‹ L'élagage des arbres;Chapitre 17 sur 41 · ÉPOQUE DE L'ÉLAGAGE. SD · texte numérisé non relu

ÉPOQUE DE L'ÉLAGAGE. SD

troisième ou même la quatrième année, et nous engageons en pareil cas les forestiers à s’y livrer sans délai, à condition, toutefois, de ne pas laisser les branches séjourner sur les tallis. De toute facon, l'enlèvement ne doit jamais avoir lieu qu’à bras, jusqu’au chemin le plus proche ou jusqu’au bord de la coupe en exploitation. 3

En admettant qu'on nuise légèr ement au taillis de trois à quatre ans, le dommage est si minime et si largement compensé qu'on ne doit pas s’en préoccuper. En effet, le tallis ne pousse guère sous les chênes à branches longues et basses, dont la chute pourrait être funeste, et les branches des Jeunes arbres n’ont pas assez de poids pour causer aucun tort appréciable. Il faut néanmoins éviter d'exécuter ces élagages tardifs pendant que le bois est en séve, car c’est alors qu'il en résulterait un véritable préjudice pour le taillis.

Saison de l’élagage. — La saison la plus favorable pour l’élagage est généralement l'automne, où les jours sont encore beaux et longs, les jeunes brins de taillis commencent à se durcir et ne souffrent pas d'être un peu foulés; cependant on a toujours à redouter les gelées subites, qui sont dans certaines contrées une cause de carie des plaies. L'hiver, les jours sont courts et quelquefois trop mauvais pour qu'on puisse facilement monter sur les arbres.

Au printemps, l’emploi du coaltar empêche, du moins en partie, l'écoulement de séve qui pourrait peut-être en cette saison causer un préjudice que je ne veux pas nier, tout en n'ayant Jamais eu l’occasion de l’apprécier d’une façon positive. En revanche, dans les pays où l’on peut pratiquer l’écorcage, lélasage des chènes, exécuté dans des conditions favorables à cette opération, donne de grands bénéfices.

En été, le travail est moins facile à cause de l'épaisseur du feuillage, les fagots se vendent moins bien et on fait un peu plus de tort au taillis.

Pour résumer, je dirai que pour les arbres à opérer, l’époque de l’année est à peu près imdifiérente , l'essentiel est d’élaguer ; mais je conseille, en règle générale pour les bois étendus, de le faire depuis lPautomne jusqu'au printemps, de septembre à Juin, si toutefois on n’a pas d'ouvriers à l’année. A part quelques contrées montagneuses, on peut généralement en France élaguer pendant tout l'hiver: il n'y a qu'un petit nombre de Jours où ce travail soit impossible: ce sont ceux de neige, de grande pluie , de verglas ou de forte gelée. Sauf ceux-là, le temps peut toujours s’emplover utilement. Le matin, quand les branches sont oglissantes, les ouvriers restent sur. les échelles, rabattent les chicots, bois morts, ete., qui demandent toujours beaucoup de temps: puis.

CHOIX DES ÉLAGUEURS. 37 par un beau rayon de soleil et par une journée calme, on faconne Ja cime des arbres.

Quand j'ai dit plus haut (p. A1) qu’on doit tou- Jours commencer par la cime, j'ai entendu parler de la taille dé la tête des arbres: pour ce qui est des branches basses et de la facon à donner au tronc, il est entièrement indifférent de faire cette besogne avant ou après, ce dernier mode est précisément à suivre si l’on veut écorcercomme il aété dit plus haut.

Choix des élagueurs. Ces travaux ne doivent pas être confiés au premier venu : il faut avoir

des hommes forts, hardis, lestes, mais surtout prudents!, et pour peu qu'ils aient de bonne volonté, il leur suffira de quelques jours pour être parfaitement au courant. J'en ai pour ma part de continuels exemples: je parle d'hommes complétement étrangers aux {ravaux des bois, car les bûclferons, se croyant fort habiles, et accoutumés à travailler sans contrôle, font souvent toutes espèces de difficultés. «On a des exigences impossibles, les serpes sont trop lourdes etc.» Ils ne cherchent qu’à mettre des entraves et terminent la plupart du temps par ce argument sans réplique: «Cela ne se fait pas.» Si cela se faisait, nos recommandations seraient très-inutiles.

1 Toutes les fois qu'un homme est sujet au vertige, quel

que soit d’ailleurs son courage, on ne doit pas l'employer à .ce métier, qui deviendrait dangereux pour lui.

En présence de ce mauvais vouloir, qui heureusement ne se rencontre pas toujours, 1l n°7 à quun parti à prendre, laisser les bûcherons se complaire dans leur importance et leur ornière, et se souvenir qu’au besoin le premier dénicheur de nids peut faire un excellent élagueur.

Si J'ayais à choisir, Je prendrais des hommes sortant du service militaire, par conséquent à la fleur de l’âge, habitués à l’obéissance, sortis de la routine du pays ; il vaudrait toujours miéux un homme ayant déjà manié la hache ou la serpe, mais, jy reviens à dessein, tout homme de bonne volonté sera en état de se tirer d'affaire au bout de quelques jours ; il prendra bientôt aussi habitude indispensable de travailler des deux mains lorsque les circonstances l’exigeront.

Salaire des élagueurs. — L’élagage ne peut en aucun cas être exécuté à la tâche, encore moins peut-on le payer par abandon de tout ou partie du bois abattu. Il faut donc absolument payer les ouvriers à la journée, etil y a lieu en outre de leur accorder le bois mort, ce qui leur constitue un petit bénéfice et les encourage à ne pas en laisser sur les arbres”.

1 Cet abandon du bois mort n’est pas sans inconvénients: quelques ouvriers indélicats profitent de cette autorisation pour faire provision de bois vert. Ici comme partout, il faut de la surveillance et une répression salutaire, c’est-à-dire expulsion immédiate de tout homme pris en flagrant délit

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