‹ L'électricité dans la maison:Chapitre 24 sur 29 · LES BIJOUX · texte numérisé non relu

LES BIJOUX

Bijoux électriques animés. — M. Trouvé a su tirer un ingénieux parti de l'électricité pour en obtenir des effets nouveaux et souvent imprévus. Voici de charmants bijoux électriques qu*il montrait il y a quelques années aux invités de la belle soirée du

cinquantenaire de l'Kcole centrale à THôtel continental.

Ces bijoux forment toute une famille de petites figurines animées par une pile lilliputienne. Décrivons-en quelques-unes.

La tète de mort placée à droite de l'oiseau sur notre figure 131 est en or avec peinture sur émail, elle a des yeux en diamants et une mâchoire articulée. C'est un bijou qui se porte à la cravate.

Le lapin, aussi d'or, placé à la gauche de l'oiseau, est assis sur sa queue et tient dans ses pattes de devant deux petites baguettes, avec lesquelles il exécute un roulement sur un timbre microscopique d*or. Encore un bijou de cravate.

Un fil conducteur invisible relie l'objet avec la petite pile hermétique de la grosseur d'un cigare et qui se cache dans la poche du gilet (fig. 133). Supposez que vous portiez un de ces bi-

LES RÉCRÉATlOWa ÉLECTRIQUES.

joui sous le menton, si quelqu'un ; jette les yeux, tous glisseï un doigt dans la pocbe de votre gilet, tous faites fooctiouoer la pile, ausutôt la tète de mort roiile des yeux étincelaots et grince des dents, ou bïeo le petit lapia se met à traTailler comme un timbalier de l'Opéra.

La pièce capitale, l'oiseau en diamant que nous aTons associé daDs notre graTure aTec la tète de mort et le lapin, n'est plus un bijou de cravate, mais une ricbe parure animée.

Quand une dame le porte dans sa cbevelure, elle peut à volonté faire battre des ailes à l'oiseau de diamant, par l'intermédiaire d'uB fil caché, que personne ne peut voir.

Plie hermétiqne de M. Trouvé. — Tous les bijoux électriques dont nous venons de parler fonctionnent avec une petite pîle, de très petit modèle, qu'il est facile de disuiQuIer dans la poche d'un gilet ou dans la •îberelure d'une dame. Celle pile est formée d'un couple de zinc et de charbon renfermé dans un étui de caoutchouc durci (ébonite) ■crmaot hermétiquement. Le zinc et le chari>on n'occupent que la moitié supérieure de ''étui, l'autre moitié contient le liquide excitateur.

Tant que l'étui conserve sa position naturelle, le couvercle en haut, le fond eu bas, l'élément ne plonge pas dans le liquide, il n'y a pas production d'électricité, ni dépense par conséquent.

Mais dès que l'étui est renversé ou placé borizontalemeat, la réaction chimique qui engendre le courant a lieu, et se continue tant que l'étui conserve celte position ; au contraire, en redressant la pile, toute fonction cesse : la tôte de mort fait la morte, elle ne roule plus des yeux élincelants ni ne grince plus des dents ; le lapin ne frappe plus sur son timbre, et on dirait que

Fig. 132. — Conpe d'un bijnu électrique et de la pile qui le met «n

l'oiseau a été atteint par la balle meurtrière d'ua chasseur impitoyable.

Btjoux lumineux. — L'apparition des petites lampes à incandescencc n'exigeant que quelques volts et un ampère k peÎDé. a donné de divers câtés à la fois l'idée d'utiliser ces pharetiUTÏ nusculesàla production de nouveaux effets curieux. - '.

Des 1S82, on voyait, au Savoy-Théâtre, des danseuses maniai de petites lampes à incandescence alimentées par de petits acêihmulateurs habilement dissimulés dans leur costume.

Depuis cette époque, ces applications curieuses se sont multipliées et nous ferons connaître celles adoptées aujourd'hui ptr! MM. Trouvé, Scrivanow et Aboilard. , :'

Fig. 133. — Pile hcrmétiqao Trouré (grandeur d'exécution).

Bijoux électriques lumineux de M. Trouvé. — La

figure 134 montre le mode de construction d'un bijou lumiaeux: électrique. La lampeà incandescence est fixée au ceoirede l'ap-! pareil, et, comme le fait bien comprendre notre dessin, tes venM: taillés à facettes forment lentilles el amplifient l'intensité dé. la lumière. Les deux fils conducteurs du courant sont dissimiilés" entre les épingles qui servent de support. Ajoutons enân que. l'objet se' démonte facilement, ce qui permet de renouveler U lampe à incandescence si elle vient à se détériorer.

Pile de poche de M. Trouvé. — La pile employée par: M. Trouvé est constituée par trois couples zinc, charbons (deux charbons pour un zinc), ou un plus grand nombre, suivant les effets à obtenir, plongeant dans une solution de bichromate de potasse renfermée dans une auge en ébonite à compartiments.

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LES RËCRE-^TIONS ELECTRIQUES. â!>'J

Le couvercle qui porte les zincs et les charbons est également enébonite : il est muni d'une feuille de caoutchouc, ce qui détermine une fermeture herméliquc, sous la pression de deu\ bagues en caoutchouc dont l'une est représentée en E. Malgré ces précaulions. des suintemenls du liquide acide peuvent se produire. M. Trouvé en évite les inconvénients en enfermant la pile dans deux enveloppes de caoutchouc durci F et G qui pénètrent

Fig. 135- — (ioupo de IjpiDgle àebcveux (grandeord'exécalioD).

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