SOCIÉTÉ ANONYME DES HAUTS-FOURNEAUX DE MAUBEUGE
Ce groupe électrogène [fig. 22), entièrement construit et étudié dans les ateliers de la société anonyme des Hauts-Fourneaux de Maubeuge, se compose d’une dynamo multipolaire, type cuirassé, commandée directement par un moteur à vapeur monocylindrique pouvant développer 500 chevaux.
La dynamo, d’une puissance de 280 kilowatts à la vitesse angulaire de 120 tours par minute, peut débiter 1 120 ampères sous 250 volts.
Le système inducteur est constitué par une carcasse annulaire en acier coulé, en deux pièces, munie de 12 masses polaires, disposées radialement à l’intérieur de l’anneau, et de deux fiasques, une sur chaque face, percées d’ouvertures de ventilation. L'anneau, les masses polaires et les fiasques sont d’une seule coulée {fig. 22, 23 et 24).
Les masses polaires, en forme de fer à cheval, comportent chacune deux noyaux et deux bobines excitatrices; ces dernières, en fil de cuivre de 4mm de diamètre, roule sur une carcasse isolante, sont faites d’avance sur gabarit, puis enfilées sur les noyaux sur lesquels elles sont maintenues par des épanouissements polaires. Toutes les bobines sont reliées en série et
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Fio. 22. — Groupe électrogène de la Société des Hauts-Fourneaux de Alaubeu;
L’ÉLECTRICITÉ A L’EXPOSITION les connexions sont établies de telle sorte que chaque masse polaire présente un pôle nord sur l’un de ses noyaux et un pôle sud sur l’autre. Dans ces conditions, les polarités des diverses pièces se suivent alternativement de deux en deux, c’est-à-dire qu’il y a deux pôles nord consécutifs, puis deux pôles sud, etc. En outre, les deux pôles semblables consécutifs appartiennent chacun à une masse polaire différente. Cette disposition a pour but de créer des réluctances qui s’opposent à l’établissement des flux de réaction d’induit dont les effets se trouvent ainsi notablement diminués.
La dynamo est excitée en dérivation et consomme 10 ampères pour son excitation.
L’induit est un anneau Gramme-Paccinotti multipolaire avec 288 sections groupées par six en parallèle. Le noyau de l'induit, feuilleté et denté, est monté sur un volant à six bras doubles, dont le moyeu n’est pas claveté sur l’arbre moteur. L’entraînement s’effectue par un accouplement élastique, système Zœdel, qui relie l'induit au volant du moteur.
Les 288 entailles du noyau sont presque fermées et reçoivent chacune trois spires en câble souple de 65 mm2 de section, isolé par des tresses .de coton et imprégné d'une solution de gomme-laque. Le collecteur comporte 288 lames en cuivre rouge isolées au mica.
Le courant est recueilli par 12 séries de 6 balais en charbon. Les tiges porte-balais sont montées sur une étoile mobile que supporte le palier extérieur de la machine. On peut faire varier le calage des balais à l’aide d’un secteur denté fixé sur cette étoile et que commande une vis sans fin actionnée par un petit volant.
Le moteur à vapeur horizontal est du système lloyois.
Le cylindre a 750 mm de diamètre, et la course du piston est de 70 cm. La pompe du condenseur est actionnée parla tige prolongée du piston.
La pression dans la canalisation de vapeur de l’Exposition étant d’environ 10 kg : cm'2 et le moteur fonctionnant avec une pression à l’admission de 7,5 à 8 kg : cm3, ce groupe électrogène est alimenté par l’intermédiaire d’un détendeur de vapeur.
La distribution s’effectue au moyen de soupapes équilibrées pour l’admission et de tiroirs à grille pour l’échappement. Les soupapes, logées dans les fonds du cylindre afin de réduire au minimum les espaces nuisibles, sont commandées par des tringles à mouvement alternatif rectiligne, actionnées directement par les virgules de déclic du régulateur à force centrifuge système Porter. Les tiroirs d’échappement sont commandés par des excentriques calés sur un arbre longitudinal ; cet arbre, entraîné par des pignons dentés à la même vitesse que l’arbre moteur, est perpendiculaire à ce dernier. Tous ces mouvements de commande ont une très faible amplitude, ce qui permet d’atteindre, grâceà leur faible inertie, une vitesse angulaire plus grande que celle que l'on obtient avec les autres systèmes à déclic.
COMPAGNIE GÉNÉRALE ÉLECTRIQUE DE NANCY (MEURTHE-ET-MOSELLE) ET SOCIÉTÉ DES INDUSTRIES