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L'abandon ou le raccourcissement imsuffisant des branches basses occasionne souvent sur un même arbre des résultats analogues. La figure 30 en offre un exemple. La branche À, placée du côté du soleil et insuffisamment raccourcie, à pris un déve-
RE EEE MT Een 2 SX Te Fig. 30. — Arbre dévié de son aplomb par suite du raccourcissement
insuffisant des branches basses.
loppement énorme : la flèche et les autres branches ont été forcées de s'étendre en sens opposé pour chercher la lumière qui leur était interceptée par l’ombre de la branche A, l’aplomb a été détruit et l’arbre s’est mcliné; 1l aurait suffi, pour éviter ce orave désordre, que la branche eût été raccourcie à
la première fourche, au point B.
Branehes coupées rez-érone. — ja plupart des branches basses, raccourcies comme on
Va dit précédemment, sont destinées à être supprimées au retour des coupes jusqu'à ce que l’arbre ait atteint les proportions voulues; le nombre en est variable puisqu'il dépend de la hauteur du sujet, de la qualité du sol, de l'aménagement du bois et de l’époque de sa vie à laquelle l’arbre a subi son premier élagage. Il faut toujours procéder avec une grande prudence, à moims que ces branehes ne soient très-minces, auquel cas leur suppression est sans inconvénient; mais il n’en est pas de même si leur diamètre est plus fort.
Nous fixerons donc, d’après M. de Courval, à trois au plus le nombre des branches à couper reztronc, lorsqu'elles atteignent une moyenne grosseur; si elles sont énormes, on devra se contenter de deux, d’une seule même, ce qui, joint à l’amputation obligée des parties mortes ou mourantes et des vieux chicots en décomposition, déterminera sur je corps de larbre des plaies qu'il importe de ne pas multiplier sans nécessité,
On sait de quelle importance capitale sont le redressement et l'équilibre de l'arbre ; on les obiendra en supprimant de préférence les branches mal placées et principalement celles qui croissent dans le voisinage des coudes.
Toutes les fois qu’on est amené à retrancher une branche grosse et longue, il est indispensable de la
couper en deux ou plusieurs fois, en conservant, avant d'attaquer la base, un tronçon d’un mètre environ. Cette précaution aura pour résultat d'obvier
Fig. 31. — Danger auquel on s'expose en coupant d’une seule fois une branche grosse et longue. — A, Point où la branghe doit être coupée. — B, Branche coupée imprudemment et revenant sur l’ouvrier.
aux déchirements profonds ou à l'enlèvement de
lambeaux d'écorce, mais surtout de prévenir de
graves accidents presque inévitables, si la branche est abattue en une seule fois; car son extrémité, en tombant à terre, fait souvent ressort, et revenant
sur louvrier, peut l’écraser ou tout au moins le renverser et briser son échelle (fig. 31).
On sait que toutes les plaies faites le long du tronc doivent être parfaitement nettes et aussi verticales que possible, conditions indispensables de prompte cicatrisation et de parfaite circulation de la séve.
Oncommencera toujours :
la coupe par une entaille en dessous (À, fig. 32).
Cette première entaille doit.
attemdre le milieu de la branche; une seconde entaille B se fait alors sur le dessus, mais plus loin du corps de larbre. C’est le
seul moyen d'éviter tout à 5 7 ; Fig. 32. — Moyen d'éviter les fait les éclats. À Quel que éclats en pratiquant des entailles melon cmplone, aa, “nd if s'agit d'abatire une ; grosse branche.
chette, la serpe ou la scie, l’ouvrier doit toujours terminer son opération en parant la plaie au moyen de la serpe qu'il prend à deux mains; tenant le manche de lune et l’extrémité de la lame de l’autre, il s’en sert comme d’une plane pour enlever toutes les aspérités, de telle : sorte qu'on ne puisse plus en sentir aucune en passant la main dessus (fig. 33).
Pansem:mé au conléar. — L'élagase ter-
4 L'ÉLAGAGE DES APBRES.
miné, une couche de coaltar est appliquée au pinceau sur toutes les plaies situées le long du tronc ou de la flèche. Sur les branches on peut s’en dispenser, quoique cette pratique soït toujours avantaceuse. :
On comprendra l’insistance avec laquelle nous recommandons tous ces soins, minutieux en apparence, si l’on pense que c’est sur leur application
que repose tout le succès
DRE Pen - ’ de lélagage, par cons quent l’avenir des forêts; car une coupe parfaitement
nette et verticale — autant
Fig. 83. — Aspect de la coupe reztronc d’une maîtresse branche. que laconformation de l’ar-
bre Île permet — se recouvre très-rapidement d’un bois sain et de droit fil, tandis qu'une plaie mal faite ne se recouvre jamais, pourrit les arbres jusqu'au cœur, ou tout au moins en altère sensiblement la valeur. | On objecte souvent que, même en admettant le recouvrement complet et sans carie, 1l n’y à jamais reprise de la section avec le bois de nouvelle formation, qu'il reste par conséquent toujours un défaut qui nuit à la qualité de la marchandise. Sans doute,
il n'existe pas de soudure, mais quand la coupe a été bien exécutée, la juxtaposition ‘est parfaite, et l’on ne retrouve qu’une fente dont on ne doit pas s’exagérer les inconvénients, bien moins graves, dans tous les cas, que les funestes et inévitables résultats de l'abandon ou des mauvaises opérations (fig. 8).
Ici je laisserai parler M. de Courval : «Un simple examen suffira, dit-il, pour démontrer qu'entre la surface coupée net et pansée au coaltar et les nouvelles fibres d’accroissement qui la recouvrent immédiatement, il reste à peine un fable écartement ou fissure presque imperceptble et ayant beaucoup d’analogie avec les fentes ou gerçures naturelles provenant de la dessiccation, lesquelles se développent sur de bien autres proportions, sans rien ôter au bois d'œuvre, comme tout le monde le sait, de son élasticité, de sa force ou de sa souplesse, et sans qu'aucune partie appréciable du bois destiné à l’industrie ait le moins du monde à en souffrir. » M. de Courval est autorisé à tenir ce langage, ear tout le monde à pu remarquer à lPExposition agricole de -Paris en 1862, comme à l'Exposition universelle de Londres en 4861, les nombreux exemples qu'il a soumis à l’appréciation du public. M. dé Courval et M. Des Cars ont obtenu des récompenses à l’Exposition universelle de 1867. (Note de l’auteur.)
Les indications qui précèdent étant communes à
. tous les arbres, nous allons parcourir rapidement les quatre âges principaux que nous leur avons assignés et mentionner les soins particuliers à chacun d'eux.