à faire à sec, et 3.323.874"' à draguer
En outre il y aurait :
1^ A assurer Fécoulemeat des eaux d*inondation du dernier bassin de la haute Egypte dont nous avons Aé^h, parlé, soit au moyen d'un ouvrage écluse comme il était prévu, soit, ce que nous croyons être préférable, au moyen de deux siphons traversant le canal et que Ton exécuterait d'autant plus facilement que le canal du raïa est en ce moment presque abandonné;
2** A exécuter une écluse avec pertuis à la jonction avec le Béhéra ;
3"" Et enfin, comme Técluse de prise n'est pas achevée et qu'elle est placée de telle sorte que l'entrée est constamment comblée par les apports, nous avons à cet effet étudié une variante qui nous a permis de proposer non seulement de ne pas l'achever, mais de la reporter un peu plus loin à l'amont, selon que l'indique l'extrait du plan parcellaire de la carte de la basse Egypte (Planche n* 16).
L'ensemble de la dépense pourra s'élever à environ 12,000,000 pour le canal de 20 mètres, et à 15,000,000 fr.
au plus pour le canal à 30 mètres.
Dans le premier cas, nous aurons :
1« Un intérêt de 12,000,000 à 8 p. 100. . 600.000 fr.
2- L'entretien du canal, y compris frais généraux, etc., 1,000 fr. par kilomètre. . . 42.000 »
, Soit en chiffres ronds • 650.000 fr.
Et pour le deuxième cas, environ 800,000 francs au plus.
Devant un pareil résultat qui corrobore encore nos dires,
nous pensons devoir conseiller d'achever au plus vile le
i50 DES IRRIGATIONS EN EGYPTE.
canal du raîa de Béhéra, même avec 20 mètres seulement au plafond, d'autant plus que si, comme nous l'avons prévu, on adoptait le rehaussement de 1 mètre du plan de retenue du barrage de Saïdieh, le débit du raïa avec plafond à 20 mètres se rapprocherait notablement des 8,000,000 de mètres cubes que lui donnerait le canal avec plafond de 30 mètres avec l'altitude actuelle du plan d'eau; dès lors, non seulement ce canal pourrait permettre de cultiver une bien plus grande quantité de feddans qu'aujourd'hui, avec bien plus de facilités puisqu'il aurait le plan d'eau plus élevé et le débit presque quadruple, mais ce débit pourrait suffire (après avoir rectifié le type du Katatbé lui-même) à alimenter le canal du Mahmoudieh avec une abondance d'eau double de ce qu'elle est aujourd'hui et avec un plan d'eau également supérieur à celui qui lui est donné par les pompes de l'Atfeh.
Pour le canal du Mahmoudieh, n'ayant pas fait les nivellements, nous nous bornerons à procéder par analogie et nous établirons les cotes par les moyennes d'approximation des pentes et des distances respectives.
Nous avons vu que le niveau de la mer est établi à la cote 48.20, que d'Atfeh à Rosette la distance est d'environ 30 kilomètres et que, près de l'embouchure, les fleuves n'ont plus la pente aussi forte ; nous aurons donc pour les cotes du Nil au droit de l'Atfeh, à l'étiage, 18.20 -h 1.80, soit 19.70..
Le Katatbé a 105 kilomètres de développement de sa prise d'eau à sa rencontre avec le canal de Mahmoudieh près de Damahour.
Le point de départ de son plafond étant à la cote 25.06, si nous lui attribuons une pente régulière de 0'*,03 par kilomètre, on arriverait avec la cote 21 .91 à la rencontre du Mahmoudieh ; mais il y a lieu de reconnaître qu'il serait opportun et utile de diviser le Katatbé en 3 biefs de
CANAL DU RAlA DE BÉHÉRA. foi
chacun 35 kilomètres de longueur et de leur donner à chacun environ 0", 50 de chute. Néanmoins on arriverait encore à la cote 20.41 qui est approximativement la cote théorique et normale du plafond du Mahmoudieh à ce point, ce qui démontre que le plafond du Mahmoudieh doit être évidemment à 0",70 en contre-haut du plan d'eau du Nil à l'étiage en ce même point, et qu'il ne peut êlre alimenté directement à Tétiage par le Nil. C'est d'autant plus vraisemblable que depuis longtemps on a dû recourir à l'emploi de moyens spéciaux pour alimenter pendant l'étiage le canal Mahmoudieh, parce que, le barrage n'étant pas achevé> les canaux qui devaient l'alimenter ont fait défaut. C'est alors qu'on a recouru pour la première fois à l'emploi de machines pour son alimentation, en créant à l'Atfeh un grand établissement de pompes qui fut en Egypte le premier de ce genre.
Nous voyons que les pompes de l'Atfeh élèvent l'eau à 2"',50 ; elles mettent done une couche d'eau de 1",80 seulement dans le canal à TAtfeh ; c'est-à-dire que le plan d'eau s'élève à la cote de 20.41+1.80, soit 22,21.
