‹ L'ElectrargolChapitre 27 sur 30 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Mad..., ébéniste, âgé de 42 ans, entré le 11 mai 1997 à l'hôpital Saint- Antoine, salle Louis.

I se plaint de pouvoir à peine marcher et de ressentir de violentes douleurs lombaires.

Rien à relever dans ses antécédents familiaux, il est célibataire, sans enfants.

Il n'est pas éthylique et n'a jamais eu d’autres affections qu'une syphilis contractée il y a quatre ans et soignée à l'hôpital Ricord,

pendant trois ans par des pilules mercurielles,.

Dore

Vers la fin du mois de décembre 1996, le malade en très bonne santé jusqu'alors, ressentit des fourmillements et des picotements dans les membres inférieurs. Bientôt il éprouva une certaine raideur des jambes, des douleurs en ceinture, surtout lombaires, particulièrement accentuées la nuit et empêchant tout sommeil. Il put néanmoins continuer à marcher, mais en boitant jusque vers le milieu du mois d'avril.

A ce moment les douleurs lombaires qui avaient toujours persisté devinrent plus vives et s’accompagnèrent de courbatures et de céphalalgies. Un matin le malade en descendant de son lit se trouva dans l'impossibilité absolue de se tenir sur ses jambes. Au bout d’une demi-heure, les mouvements redevinrent possibles quoique très pénibles. Cet accident le décida à venir consulter à l'hôpital. Malgré des bains sulfureux et nombreux siphonnages, la faiblesse des jambes augmenta et les membres inférieurs devinrent le siège d'un tremblement accentué.

De nouvelles crises semblables à la première survinrent, ce qui obligea le malade à marcher le long des murs pour y trouver un appui. C'est dans ces conditions qu'il entra à l'hôpital.

Debout le malade setient les talons écartés et on observe une légère trépidation. Il marche en festonnant et en talonnant.

Il se laisse tomber pour s'asseoir. Dans son lit il s'assied diflicilement et ne peut prendre la position assise, les jambes étendues.

I n'y à pas d’atrophie musculaire appréciable, les mouvements volontaires sont possibles. Les réflexes patellaires et achilléens sont très exagérés surtout à droite ; ébauche de trépidation épileptoïde. Le signe de Lasègue est des plus nets. On note l'absence du signe de Babinski. Les réflexes radiaux el oléocraniens sont également exagérés.

Les pupilles réagissent nettement à la lumière et à l’'accommodation.

Le malade éprouve des douleurs spontanées vives dans la région lombaire ainsi que dans la région fessière à l’origine des nerfs sciatiques.

Ces douleurs exacerbées la nuit rendent le sommeil impossible. La douleur existe sur le trajet des nerfs sciatiques aux points de Valleix. Il n’existe pas de zones d’anesthésie, ni de retard de la perception.

La sensibilité est normale dans tous ses modes. Aucun trouble vésical,

Nr ee . Au point de vue psychique, le malade est un neurasthénique avec grande instabilité mentale, incapable de rester longtemps au même endroit. |

Le 17 mai, on lui fait une première injection intra-rachidienne de 5 centimètres cubes d’électrargol.

Le liquide céphalo-rachidien sortait en jet et contenait à ce moment 70 lymphocytes par champ.

Cette première injection est un peu douloureuse, elle détermine de la céphalée et une élévation de température qui est, d’ailleurs, normale après les injections de ce genre.

Les jours suivants, l’état du malade est très amélioré, on lui fait alors une injection intra-veineuse d’électrargol le 22 mai, et le 28 mai une nouvelle injection intra-rachidienne de 2 centimètres cubes d’électrargol.

Le 29 mai, le malade se sentant bien demande à sortir, les douleurs. sont très atténuées, le sommeil est redevenu possible. La marche est à peu près normale, le malade talonne pourtant encore légèrement.

Après sa sortie de l’hôpital, Mad... peut travailler, mais il revient de temps à autre, car il éprouvait encore quelques légères douleurs le long du nerf sciatique surtout au point trochantérien, le signe de Lasègue est positif des deux côtés.

On lui fait ainsi, de temps en temps,.le 13 juillet, le 25 juillet, le 30 octobre, de nouvelles injections intra-rachidiennes d’électrargol qui, chaque fois, l'améliorent et qui sont bien supportées tout en déterminant toujours une forte élévation thermique.

Parallèlement à l’amélioration clinique, on constate une diminution constante du nombre des lymphocytes dans le liquide céphalo-rachidien:

Le 2 janvier, on lui fait une dernière injection de 1 ec. Il semble guéri cliniquement et sa réaction céphalo-rachidienne qui était de 70 éléments par champ à l'entrée, qui était tombée progressivement à 25 éléments le 25 juillet, à 10 le 30 octobre, est à peu près normale le 2 janvier puisqu'il n'y a plus qu’un à deux éléments par champ (une dizaine dans toute la préparation).

La guérison s’est maintenue depuis, le malade, revu le 21 avril 4908, était en parfaite santé. La réaction rachidienne était de 1 à 2 éléments

par champ en moyenne.

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