POSTES TÉLÉPHONIQUES
D.ans la téléphonie domestique ou privée, le cas le plus général est celui de deu\ postes reliés entre eux d'une manière permanente, comme, par exemple, un bureau et un atelier, une usine et la maison d'habitation du directeur, un château et le gardien de la grille d'entrée, etc.
Comme les téléphones à pile ont surtout pour but de satisfaire aux besoins d'une ligne un peu longue, il ne faut pas songera faire usage d'un grand nombre de fils, on en placera donc deux au maximum, et souvent un seul, formant fil de retour.
Dans ces conditions, on devra forcément faire usage de cornmutateiirs pour que, dans la période d'attente, la ligne corresponde avec la sonnerie; dans la période d'appel , la pile du posteappelant communique avec la ligne, etquedansia période de communication, les appareils téléphoniques soient en relation entre eux par l'intermédiaire de la ligne.
Dans les premiers postes téléphoniques, toutes ces communications se faisaient à la main, par la manœuvre d'une manette; mais on préfère aujourd'hui la commutation automatique qui évite bien des erreurs ou des oublis.
Tous les postes actuels sont établis sur ce principe que Tinterlocuteur laisse son téléphone pendu à son crochet tant qu'il n'a pas besoin de parler, et qu'il le suspend de nouveau à sa place dès que la conversation est terminée. Un homme pratique dont le nom nous échappe a même conseillé un petit truc fort simple, pour qu'un oubli de ce principe n'ait pas de graves conséquences. A cet effet, il fixe le cordon qui suspend le téléphone au s^upport qui forme commutateur automatique, de telle manière que si l'interlocuteur oublie de remettre le téléphone h sa place, le poids de l'appareil suspendu à son cordon produit absolument le même effet, au point de vue de la commutation automatique des communications, que si l'oubli n'avait pas été commis.
Chaque poste comprend :
1° Une pile de quelques clcments Leclanché à agglomérés qui scrventàla fois àla manœuvre de la soQDcried'appeletau transmetieur; 2° Une sonnerie d'appel ; 3° Un bouton d'appel ;
4* Un transmclteur devant lequel on parle ; 5' Une bobiae d'induction ordinairement dissimulée dans le socle ou la boite de l'appareil ; 6° Ub ou deux téléphones récepteurs magnétiques.
Poste Dnnand. — Tous les appareils sont symétriquement groupés sur une planchette d'où partent quatre fils, deux à la pile et deu\ à la ligne; le microphone, du système Duaand, est fixé sur la botte même de la sonnerie, le bouton d'appclest à la partie inférieure, et les récepteurs sont deux lélépliones Bell, modèle Trouvé; c'est la manœuvre du téléphone de droilequ'i produit la commutation automatique.
Poste Crossley. — Dans le poste téléphonique de M. Crossley (fig. 47), le bouton d'appel est en avant de la hotte qui renferme tout le système, la sonnerie en N vers la gauche, le commutateur ù crochet en C sur la droite, et l'embouchure à la partie supérieure. On voit en A (fig. 47] la disposition des charbons en losange et leur groupement en deux dérivations comprenant cliacuno quatre contactsen tension.
Poste Ader portatif. — Un modèle très pratique est la poste téléphonique portatif de M. Ader (fig. 48). Le pied porte It^ boutun d'appel, le transmetteur en forme de pupitre et les deu:::::^
récepteurs Ader. Des fils souples de longueur convenable formaotune tresse éUiblissent les communications entre la pile, la sonnerie filée en un point donnù de l'appartement et la ligne, t'Ipi'rmeLlentun certain déplacement de l'appareil transmetteur.