Or, en admettant que nos cotes soient respectivement ainsi que nous venons de le montrer théoriquement (ce que nous avons établi par déduction bien entendu), nous aurions comme plan d'eau du canal de Mahmoudieh la cote 23.10 aulieu de 22.21, soit environ O"'.^ plus haut que le niveau atteint actuellement par les pompes, et par conséquent on aurait une couche d'eau de 1.80 -4- 0.90, soit 2°. 70 au lieu de 1™.80, ce qui permettrait une irrigation d'une bien plus grande quantité de feddans (pouvant s'élever certainement au double), avec le précieux avantage d'avoir une eau bien plus saine pour l'alimentation d'Alexandrie, puisqu'elle serait plus abondante.
Il est inutile de nous étendre davantage sur le bénéfice de l'adoption de ces mesures, il suffit de les signaler poui*
m DES IRRIGATIONS EN EGYPTE.
en voir tous les bienfaits et les immenses et salutaires conséquences.
Nous [signalerons en outre certains travaux d'amélioration à effectuer du barrage de Saïdieh au Caire, dans le lit du Nil, ainsi que dans tout son parcours depuis Siout, non seulement pour améliorer le cours du fleuve (mais aussi Je plus souvent pour préserver de la ruine quantité de villages qui, sans ces précautions, menacent de disparaître) en élevant des épis ou des digues en pierres sèches comme Ta recommandé M. Ventre-bey dans diverses études et notamment dans une étude très consciencieuse qu'il a faite du Caire au barrage, et où il indique plusieurs épis entre Koriteine et Tourrache et l'île de Choubrah, avec perrés, le tout évalué approximativement comme devant employer 250 à 300.000 mètres cubes de moellons.
Nous devons observer, toutefois, que, par le projet de relever le plan d'eau du barrage de Saïdieh et surtout celui de projeter l'exécution d'un autre barrage près du Caire» il résultera une amélioration générale qui pourra atténuer notablement les travaux de protection de ce genre à l'avantage du régime du fleuve et de la consolidation de ses bords ; mais il y a toutefois à l'étude de la direction des courants dans le Nil un problème fortintéressant à résoudre, quoique, bien entendu, il devienne moins opportun que par le passé : si l'hypothèse de diviser le Nil en biefs successifs au moyen de barrages que nous projetons est adoptée, comme il est vraisemblable de l'admettre, elle sera le précurseur de la gigantesque idée de M. Delamotte qui projette la création de grands et immenses lacs-réservoirs des crues dans le Soudan. Il est incontestable, toutefois, que lapremière chose à faire est de prendre les mesures propres à
CANAL DU KHALIG. *53
assurer d'abord et avant tout l'irrigation de la moyenne et de la basse Egypte.
Canal du Kbalig et amélioration des quais de Boulac ainsi qae de llle de Rhodai au Caire.
Il serait utile, pour le Caire, d'établir un barrage soît vers Choubrah, soit à l'île de Rhoda; le relèvement du plan d'eau qui en résulterait rendrait un service immense à la ville du Caire et notamment aux grands entrepôts de Boulac, ainsi qu'au Khalig qui, pour lui seul, exigerait même ce travail, afin qu'il soit désormais et pour toujours rempli d'eau courante et abondante toute l'année. Un grand service serait rendu à l'hygiène générale de la population et ménagerait en même temps les susceptible lités religieuses du sentiment populaire si orthodoxe, qu^a consacré le temps et qui entoure cette antique artère de la cité d'une grande vénération; son alimentation régulière et constante permettrait alors de conserver ce canal et de répondre en même temps aux exigences de la salubrité et de l'hygiène.
Aussi croyons-nous que l'administration qui assurera sa conservation par son alimentation constante recevra de la population du Caire et de TÉgypte en général des louanges et des remerciements.
Ce barrage aurait en outre l'avantage d'alimenter directement les deux canaux de Ghiseh, bien plus directement que par le barrage de Saïdieh, et d'assurer à Tile de Rhoda d'être entourée d'eau toute l'année.
Nous indiquerons également, comme devant être fort utile et d'une grande amélioration pour l'hygiène et l'agrément de la ville la construction d'un mur de quai depuis
le vieux Caire jusqu'à Boulac et même jusqu'à Choubrah, pour améliorer les entrepôts et y créer une large avenue qui deviendrait en même temps une voie des plus importantes de trafic, ainsi que des plus élégantes de la capitale par la promenade délicieuse qu'elle créerait. Nous sommes persuadé que la plus-value qui résulterait de cette création sur les terrains en bordure permettrait d'exécuter cet aménagement sans qu'il en coûtât rien ni au Trésor ni à la ville, et couvrirait peut-être bien les dépenses mêmes du barrage nouveau, si nous y comprenions surtout les dépenses que nécessiterait l'exécution des travaux qu'on projette pour couvrir d'une voûte maçonnée le canal du Kbalig, à sa traversée dans le Caire.
On peut donc dire avec raison que l'exécution de ces travaux ne grèverait en aucune façon les habitants, et que, tout au contraire, ils augmenteraient considérablement la fortune générale de la cité ; ils sont d'ailleurs, pour ainsi dire, spéciaux à la ville du Caire. Nous ne les comprendrons pas dans l'évaluation générale des dépenses à prévoir pour les irrigations et les améliorations de la navigation du Nil.