LETTRE D AMK0U-BEN-EJ.-A8S AU KHALIFE OMAR
« prince des fidèles ! peins-toi un désert aride et une a campagne magnifique au milieu de deux montagnes « dont l'une a la forme d'un monticule de sable et l'autre « celle du ventre d'un cheval maigre ou bien du dos d'un « chameau, telle est l'Eg^rpte. Toutes ses production, « toutes ses richesses, depuis Isoar jusqu'à Manoha (1), « viennent d'un fleuve béni qui coule avec majesté au « milieu d'elle; le moment de la crue et de la diminution « de ses eaux est aussi régulier que le cours du Soleil « et de la Lune ; il y a un temps fixe où toutes les sour- « ces de l'univers viennent payer à ce roi des fleuves le « tribut auquel la Providence les a assujetties envers lui ; « alors les eaux augmentent, elles sortent de leur lit et « elles couvrent la surface de l'Egypte pour y déposer un (( limon productif. Il n'y a plus de communication d'un « village à l'autre que par le moyen de barques légères (( aussi nombreuses que les feuilles du palmier. Ensuite, « lorsqu'arrive le moment où les eaux cessent d'être né- « cessaires à la fertilisation du sol, ce fleuve docile rentre (( dans les bornes que le Destin lui a prescrites pour lais- (( ser recueillir les trésors qu'il a cachés, dans le sein de « la terre.
« Un peuple protégé du ciel et qui, semblable à l'abeille, « ne paraît destiné à travailler que pour les autres, sans « profiter lui-même du fruit de ses peines et de ses « sueurs, ouvre légèrement les entrailles de la terre et y « dépose les^ semences dont il attend la prospérité de la « bienfaisance de cet Être suprême qui fait croître et
(1) Depuis Assouan jusqu'à Ghasa.
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