‹ L'électricité dans la maison:Chapitre 26 sur 29 · LÀ. PRESTIDIGITATION · texte numérisé non relu

LÀ. PRESTIDIGITATION

Tables parlantes et Insectes électriques. — La facilité merveilleuse avec laquelle l'électricité se prête à la production à distance des effets mécaniques, caloriques et lumineux a fait songer depuis longtemps à son application à certains effets curieux et amusants, auxquels les esprits simples donnent volontiers le nom de surnaturels, à cause de l'impuissance dans laquelle ils sont d'en trouver une explication satisfaisante.

Qui n'a vu, jadis, le coffret pesant de Robert Houdin et le tambour magique de Robin? On sait que ces deux expériences

curieuses sont Tondées sur les propriétés des électro-aimanls. Nous allons faire connaître aujourd'hui deux autres petits systèmes basés sur la même action et qui, présentant d'anciennes expériences sous une forme nouvelle, les rajeunissent en leur donnant un nouvel intérêt.

La première (fig. i40) est une table, présentant l'apparence

Fig. liO. — Tible frappante et parlaate.

d'un guéridon ordinaire, et qui permet de reproduire à volonté l'expérience des esprits frappeurs ou des voix sépulcrales.

Le pied de la table renferme un élément de pile Lectanché de formes ramassées soigneusement dissimulé dans la partie qui relie les trois pieds à la colonne unique. Le plateau de la table est en deux parties : la partie inférieure est évïdée, la partie supérieure est un couvercle mince dont l'épaisseur ne dépasse pas trois è quatre millimètres.

Dans le milieu de la table, au-dessous du plateau, est placé un électro-aimant à deux branches disposé verticalement.

Un des bouts du fil de cet électro-aimant communique avec l'un des pôles de la pile, Tautre bout du fil avec un cercle métallique plat collé contre la partie supérieure de la table formant couvercle; au-dessous de ce cercle métallique et à une petite distance, se trouve un cercle dentelé F relié à Tautre pôle de la pile. Lorsqu'on appuie légèrement sur la lable, le couvercle fléchit, le cercle plat vient toucher le cercle dentelé, ferme le circuit de la pile sur Téleclro-aimant qui attire son armature et produit un coup sec; en soulevant la main, le Couvercle reprend sa position initiale, rompt de nouveau le circuit et produit un autre coup sec.

En faisant glisser légèrement la main sur la table, on fait fléchir successivement le couvercle sur une certaine partie de la circonférence; les contacts et les ruptures de circuit se produisent sur un certain nombre de dents, et le coup sec est remplacé par un roulement plus ou moins énergique, plus ou moins Serré, etc., suivant Thabileté du médium chargé d'interroger les esprits. La table portant avec elle tout le mécanisme qui l'actionne peut être déplacée sans que rien puisse faire Soupçonner l'artifice.

On peut aussi actionner la table à distance en se servant des Conducteurs passant dans les pieds, sous les tapis de la salle, et Communiquant avec une pile dont un compère placé dans une Salle voisine vient fermer opportunément le circuit.

Enfin, substituons à l'électro-aimant un petit récepteur téléphonique et à la pile ordinaire un système micro-téléphonique, tious transformerons les esprits frappeurs en esprits parleurs. Avec un peu d^exercice et d'habitude, il sera facile au compère de transmettre les paroles des esprits en prenant une voix sépulcrale qui complétera l'illusion.

La figure 141 montre une expérience disposée plus spécialement pour la décoration des salons : elle représente des insectes posés sur une plante à laquelle on ne peut toucher sans les voir aussitôt

batlre des ailes comme s'ils Toulaient s'envoler. Ces insectes sont animés par une pile Lecianché dissimulée dans le vase qui supporte la plante. L'insecte lui-même n'est pas autre chose r]u'un mécanisme analogue à celui d'une sonnerie ordinaire. Le corps de l'iasecte forme le noyau d'un électro-aimant droit C. portant un léger retour ,d*équerre à sa partie supérieure, et

Ftg. Ml. — luBBCIes oleclriquos.

devant lequel est placé un petit disque de fer b formant ia lèle de l'animal. Cette tète est fixée sur un ressort, comme l'armalurc des sonneries ordinaires, et elle entraîne les ailes dam son mouvement de va-et-vient, lorsqu'elle est attirée et rclâcliée successivement par l'élcclro-aimant : les interruptions de courant se font à t'aide d'un petit système à Irembleur dont on peut saisir facilement le fouctionnement sur la coupe représentée à

LES BËCHÉATI0N5 ÊLECTHIQL'ES. 367

^ucbe de la figure 141 . Le courant arrive à réleclro-aimonl i)ar [iD AI de euivre fin dissimulé dans les feuilles, et relié au pôle positif de la pile dont le pôle négatif est en relation avec le fond <lu vase.

