‹ L'ElectrargolChapitre 25 sur 30 · C. — Méningites cérébro-spinales · texte numérisé non relu

C. — Méningites cérébro-spinales

M. Paul Laurens a publié l'observation d’une méningite à entérocoque d’origine otique guérie par l’électrargol.

Pendant 9 jours il a fait 7 injections intra-veineuses de collargol et deux d’électrargol, puis des injections intra-rachidiennes d'électrargol à la dose de 5 cc.

OBSERVATION VII (personnelle)

Méningite cérébro-spinale. — Mort.

Charles N..., âgé de 24 ans, employé à la Cie des chemins de fer du Midi, entré à l’hôpital St-Jacques le 9 octobre 1908, salle St-Vincent, lit no 13.

La famille veut bien rous apprendre que sa mère et son frère sont morts « de la poitrine ».

Lui-même a eu une bronchite, il y a deux ans.

Depuis 5 jours il a de la fièvre et des douleurs de tête atroces qui rendent tout sommeil impossible.

Du 4 au 9 octobre vomissements verdâtres. Pas de diarrhée.

Examiné par nous dès son entrée, ce malade paraît avoir l'intelligence intacte ; quoique très fatigué il répond très nettement aux questions que nous lui posons.

Etat somnolent, respiration normale, pouls à 80, rien d’anormal au cœur et aux poumons.

La température est à 38° et le malade se plaint d’une grande céphalalgie.

10 octobre. — Durant toute la nuit, délire violent, agitation extré-

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me. Le malade est couché dans son lit dan; la position dite «chien de fusil », les muscles de la nuque et de la colonne vertébrale sont contracturés.

Le signe de Kernig est très net.

Il ne répond plus aux questions qu’on lui pose et prononce des paroles incohérentes.

Le pouls est à 100, la température à 38°.

Les mains sont sans cesse agitées de mouvements et il y a rétention d'urine.

La photophobie est intense, le ventre légèrement rétracté.

Nous pratiquons une injection sous-cutanée de 15 centimètres cubes d’électrargol.

11 octobre. — La méningite cérébro-spinale s’accuse franchement, la température est à 37°5 le malin, 380 le soir, le pouls à 112. Injection intra-veineuse de 10 centimètres cubes d’électrargol.

12 octobre, — Le pouls monte à 140, la température est toujours à 38°. Le délire est violent, la constipation opiniâtre et les signes de méningite cérébro-spinale sont nettement accusés. Il y a du strabisme.

Nous pratiquons dans la soirée une ponction lombaire, suivie d’une injection intra-rachidienne de 8 centimètres cubes d’électrargol; nous recueillons 10 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien qui est trouble au moment où il s'écoule, mais qui s'éclaireit par repos dans le tube en formant un dépôt.

Une heure après l'injection intra-rachidienne la température s'élève de 38° à 3806, deux heures après elle est à 39%1, 3 heures après à 3908, 4 heures après à 40°5.

13 octobre. — La température est à 36°, le pouls petit, très rapide. Le malade meurt devant nous dans le coma vers 7 heures 1/2 du

matin.

Conclusion, — L'injection intra-rachidienne a été suivie d’une réaction intense, caractérisée par une élévation de température de 205. Celle observation démontre qu'on ne doit pas dépasser la dose de 5 cc. en injection intra-rachidienne

qui doit être pratiquée dès le début de la méningite céré-

bro-spinale.

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OBSERVATION VIII (personnelle)

Méningite tuberculeuse. —— Mort.

Jean B..., âgé de 8 ans, entré à l'hôpital St-Jacques le 27 juin 4908, salle St-Vincent, lit n° 18.

Depuis quelques jours, il a eu de la céphalalgie, des vomissements et une constipation opiniâtre.

Nous constatons, à son entrée à l'hôpital que notre petit malade est en pleine période de dépression, il est plongé dans une sorte de torpeur ; il répond péniblement aux questions qu’on lui pose. Le ventre est creusé en bateau.

La fièvre est très élevée 40°, le pouls à 112.

Injection de 5 centimètres cubes d’électrargol dans les muscles fessiers. |

28 juin. — Température : matin 3804, soir 39°6. Pouls : matin 120, soir 128. Injection de 5 centimètres cubes.

29 juin. — Température : matin 38°5, soir 381. Pouls, matin 116, soir 124. Injection de 5 centimètres cuses d’électrargol.

30 juin. — Température : matin 37e, soir 38. Pouls, matin 114, soir 124. Injection de 5 centimètres cubes d’électrargol.

Ler juillet. — Température : nratin 37°, soir 37°6. Pouls, matin 120, soir 132.

2 juillet. — Température : matin 38°6 soir 38°. Pouls, matin 190, soir 128. Notre pelit malade étant plongé dans le coma, nous cessons les injections d’électrargol.

