EXPOSÉ DE LA THÉORIE
Il nous a donc semblé que le plus simple serait de
diviser approximativement en quatre
ages princi-
paux la vie des arbres forestiers et de leur donner
les noms suivants qui correspondent avec ceux le
plus généralement adoptés :
1° Baliveau , jusqu’à 40 ans environ ;
20 Moderne, de 40 à 80 ans;
3° Ancien, de 80 à 150;
40 Enfin nous appellerons Vieilles écorces les arbres plus âgés encore; leur nombre diminue chaque année.
Cette nomenclature n’a nullement la prétention d’être absolue, car il est souvent difficile de connaître même approximativement l’âge d’un arbre sur pied : le forestier devra donc tenir compte de ses propres appréciations , sans s'éloigner toutefois des pr us tions qui vont suivre :
10 La tête du BALIVEAU doit avoir la forme d’un œuf, ou ovoîide très-al-
Fig. 13. -- Forme du baliveau.
longé (fig. 13), bien d’aplomb sur le tronc, qui, dans
la plupart des cas, n’excédera pas le tiers de la hauteur totale. Les branches basses serviront à faire
orossir l'arbre et à maintenir son aplomb, comme
leur raccourcissement les empêchera de prendre un
trop grand développement au détriment de la flèche.
Les jeunes arbres des quais et des boulevards de
Paris donnent une idée assez exacte de l'aspect que
les baliveaux doivent présenter, à l’exception des branches basses, qui sontgénéralement trop longues. On verra pourquoi (p. 131).
20 La tète du MODERNE (fig. 14) doit offrir un
Fig. 14. — Forme du moderne.
ovoide moins allongé que celle du baliveau. La longueur du tronc peut varier en général du tiers aux deux cmquièmes de la hauteur totale de l'arbre.
30 La tête de l'ANCIEN (fig. 15) commence à s’arrondir, 1l arrive au terme de sa croissance en élévation et son tronc peut être encore allongé jusqu'à atteindre, dans certains cas, la moitié de la hauteur totale.
49 VIELLES ÉCORCES (fig. 16). Ces arbres ont cessé de grandir, leur tête s’aplatit. Elle est maintenue dans la
forme et dans les dimensions nécessaires pour ne
pas nuire au tallis environnant et aux Jeunes réserves destinées à les remplacer. Ils n’ont plus qu'à
grossir; à mesure que les couches annuelles d’ac-
croissement diminuent d'épaisseur, elles augmentent de dureté et de résistance.
EXPOSÉ DE LA THÉORIE. Sa
Nous reviendrons sur lPélagage propre à chacune - de ces catégories.
Fig. 15. — Forme de Fig, 16. — Forme de la l’ancien. vieille écorce.
Ces formes que j'assigne ne sont autres que celles que la nature donne aux plus beaux arbres; 1l est bon, du reste, de rappeler que c’est le point de vue utile et non le pittoresque qui nous occupe 1ci.