ÉTUDE DES QUATRE AGES DES ARBRES DE RÉSERVE
BALIVEAU. — Il est évident que, si les arbres sont conduits dès leur jeunesse comme on le fait dans les pépinières, ils profiteront d'autant plus ; un garde soigneux et dévoué pourra améliorer considérablement le bois confié à sa surveillance, en pratiquant chaque année , sur les jeunes sujets susceptibles de former un jour des réserves, les raccourcissements et suppressions indiqués. La besogne de lélagueur sera singulièrement facihtée par cette préparation , mais celle-ci ne peut-être exigée que le long des routes et dans les endroits d’un accès commode ; nous considérons done les baliveaux comme ayant été complétement abandonnés jusqu'au moment de la coupe.
. Dans les bois exploités très-jeunes, de dix à quimze ans par exemple, les baliveaux sont souvent grèles, dépourvus de branches inférieures et exposés à s’incliner sous le poids du feuillage de la cime.
S1ls sont trop faibles pour supporter une échelle,
| où à gauche, il ne faut pas hésiter \ ut
on doit les abaisser à la main ou avec un crochet, pour décharger la tête en raccourcissant toutes les branches de manière 2 les mettre bien en équilibre, et en laissant l'arbre garni, s’il se peut, à partir du tiers de sa hauteur.
Si la flèche est morte, si elle n’est pas bien formée ou si elle penche à droite
à supprimer la partie inclinée, en ayant soin de redresser une branche vigoureuse prise à quelque distance au-dessous de la section, 50 centimètres par exemple, plus ou moins, et maintenue en guise de tu-
teur par l’extrémité conservée, à
laquelle on aura soin de lais-
ser quelques rameaux d'appel, pi 34 —- Formation
qui serviront en même temps de de la flèche dnn baliveau de douze à
liens pour fixer la flèche nouvelle quinze ans. (fig. 34).
Pour ces opérations, on peut faire usage d’une
: petite échelle semblable à l’une des parties d’une
rermrmmra se mms - (om et 5 RS — it
échelle double, c’est-à-dire large du bas, étroite par le haut et supportée par un montant.
S1, malgré tout, le baliveau n’# pas la force de demeurer bien d’aplomb, il est nécessaire de le maintenir à l’aide d’un étai fourchu et incliné, qu’on
dispose du côté où l'arbre penche , en n’oubliant pas d'empêcher le frottement, et de ménager l'écorce | par le moyen d’un coussm d'herbe ou de mousse, ou mieux encore d’un tampon de paille (fig. 35).
Sans doute, il serait excellent de mettre de bons tuteurs aux baliveaux trop faibles, mais dans les bois ce n’est guère praticable.
Lorsque les taillis sont exploités moins Jeunes, le baliveau est plus aisé à traiter : 1l peut supporter l'échelle, et 11 a moins de mauvaises chances contre lui. |
La branche verticale la plus d’aplomb sur le tronc servira toujours
Fig. 35. — Baliveau de douze à quinze à Constituer la flèche; les branches ans maintenu dans la direction verticale. qui ont une mauvaise direction , sont
trop longues, confuses, ou celles
équhbrées et distancées de façon à donner à la tête de l’arbre la forme voulue, c’est-àdire très-allongée , qu’on se le rappelle, pour éviter l’'emportement des branches basses et aussi pour maintenir le centre de gravité (fig. 36). J'ajouterai, mais à titre d'indication seulement, que, sur un baliveau de vingt ans, les raccourcissements se pra-. tüquent en moyenne à 1 mètre de la tige, non compris les branches ou les rameaux d'appel.
Dans les terrains médiocres, lorsque le sous-sol
est imperméable, et sous l’influence d’une foule
d'autres circonstances, telles que la privation de lumière par suite de lombrage des arbres voisins, on rencontre des baliveaux dépourvus de flèche.
Fig. 36. — Baliveau de Fig. 37. — Formation de la flèche vingt ans. des baliveaux par le redressement r d’une des branches.
| Dans la plupart des cas on peut en constituer une
en redressant une branche, soit à laide de harts assujetties à l’une des branches raccourcies (fig. 37), soit plus simplement encore, en tordant une petite branche autour de celle qu’on redresse (fig. 38). Cette flèche nouvelle prendra un développement remarquable et, ne tardera pas, dans la plupart des
cas, à changer l’aspect de l'arbre, qui, en peu
d'années, de rabougri et chétif (fig. 39) qu'il était,!
deviendra droit et vigoureux. LE | Si un baliveau est fourchu, on doit raccourcir!
Fig. 38. — Formation de la flèche Fig. 39. — Baliveau de vingt des baliveaux par le redresse- à trente ans, mal venant. ment d’une des branches. Premier élagage.
une des flèches et conserver toujours celle qui est le mieux d’aplomb sur le tronc, que ce soit ou non la plus longue ou la plus forte. Un lien solide la maintient au besoin dans la direction verticale; mais il faudra avoir toujours le som de ménager les écorces (fig. 40.) | |
Baliveaux imelinés. — Avant l’époque de l’élagage , le forestier a souvent la douleur de voir