Le fil venant du trcmbleùr de cliaque insecte arrive jusqu'au food du vase, mais satis le toitcher.line goutte de mercure occupe le fond du vase et peut s'y déplacer librement. Il en resuite que si on prend le vase à la main, la ftoulte de mercure eicessivement jfnobile roulera sur le fond en fermant le circuit successivement sur tes différents insectes et les mettra en mou-

Fig. 143. — Balance d'iuiluclion de M. Iluglips agiplîqi

prcstiiligititj

vement jusqu'à ce que le vase soit remis en place et que la goutte de mercure se soit de nouveau immobilisée.

Expérience de physique amusante faite au moyen de la balance d'induction. — II serait facile d'être très bon prestidigitateur si l'on était bon électricien, en mettant au service de l'art les nombreuses ressources do la science. Kn voici encore un exemple tiré d'un des appareils les plus remarquables de ces dernières années : la balance dinduction de M. iluglics. Cet appareil se prête à un tour fort curieux et amusant que nous avons imaginé et qui sera de nature à intéresser nos lecteurs.

L'expérience consiste à deviner la valeur et la nature d'une

pièce de monnaie, placée à distance dans une boite en bois fermée par un couvercle, sans loucher à la boite et sans même s'en approcher.

L'appareil se compose de deux parties, Tune dissimulée dans la coulisse, représentée sur la gauche de la figure, l'autre d'une sorte de botte en bois, en forme de saint-ciboire, dans laquelle on met les pièces de monnaie dont il faut deviner la nature. Quatre fils conducteurs tressés ensemble relient les deux parties. H va sans dire que si Ton voulait faire le tour d'une façon complète et saisissante, il faudrait dissimuler les conducteurs électriques, ce qui est toujours facile, et supprimer les bornes de la boite en les remplaçant par des contacts placés uu-dessous du socle, de façon à rendre la boite mobile. On pourrait encore suspendre cette boite au plafond d'une salle comme dans l'expérience bien connue du tambour magique.

Dans son essence, l'appareil se compose (fig. 142) de quatre bobines, A, A^ B, B'; les deux bobines B,B' sont placées dans le même circuit par les conducteurs 1,2; ce circuit est complété par une pile P et un appareil interrupteur quelconque 1, par exemple un mouvement d'horlogerie envoyant dans les deux bobines B, B', d'une façon interrompue, le courant de la pile P; les deux bobines A, A' sont aussi reliées entre elles par les conducteurs 3, 4, et l'on intercale un téléphone T dans le circuit. La pile envoie donc des courants interrompus dans les bobines B, B', qui développentdes courants induits dans les bobines A, A', mais Penroulement est tel que l'action de A sur B équilibre l'action de B' sur A', si les bobines sont bien égales, et placées à égale distance. Gomme il est impossible de réaliser ces conditions en pratique, la bobine A est placée sur un support mobile, et Ton régie la distance à l'aide de la vis V. Lorsque les courants induits s'équilibrent bien, le téléphone T, placé dans le circuit de A'A, reste muet.

Si, maintenant que l'expérience est prête, on introduit une pièce de monnaie dans la boite G, l'équilibre sera rompu, à cause de V écran d'induction formé par la pièce de monnaie, et

LES RECRË-ITIONS ÈLECTRIOIES. 2f>ï>

Ton entendra dans le lélêphone le tic-tac de$ interruptions produites par le mouTement d*horiogerie dans le circuit conducteur.

Il faudra, pour rétablir le silence, introduire entre les l>obinos A et B une pièce identique. Pratiquement, on doit coller la collection des monnaies françaises sur une, deux ou trois règles de bois que Ton fait glisser rapidement en arrêtant un instant chaque pièce au milieu des bobines; en continuant la manœuvre jusqu'à ce que le silence soit établi dans le téléphone, la pièce placée à ce moment au milieu des bobines est la même que celle qui se trouve dans la boite. Si aucune pièce de la collection ne rend le téléphone muet, c'est que la pièce qui se trouve dans la boîte est une pièce étrangère ou une pièce fausse.

Tel est, dans ses détails, le tour curieu\ auquel se prête la balance d'induction, appareil qui, par sa nature, touche aux théories les plus élevées de la physique moléculaire.

LES JOUETS ÉLECTRIQl KS.

