‹ L'Égypte, son avenir agricole et financier; notes et documents sur laChapitre 6 sur 38 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

des

hommes existants

dans

les provinces.

* Cette colonne ne porte que la moitié environ des hommes employés à la totalité des travaux annuels.

« Ces 362,773 hommes sonl employés au moins peu- « dant 40 jours, ce qui, à raison de 1 piastre et demie « par jour, au travail devenu inutile du creusement « des canaux séR, donne la somme de 15,766,320 pias- ^< 1res.

« Au canal de Katatbé, il y a 34,000 hommes pendant « 100 jours, à 1 piastre et demie par jour, et 30,000 au « Cherkawé pendant 80 jours, à 1 piastre par jour, qui « sont employés aux mêmes travaux, ce qui fait 6,600,000 « piastres; en tout, dépenses annuelles devenues inu- « tiles par la construction des barrages : 22,843,320 « piastres.

« Il faut ajouter à ce résultat qne les hommes consacrés a jusqu'ici à ce travail pourront être employés à d'autres « travaux profitables.

« Économie produite par la suppression des sakiehs et (( des tapoutes. — Il y a dans la basse Egypte en ce mo- « ment environ 50,000 sakiehs et tapoutes, sans compter « les chadoufs, dont l'entretien est plus coûteux pourtant, « car ce sont des hommes qui y travaillent en plus grand « nombre au lieu de bœufs; 80,000 sakiehs à trois bœufs « par machine, cela fait 150,000 bœufs; à chaque machine « il faut un homme au moins, ce qui fait 50,000 hommes.

« La durée de l'ouvrage par Tarrosage e«t de six mois « ou 180 jours, ce qui fait pour 180,000 bœufs, à raison « de 2 piastres de nourriture par jour pour chaque « bœuf, une somme de 84,000,000 de piastres.

« Les journées d'hommes à 1 piastre et dexnie donnent « pour 80,000 hommes 13,800,000 piastres.

« L'entretien annuel des sakiehs étant, terme moyen, de H 120 piastres, l'entretien total des 80,000 sakiehs sera de « 6,000,000 de piastres.

« Total de la dépense annuelle pour les 50,000 sakiehs, « 73,500,000 piastres.

« La suppression de cette dépense par la construction

« des barrages n'est évaluée ici que comme bénéfice des

« cultivateurs, qui auront encore l'avantage d'appliquer

« leurs bœufs à d'autres travaux.

(( Création if une force motrice considérable par la « chute d'eau aux barrages. — La chute d'eau due à la c< construction des barrages peut être utilisée pour fon- « der des ateliers, des usines nouvelles, ou pour rcmpla- « cer les moteurs qui existent aujourd'hui. £n l'évaluant « au plus bas, cette chute équivaudrait à 12,000 chevaux- « vapeur travaillant deux cent treize jours par année; « ce qui, en comptant 20 piastres pour la valeur jource nalière de chaque cheval-vapeur donne pour là valeur « annuelle de cette nouvelle force due aux barrages « 51,120,000 piastres.

« Ces quatre classes de bénéfices dus aux barrages, « quoique de nature très différente doivent être envice sagées ensemble pour établir les immenses avantages « financiers des barrages du Nil; mais la première classe, « à savoir : Taugmentation de culture applicable directece ment au Trésor du gouvernement ne donne son produit ce annuel de 67,500,000 ou de 142,500,000 ou enfin de c< 217,500,000 piastres, selon l'hypothèse adoptée sur les c< 1,500,000 feddans excédants, qu'après la construction c< des barrages.

« Il en est de même de la quatrième classe, à savoir : la

c< force motrice annuelle évaluée 51,120,000 piastres, dont

« le produit peut avoir une réalisation plus ou moins

c< éloignée.

c( Pour la troisième classe , à savoir : la suppres-

c( sion des sakiehs et tapoutes , son bénéfice annuel

« de 73,500,000 piastres n'est applicable qu'indirecte

oc ment au Trésor, et il exige aussi l'achèvement des

c< barrages.

:r2 DES IRRIGATIONS EN EGYPTE.

