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Sans doute, toutes les juridictions dont Guéret était le siège « occasionnaient un grand nombre de privilèges et les habitants étaient accablés par de fréquents logements de gens de guerre, et les domaines, par la conduite des équipages », mais la différence entre les deux impositions est peut-être trop forte pour pouvoir s'expliquer par ces motifs.
Du reste, une autre collecte, Saint-Sulpice-le-Guérétois, moitié moins importante que Guéret, puisqu'elle n'avait que 207 feux et 14.810 livres de revenu, fut taxée à
4.305 livres en 1730 4.600 - 1738 4.820 — 1748 5.600 — 1758 5.260 - 1768 5.290 — 1778
Et l'équité n'était pas mieux respectée entre deux collectes placées dans des conditions analogues. Deux exemples suffiront cà le prouver :
lo Clugnat : 12 feux — 930 livres de revenu.
1730 : 330 livres de taille.
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1755 : 410 livres de taille.
Bois-Rougier : 20 feux — 910 livres de i^venu.
1730 : 427 livres de taille. - *
2° Ternat-Bujat, 15 feux — 700 livres de revenu.
1730 : 165 livres de taille.
La Daigne : 10 feux
320 livres de revenu.
1730 : 176 livres de taille.
Les cotes individuelles ne se comprenaient pas mieux, si bien qu'avec les différentes répartitions, les inégalités s'accentuaient.
A Aubusson, en 1734, le rôle fut établi avec assez de détails, et les ouvriers tapissiers furent en général taxés à 40 sols pour leur cote d'industrie. Les femmes devaient toucher un salaire moins élevé que les hommes; elles supportèrent pourtant la même imposition. Certains durent payer 3 livres
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10 sols, comme Etienne Le Nouaud, 6 livres, comme Françoise Dumonteil, et jusqu'à 20 livres, comme Jean Âssolan. La condition de tous les ouvriers devait pourtant être sensiblement la même.
A Cressat, la même année, les deux notaires furent probablement favorisés. L'un d'eux, Louis Lajoix, pour sa maison, grange, écurie, jardin, ne fut taxé qu'à une livre, comme Jacques Mary, manœuvre, pour sa maison et jardin, et le second, Gdbert Delestangt, paya pour sa maison, grange, écurie, jardin, deux livres, alors que Jean Gerbaud et son frère en payaient trois pour leur maison, grange, écurie. La position de notaire n'était pas alors très lucrative, mais elle était certainement supérieure à celle de manœuvre et leurs maisons devaient être aussi confortables que celles des autres contri-
buables.
Le docteur Villard, dans ses Noies sur GuéreO, dit: „ En examinant les cotes des rôles de Guéret pour 1736 et en comparant entre elles ces diverses cotes, on est tout d'abord frappé de ce fait que la base qui sert à établir la taxe de la taille réelle est loin d'être uniforme. En ce qui concerne les maisons, on peut remarquer qu'elles sont imposées suivant une proportion qui varie entre 25, 30 et 40 sols pour 100
. Mémoires de la Société archéologique de la Creuse, 1898, p. 291.
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livres de revenu, sans qu'on trouve dans les indications fournies aucune explication plausible d'une telle différence. La même inégalité proportionnelle s'observe dans l'établissement de la taxe des propriétés non bâties. Il est en elîet facile de se rendre compte que cette dernière taxe oscille entre 30 et 40 sols pour 100 livres de revenu. Une autre particularité, qui mérite d'être signalée, c'est que les maisons, occupées par ceux qui en sont propriétaires, sont chacune uniformément imposées à 20 sols, quelle que soit l'importance de la maison. Cette taxe semble invariableet s'applique aussi bien à une partie, «à un bas» de maison, à une chambre unique qu'à l'habitation la plus vaste.
(( Quant à la taxe d'industrie ou de commerce, elle est toujours incorporée à la cote personnelle et confondue avec elle, de telle sorte qu'on se trouve en présence de difficultés insurmontables pour l'apprécier et établir la proportion suivant laquelle le revenu commercial ou industriel est imposé. Une autre observation mérite d'être consignée : les ouvriers d'une même profession, locataires, ne possédant d'autres ressources signalées que le produit de leur travail, sont assujettis (( pour leur métier et cote personnelle » à des taxes très variables... De ces diverses constatations que conclure, sinon qu'à Guéret, comme du reste partout ailleurs, l'arbitraire
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tigissait en maître dans la répartition de la Taille? »
Pour terminer, nons allons citer un article du Mémoire du sieur de Péronny au duc d'Orléans» :
Art. 3. — « De la Taille, dixième capitation qui est imposée en France : Je vous dirai en temps et lieu que le roi ne tire que la moitié de sa taille qui est imposée actuellement, parce que les domaines des bourgeois ne sont point chargés de taille. Elle est presque toute imposée sur les pauvres. Un pauvre petit laboureur qui ne pourra tenir que trois ou quatre vaches, aura 40, 50 écus de son bien. Un bourgeois qui tient dans son domaine huit bœufs, douze vaches, n'aura pas tant comme celui qui ne tient dans son domaine que quatre vaches, et il est forcé à beaucoup de pauvres gens d'abandonner leurs biens pour la taille. »
Le sieur de Péronny oubliait que la Taille était un impôt de répartition. Ce n'était donc pas le roi qui était lésé. Il en retirait toujours, au moins approximativement, la somme qu'il avait tixée.Mais c'est le paysan qui était écrasé injustement par les asséeurs de la Taille, et à ce point de vue l'observation du précédent rapport conserve toute sa valeur.
Il ressort de là que la Taille, si elle avait été répartie équitablement, aurait pu donner un produit encore plus élevé et paraître pourtant moins lourde aux contribuables.' c
' Duval, Cahiers de la MarchCy page 132.