs du Dieu unique qu'il voulait, lui et sa famille, en gens éclairés, toujours servir à découvert ; mais , moins prévoyant que Moïse, il ne réfléchissait pas que cette tolérance eût été la ruine du principe que Moïse avait voulu fonder.

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