« Pour la deuxième classe, à savoir : la suppression et le « non-achèvement des canaux séfi, qui donne un bénéfice « annuel de 33,843,330 piastres, elle est réalisable immé- « diatement avant la construction des barrages, et par « conséquent, dès aujourd'hui en disponibilité pour h^ « Trésor.

« Si donc il s agit de se rendre compte de la possibilité « et de la facilité des moyens d'exécution des barrages, il « suffit de remarquer que :

« Les travaux des barrages doivent durer cinq ans, et la « dépense totale de 1S5,163,380 piastres, partagée en « cinquièmes, est par année de 31,731,093 piastres.

« La dépense annuelle des canaux séfi à supprimer dans « le cas de Texécution des barrages et applicable, comme « on Ta vu, à cette exécution même, est de 33,843,330 « piastres.

« Il n'y aurait donc en surcroît annuel de dépenses « pour le Trésor que la différence de ces deux sommes, ou « 8,887,773 piastres.

« Une pareille avance annuelle pendant cinq années est « certes assez faible, surtout relativement aux immenses « bénéfices des barrages.

« D'ailleurs, au bout de trois ans les piles, et les portes « des barrages peuvent être achevées, et l'effet des barrages « aurait lieu; puis après la quatrième année, les produits « effectifs étant réalisés en partie, le Trésor se trouverait à « co^uvert et bien au delà de cette avance.

« D'après toutes ces considérations, la commission est « d'avis :

« 1* Que le système des canaux est insuffisant pour « l'irrigation actuelle, et qu'à lui seul et sans le secours « des barrages du Nil, il ne peut réaliser aucun des avan- « tages énoncés plus haut.

« 2*" Que quelque élevées que paraissent les dépenses « de la construction des barrages, elles sont plus profi- (( tables aux intérêts de Son Altesse et du pays que (( celles également considérables auxquelles donne lieu le « système actuel, puisque, outre beaucoup d'autres avance tages, elles produisent pour le Trésor des bénéfices « susceptibles, en les évaluant au taux le plus modéré, u de couvrir en un an de produit les avances faites pour « l'exécution desdits travaux.

« S"" Qu'en prolongeant le système actuel, on accroît « chaque année les dépenses, sans constituer un système « permanent d'inondation et d'irrigation et, par conte séquent, sans détruire les dangers du mauvais Nil et « des eaux trop basses, ce qui est évidemment contraire « au but et aux espérances de Son Altesse.

« 4'' Que, d'ailleurs, les dépenses déjà faites aux barrages K resteraient sans objet et en pure perte, s'il n'était pas » donné suite aux travaux commencés.

» 5"* Que, pour toutes ces raisons, il est plus avantageux « de continuer avec activité les travaux des barrages, " qui deviendraient beaucoup plus coûteux si l'on pro- « longeait l'entreprise.

« 6^* Qu'enfin, comme moyens d'exécution, il résulte des " documents fournis à la commission que, les travaux « destinés à compléter le système actuel des canaux ne « devant pas être continués et les hommes et les capitaux « affectés à ces travaux devenant libres : d'une part, la « somme à ajouter annuellement comme surcroît de « dépense pour le Trésor serait assez faible et rapidement « recouvrée; d'autre part, le nombre d'hommes devenus « libres seraient suffisants pour l'exécution des barrages^

« sans remploi oifectif d'un plus grand nombre d'hommes « dans le pays. »

Ont signé :

Charles LAMBERT, Ingénieur des Mines.

LIBERT, Secrétaire aa Ministère.

Stéphân BRESM, Chef du Matériel.

THIBAUDIER, Ingénieur Militaire.

BAYOUMMI, Ingénieur arabe, sorti de TÉcole Polytechnique de France.

Mustapha BAGHAD, Ingénieur arabe, sorti de l'École Polytechnique de France.

BRUNEAU, Capitaine d'artillerie, de l'École Polytechnique de France.

Joseph. HEKEKYAM, Ingénieur, ayant fait ses études en Angleterre.

EPERING, Ingénieur anglais.

SALIM-BEY, Officier d'État-Major, élevé en France, Chef du Personnel au Ministère.

AHMED-BEY, Officier d'État-Major, élevé en France.

MOUKTAR-BEY, Ministre et Président.

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