L'électricité se prête à une foule d'expériences curieuses, instructives et amusantes, et un volume entier ne suffirait pas si Ton voulait les passer toutes en revue. Nous nous contenterons d'en indiquer quelques-unes parmi les plus simples et les plus faciles à répéter; on nous pardonnera de les exposer à peu près sans ordre et sans suite, eu égard à la diversité des formes sous lesquelles elles peuvent s'effectueret à la variété des jouets auxquels Félectricité a donné naissance.

Une machine électrique simple. — Nous allons d'ai>ord construire à peu de frais une machine électrique capable do donner des étincelles de deux centimètres de longueur.

On prend pour cela une feuille de papier fort et de grand format. On la frotte avec la main bien sèche ou une étoffe do laine jusqu'à ce qu'elle adhère à la table. Puis on pose un trousseau de clefs au milieu de la feuille que Ton soulève en la saisissant par les deux angles. Si, à ce moment, quelqu'un approche

le doigt du trousseau de clefs, il en tire une étincelle brillante, d'autant plus belle et plus longue que le temps est bien sec et que le papier aura été bien chauffé à plusieurs reprises.

Le papier ordinaire, le papier écolier par exemple, bien chaufTé et séché, acquiert des propriétés électriques dès qu'il est vivement brossé ; on le sent crépiter à la main, sous Tinfluence d'une multitude de petites décharges un peu lumineuses dans l'obscurité. Le papier électrisé adhère aux murs. M. Wideman a reconnu que l'on pouvait exagérer considérablement les propriétés électriques du papier en lui faisant subir un traitement préalable; il suffit de plonger du papier ordinaire non collé, et de préférence le papier à filtre suédois ou le papier de soie qui garnit les copies de lettres, dans un mélange à volume égal d'acide nitrique et d'acide sulfurique ; on lave à grande eau et on sèche. Ce papier, imparfaitement transformé en pyroxile, est extrêmement électrique. Si on le place sur une table en bois, ou mieux' sur une toile cirée, et qu'on le frotte avec la main, il attire aussitôt tous les corps légers, barbes de plumes, petits morceaux de papier, pantins de sureau, etc. Dans l'obscurité, au moment où l'on détache le papier de la toile cirée, toute la surface brille comme du phosphore; en approchant le doigt, on voit jaillir une étincelle électrique. On peut charger une bouteille de Leyde avec ce papier, constituer un véritable éleclrophore, faire en un mot les expériences ordinaires sur l'étincelle et la décharge électrique. Ce papier dégage, quand il a été frotté, l'odeur caractéristique de l'ozone. Ce papier conservera très longtemps ses propriétés curieuses; il suffit, dit IVl. Wideman, si elles s'affaiblissaient, de le chauffer légèrement pour lui rendre toute son énergie. On voit que pour quelques centimes on peut ainsi posséder une machine électrique pouvant aider à la démonstration de tous les phénomènes électriques.

Un électrophore économique. — On prend un plateau à thé en fer blanc laqué de 30 à 40 centimètres de longueur; on découpe une feuille de papier d'emballage épais elsolide, de telle façon qu'elle s'applique facilement sur la partie plane du plateau.

LES BECBEITK»^ tLCCTUQCGS^ Î'I

l>o fixe, à l'aide de cire à racbrter. drat b»4el«lles de papi«r il chaque extrêmilê de U feoille, de manière j pouvoir U soulever sans difficulté qiuad elle e$l posée à plal. Le pUleau & Ihé eM place sur deiii verres à iMÎre qui lui servent de support. Voilà réleolropliore conrectionnê. Vovons nuialenanl coiuraenl on .irrive à le faire fonctionner.

roalUo <le pipicr

On chaufTc la fi^iiillc de {tapier d'embnilagd aii-ilc'KXtiK iriiii fou irês ardenl. d'un poêle ou d'un fourneau bien allume^; il faut chauffer longtemps, à plusieurs reprises, (U; tello façon que le papier soit bien sec, et que sa Icmpéralure soil aussi <^lev(^e que [lossihle. Cela fait, on le pose rapidenienl, iifin li'éviler son refroidissement, sur une tahie de bois, et on In frottn trèii ^n«rf{iqucment à l'aide d'une broitsc à liabil n*<<fz diin- et bien NJiclii'.

f.i [-■ELECTHICITÉ U.\NS I..V M.VISON.

On pose le papier sur te plateau; on touche le plateau avec le (loi^t et on soulève le papier par ses poignées. Si à ce momeni une personne approche le doigt du bord du plateau, elle fera jaillir n ne étincelle visible (lig. 143), On peut remettre alors le papier sur le plateau, en toucher le bord une seconde fois, l'I

Fig. H i . — t'na bouteille do I.eydc faito

soulever à nouveau le papier; une seconde étincelle jaillira, et ainsi de suite, à sept ou huit reprises dilTérentes.

