I- ELECTION DE I.ÉOPOI.l
l'accepter; nous ne nous déciderions à partir qu'après woir obtenu quelque certitude à cet égard. » La question est bien grave, nous dit le prince, et puis la multiplicité et l'importance des affaires du moment m'ont empêché de voir qui que ce soit ; il me serait difficile de vous donner une réponse aujourd'hui. Du reste, toute mon ambition est de faire le bonheur de mes i semblables. Quoique jeune encore, je me suis trouvé dans tant de positions singulières et difficiles, que j'ai appris à ne considérer le pouvoir que sous un point de vue philosophique. Je ne l'ai jamais désiré que pour faire le bien et un lien qui reste. Si certaines difficultés politiques, qui me semblaient s'opposer à l'indépendance de la Grèce, n'avaient surgi, je me trouverais maintenant dans ce pays, et cependant je ne me dissimulais pas quels auraient été les embarras de ma position. Je sens combien il est désirable pour la Belgique d'avoir un chef le plus tôt possible; la paix de l'Europe y est même intéressée, n
» Dans la conversation, le prince nous a fait un grand éloge de Louis-Philippe; il nous a parlé de son intime liaison avec lui, de l'intérêt qu'il porte à la Belgique, de la nécessité qu'il y a pour nous de conserver des relations d'amitié et de bon voisinage avec la France, relations qui doivent être intimes, mais non pas exclusives. «
Les députés finissaient leur rapport par ces mots : « Nous avons lieu d'être satisfaits et d'es-
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pérer que notre mission ne sera pas sans succès. »
Dans une lettre particulière, également adressée à M. Lebeau, Vilain XI1II ajoutait les détails suivants :
« Voici 3 '/s heures. Nous sortons de chez le prince. Après un rapport officiel et général, je reprends la plume pour vous faire part de mes opinions particulières.
« Le prince est un grand bel homme. Son abord semble sévère au premier moment, mais bientôt une affabilité douce et pour ainsi dire triste et pénétrante prend le dessus Son front est haut, sa tête belle, et sa figure retrace un beau portrait de Van Dyck. Voilà pour son air; voici pour les sentiments qu'une première entrevue m'a permis de pénétrer. Le rapport officiel vous donne desfaits, cette lettre ne peut que vous faire part de mes prévisions: elles me donnent quelques garanties que le prince acceptera, mais qu'il désire avant tout de se concerter avec les ministres et de se pénétrer de la vraie position de la Belgique. Nos renseignements lui seront en ce dernier point d'un grand secours, et déjà la constitution, le rapport de Van de Weyer ('),
Le 30 mars, M. Van de Weyer, en sa qualité d'ancien