Poste Paul Bert et d' Arsonval. — Ce système est carac-
r lérisé par ce fait que les crayons de charbon du transmetteur
sont entourés d'une petite feuille de fer blanc; un aimant placé
à distance agit sur ces feuilles suivant sa distance et produit
• ùasi un réglage magnétique qui permet au transmetteur de
[• MHS:
78 L'^LECTRlCfTË DANS LA MAISON.
fonctionner dans toutes les positions. Ce réglage magnétique ^ permis à M. d'Arsonval de construire un transmetteur qu'o" tient à la main tandis que les autres pièces qui composent 1^ poste sont lîxées dans une petite boite suspendue au mur.
Postes simplifiés. — Sous ce nom, la Compagnie général^ des téléphones construit de petits postes destinés plus spécialement aux installations privées et d'un prix plus abordable pour les amateurs. La figure 49 représente l'un de ces postes. On a briséà dessein la plus grande partie de la planchette du pupitre devantlequel on parle, pour en montrer la disposition intérieure. Le transmetteur est toujours un microphone système Ader à dix charbons ; labobined'induction et le commutateur automatique sont disposés au-dessous, dans le corps du pupitre : le bouton d'appel est placé en avant, au point où serait la serrure d'un pupitre ordinaire. Toutes les communications sont donc intérieures. Le montage du poste est très simple, il ne comporte en effet que huit attaches nettement indiquées : deuï pour la ligne en L, deux pour la sonnerie locale en S, deux pour la pile locale du téléphone, et deux pour la sonnerie d'appel, placées en dessous du pupitre.
La manœuvre et le fouclîonnement du poste siinplifié sont absolument idcntiqucsà ceux du poste ordinaire; lorsque le téléphone de droite est accroché, le poste est sur laposition d'attente ou d'appel ; lorsqu'on le prend à la main, le levier de suspension se relève et établit les communications sur le téléphone.
11 nous reste enfin à décrire le téléphone récepteur repré-
LA TÉLÉPDONIE DOXESTIOl'E- 'S
sente figure 50, eo coupe et êlétatioD. La partie principale et nouTeUe de ce tétéphooe est Taimant (Gg. 51). Cet aîmanlse compose d'uoe bague d'acier porlaal deux pas de vis et deux bras ea équerre qui constiluent les pôles sur lesquels vieanent se fixer deui bobines aplaties rnootées eo tension et reliées à la ligne à l'aide d'un cordon souple. L'aimant circulaire a ses deux pôles
lélô phonique simplifié.
sur UQ même diamètre, en regard des pièces en fer doux en équerre qui les prolongeât; la distribution uingnôlique est la même que dans ta boussole circulaire de M. Ducbeniin. Sur le pas de vis inférieur est fixé un couvercle poilant un anneau qui sert à la suspensioQ du téléphone ft son crochet, pendant l'atteole : lepas devissapérieursert à maintenir le couvercle, l'em- Itoucbure et la plaque vibrante. On règle la dislance de cette
plaque aux pôles en ÏDtercalaat entre la plaque et le couvercle
Fig. 50. — Téléphone récepteur à tinunt circulaire.
une rondelle en laiton d'épaisseur convenable. Le téléphona
Fig. il
circulaire du téléphone récoptODr.
ainsi construit constitue un ensemble compact, rigide et que rien ne peut dérégler.
Montag:e de deux postes téléphoniques. — La Ggure52 indique la liaison qu'il faut effectuer entre les différentes parties qui constituent deux postes téléphoniques complets : piles, traos-
LA TÉLÉPHONIE DOMESTIQCE. 81
metteurs, récepteurs et sonneries. Le nombre des éléments nécessaires au fonctionnement des sonneries est Tariable aTec la distance, tandis que celui des éléments destinés au système microphonique varie très peu avec cette distance : trois éléments Leclancbé en tension en général.
Poste téléphoniqae Mildé. — Le dernier mot de la simplicité, de Félégance et du bon marché dans les petits postes téléphoniques est sans contredit le poste construit récemment par M. Mildé (fig. 53). Le poste est entièrement mobile et comprend le transmetteur — un microphone d'.Vrgy — fixé sur une