Le 6 la température est remontée à 39° 4, le 7 à 40° et notre petit

malade meurt.

Conclusion. — L'électrargol n’a eu aucune influence sur Ia marche de la maladie qui a évolué normalement. Mais les injections ont abaissé la température qui est remontée après

cessation du traitement.

D. — Tuberculose pulmonaire

Fous les auteurs expriment l'opinion que l’électrargol ne semble avoir aucune influence sur la marche de la tuberculose quelle que soit sa forme.

Nous avons essayé les injections d’électrargol dans 5 cas de tuberculose pulmonaire; nous n'avons obtenu aucun résullat satisfaisant.

E. — Rhumatisme articulaire aigu.

M. Cawadias a employé avec succès l’électrargol dans le rhumatisme articulaire aigu.

OBSERVATION IX (personnelle).

Rhumatisme articulaire aigu.— Guérison.

Pierre G .., âgé de 40 ans, cultivateur, entré à l'hôpital Saint-Jacques le 19 juillet 1908, salle St-Vincent, lit n° 10.

Ce malade est soigné par nous depuis son entrée pour une pleurésie séro-fibreuse. La thoraceatèse ayant été pratiquée par nous, la fièvre est tombée.

15 juillet, — Il est pris de douleurs violentes, lancinantes, au niveau des articulitions du coude, du poignet, et de l'épaule à droite; les mouvements de la têle sont très douloureux. La température est 39%.

16 juillet. — Les douleurs rhumatismales sont généralisées à toutes les articulations; la température est très élevée, 40”. Nous pratiquons

une injection sous-cutanée de 15 ce. d'électrargol.

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17 juillet. — La température est descendue à 38°. Les mouvements imprimés aux différentes articulations sont beaucoup moins douloureux.

Le 20 juillet. — Les fluxions articulaires reparaissent ct le rhumatisme articulaire reprend son cours. La température est très élevée : 39. Nous pratiquons une nouvelle injection de 15 cc. d’électrargol.

22 juillet. — La température est descendue à 37”, les douleurs articulaires ont beaucoup diminué d'intensité.

23 juillet. — Les douleurs articulaires ont presque totalement disparu.

Conclusion. — L’électrargol a été la seule médication employée et les injections ont produit chaque fois un abaissement de la température et une diminution très grande des phénomènes douloureux.

Nous avons pratiqué des injections d’électrargol dans un autre cas de rhumatisme mono-articulaire; la tempéralure a été abaïissée, mais les phénomènes inflammatoires et douloureux n’ont pas paru rétrocéder sous l'influence de cette médication.

F, — Fièvre typhoide

A la Société de Biologie, M. Gaillard a exposé les résultats qu'il a obtenus en traitant cinq malades atteints de fièvre typhoide, par des injections intra-veineuses d'argent colloidal électrique à petits grains isotoniques. Chez ces malades le séro-diagnostic avait été positif.

Lorsqu'on emploie des doses suffisantes une demi-heure après l'injection, on a un tremblement généralisé et une cyanose qui dure quelques minutes.

Gaillard conseille de ne commencer pour les injections intra-veineuses que par des injections de 5 cc. à cause de l’abaissement considérable de température.

Ces cinq malades ont guéri très rapidement.

Le professeur Carrieu de Montpellier cite un cas de guérison de fièvre typhoïde compliqué de méningite. La conclusion est la suivante: avant, mort imminente, méningite et coma; après, tremblement, crise urinaire, soulagement presque immédiat, diminution de la céphalée, etc.

MM. Bousquet et Roger dans le « Montpellier médical » publient l’observation d’une malade atteinte de dothiénentérie à forme pypertoxique et à lésions intestinales gangréneuses. Les

injections sous-cutanées, rachidiennes et intra-veineuses ont produit une amélioration légère de quelques symptômes, mais. la mort n’a pu être évitée au seizième Jour.

G. — Angines diphtériques 1

Une angine ulcéro-gangréneuse grave à bacille de Lôffler et staphylocoque a été traitée par MM. Bousquet et Roger au moyen de sérum antidiphtérique et d’électrargol. La fillette âgée de quatre ans et demi est sortie guérie du service du professeur Carrieu. « Ne semble-t-il pas, disent ces. auteurs, qu'en présence d'une telle intoxication envers la- 1. quelle le sérum antidiphtérique seul semblait impuissant, que l’électrargol combiné à la sérothérapie a permis la victoire dans cette forme où tant de symptômes faisaient porter un pronostic fatal à brève échéance? »

H. — Scarlatine Iscovesco a rapporté au congrès de Médecine de Paris

(octobre 1907), deux cas de scarlatine guéris par les injections intra-musculaires d’électrargol.

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