ENTREE
10 novembre. — La température est toujours à 37°, on entend quelques râles crépitants au sommet du poumon droit. À partir de ce jour la température s’est maintenue à 37°, le pouls a
été normal ct les râles ont diminué progressivement. Ce malade est actuellement en bonne voie de guérison.
Conclusion. — L'électrargol a abaissé nettement la température et paraît avoir jugulé l'infection.
PB. — Grippe
L'emploi de l’électrargol dans la grippe a donné des résullats également remarquables.
« J’ai essayé l'argent colloïdal dans une quinzaine de cas de grippe grave, dit le docteur Iscovesco, j'ai toujours employé la méthode intra-musculaire ; les doses ont varié entre 10 el 30 cc., j'ai observé que dans ces conditions on n’a jamais les suites asthéniques que l’on observe dans la grippe. De plus on n’a jamais de complications, la défervescence se fait tantôt brusquement et tantôt lentement suivant les doses emplovées. »
OBSERVATION IV (personnelle.)
Grippe à forme thoracique. — Pneumonie double. — Guérison.
Jean C..., prêtre, âgé de quarante-neuf ans, entré à l'hôpital Saint- Jacques le 17 juillet 1908, chambre des payants.
J1 y a quatre jours, subitement, notre malade a été pris d’une violente céphalalgie avec fièvre, frissons, état syncopal et n’a fait appeler
un médecin que la veille de son entrée à l'hôpital. Ce dernier a porté
je diagnostic de dothiénentérie et a conseillé à notre malade d'entrer à l'hôpital pour pouvoir suivre le traitement par la balnéation.
A notre contre-visite nous constatons que le pouls est petit, filiforme, à 108, la température est élevée 39°9,.
Les bruits du cœur sont sourds, à l’auscultation des râles crépitants à la base du poumon gauche. La langue est un peu saburrale et le malade se plaint surtout d’un violent mal de tête.
Un peu de gargouillement dans la fosse iliaque droite ; pas de diarrhée, pas de taches lenticulaires.
Dans la soirée nous pratiquons une injection sous-cutanée d’électrargol de 10 centimètres cubes.
18 juillet. — La feuille de température nous indique 395 ; le pouls est à 112. Dans la soirée la fièvre est très élevée : 40°1.
Les râles crépitants de la base du poumon gauche sont plus nombreux ; en auscultant la base du poumon droit nous constatons quelques râles crépitants. Nouvelle injection Ge 15 centimètres cubes d’électrargol.
19 juillet. -— L'état général est meilleur. Le pouls est à 100. la température est à 39 le matin, 388 le soir.
A l’auscultation, bouffées de râles crépitants aux deux bases du poumon, pas de soufile. Nouvelle injection de 10 centimètres cubes d’électrargol.
20 juillet. — La température est descendue à 387 le matin, et à 3895 le soir. Le pouls est régulier, bien frappé. Bruits du cœur normaux. Nouvelle injection de 10 centimètres cubes d'électrargol.
21 juillet — La température s’abaisse à 3703 le matin, et 37° le soir.
24 juillet. — Température 35°8.
27 juillet. — Température 37°. Les râles ont complètement disparu à la base des deux poumons. -
Le 4 août le malade quitte l'hôpital complètement guéri.
Conclusion. — La température a été nettement influencée par les injections d’électrargol qui ont amené aussitôt une sorte d’euphorie.
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OBSERVATION V (personnelle)
Grippe à forme nerveuse. — Pseudo-méningite. — Guérison.
Auguste B…., âgé de douze ans, entré à l'hôpital Saint-Jacques, salle Saint-Vincent, lit no 17, le 25 juillet 1908.
Nous apprenons par ses parents que notre petit malade a eu, il y a deux ans, une bronchite.
Depuis quelques temps il ne s’amusait plus comme d'habitude avec ses Camarades, mais les parents ne peuvent préciser la date du début de l'affection.
Lorsque nous lui demandons de quoi il se plaint, il porte la main à sa tête. Il souffre d’une grande céphalalgie. En dehors de la tête rien ne lui fait mal.
La température est à 400, le pouls à 100.
Le signe de Kernig est à peine ébauché.
Constipation et vomissements la veille de son entrée à l'hôpital.
Pendant la nuit cris hydrencéphaliques et somnolence.
26 juillet. — Nous constatons de la photophobie et une attitude très nette en chien de fusil.
Au sommet du poumon droit quelques ràles erépitants.
‘Nous injectons 5 centimètres cubes d'électrargol dans les muscles fessiers.
27 juillet. — La température étant encore très élevée (395), nous injectons 15 centimètres cubes d’'électrargol.
28 juillet. — La température s'est abaissée à 375. Notre petit malade ne crie plus, ne se p'aint plus de sa tête, el demande à manger.
Il a une selle normale.
Plus de photophobie, et position dans le décubitus dorsal. En faisant tousser notre petit malade nous ne constatons plus de râles crépitants.
A partir de cette date la température a oscillé autour de 37°, etle
malade est sorti de l'hôpital quelques jours après.
Conclusion. — Les injections ont encore amené un change-
NS ee
û r Fr r . r : » = ; ment subit de l’état général, ont abaissé la température d'une facon indiscutable et nous ont permis d’écarter immédiatement toute idée de méningite.
OBSERVATION VI (personnelle) Grippe à forme gastro-intestinale. — Pseudo-appendicite aiguë. Guérison
Elie R..., employé de commerce, âgé de dix-sept ans, entré à l'hôpital Saint-Jacques le 3 juillet 1908, salle Saint-Vincent, lit no 14. Il y a quatre jours, a été pris subitement d’une grande céphalalgie
avec lassitude générale, constipation et vomissements.
A notre contre-visite l'examen de ce malade nous permet de constater une douleur exquise au niveau du point de Mac Burney, un empâtement de toute cette région avec défense musculaire très grande. Douleur à la pression dans-tout l'abdomen.
Constipation et vomissements bilieux, verdâtres. Température 39, pouls 100. Céphalée intense, avec sensation de vertige.
Injection de 20 centimètres cubes d’électrargol.
4 juillet. — La température est deseendue à 37°, le pouls est à 92.
La douleur au niveau du point de Mac Burney est légère, la défense musculaire est abolie.
Pas de vomissements, pas de céphalée.
5 juillet. — Selie normale. La région appendiculaire est à peine douloureuse à la pression ; on peut facilement déprimer la paroi abdominale et le palper de cette région ne fait constater rien d’anormal.
6 juillet. — Les douleurs de l'abdomen ont complètement disparu et not'e malade se croyant entièrement guéri, nous demande à se lever.
La température descend les jours suivants jusqu’à 35° pour remon-
ter ensuite à 37°.
Conclusion. — Tous les symptômes douloureux ont rétrocédé
pate.
sous l'influence de l'injection d'électrargol qui a abaissé subitement la température.