Une bouteille de Leyde. — Nous voilà pourvus d'une véritable machine èlectiiqui;. Comment arriverons-nous à fabriquer une bouteille de Leyde '/ Rien de plus facile : nous prendrons un gobelet de verre rempli de plomb de chasse ; nous planterons au milieu de ce plomb de chasse une cuiller ii café, et si tous ces objets sont bien secs, nous aurons une excellente bouteille de Leyde.

LES HECRÉATIONS ÉLECTRIQUES.

Pour l;i charger, nous ferons fonctionner notre électrophorc Iconiine nous i'a\ons indiqué précédemment. Pendant qu'un ' opérateur touchera le bord du plateau et soulèvera la feuille de pajiier, une autre personne tenant le gobelet de verre par le fond, l'approchera du plateau, de telle façon que la petite étincelle jaillisse à l'extrémité du manche de la cuiller. On chargera ainsi la bouteille de Leyde au moyen de plusieurs étincelles successives ; on pourra alors en obtenir une petite décharge, soit en l'ap-

s jiaulins ild

lie l'iïluctrapliui

|irochanl du plateau, soit en la présentant devant la main (Og. I«).

L'électrophore Pfeiffer. — Voici encore une forme amusante de i'êlectrophore, avec lofjuel on peut répéter une foule d'expériences instructives et amusantes. Il se compose en principe (fig;. I45j d'une plaque mince d'ébonile de ] millimètre d'épaisseur, de lo centimètres de largeur et de 20 centimètres de longueur. Le disque de bois recouvert d'élain de I'êlectrophore classique est remplace par une petite feuille d'étain de ta di-

H0SPIT..LIEK. - VM'-clnàV' (inuB In maison. )8

mension d'une carte à jouer, et collé sur une des faces de la plaque d'ébonile.

L'électropliore d'ébonile produit Télectricité *avcc une remarquable facilité. Vous le posez à plat sur une table de bois, vous le frottez successivement sur ses deux faces avec la main bien ouverte ; si vous le soulevez en le tenant de la main gauche, et si vous approchez la main droite de la feuille d'étain collée sur une de ses faces, vous en ferez jaillir une étincelle de 1 à 2 centimètres de long.

L'électrophore d'ébonitc est complété par une série dé petits accessoires construits avec beaucoup de goût. Ce sont des petits pantins de sureau, qui permettent de manifester d'une façon très amusante les phénomènes d'attraction ou de répulsion électriques. Ëlectrisez le plateau d'ébonite, placez sur sa feuille d'étain les trois petits pantins de sureau qui se joignent à Tappareil, soulevez le plateau pour Tisoler de son appui. Voici un petit personnage qui lève les bras vers le ciel, en voici un second dont les cheveux de soie se hérissent, en voilà un troisième plus léger (|ue les autres qui s'élance comme un clown et qui s'échappe en voltigeant, avec les deux petites balles de sureau qui ont été également placées à côté de lui. Nous avons groupé en une seule figure les trois petits personnages, mais on les fait habituellement fonctionner isolément.

M. Pfeiffer a réuni dans une boite tous les accessoires connus d'une machine électrique : une petite bouteille de Leyde en miniature, un carillon électrique, le pistolet de Volta, le carreau étincelant, un tube de Geissler, etc.; toutes ces expériences sont réduites à leur plus simple expression, et les appareils qu'elles nécessitent tiennent dans une petite boite de carton ; ils sont rangés à côté de l'électrophore d'ébonite qui se trouve ainsi remplacer une machine électrique encombrante et d'un fonctionnement délicat.

Un jouet magn^étique. — Le magnétisme se prête aussi à un grand nombre d'expériences amusantes en vertu de son action à distance et au travers de la plupart des corps. Chacun s'est exercé

LES RÉCRÉATIONS ÉLECTRlQliES. ÏTS

n enfance à faire tenir une aiguille sur lu jioinlc à l'aide d'un aimant placé au-dessusâ une distance assez grande |totirqiic r.iiinant la œaînlienne verticale, mais ne puisse l'attirer, ini à ■ faire courir use plume sur une table sans action apparente, en manœuvrant un aimant placé sous la tahle, C'est celle fxpèrieiici'

forme élégante que représi

rajeunie et mise sous ligure 146.

La scène représente un cirque dont le décor est gcntimonl peint; autour de la piste formée d'un carton circulaire jaune, on a planté des pelils sapins alpestres en papier peint.

On place au milieu de la piste des petils personnages posé» sur des socles de bois. Ce sont, comme le montre la figuie, Iroiit

musiciens et un écuyer. — Vers la circonférence du cirque, on pose d'autres petits personnages qui représentent un cheval monté par une écuyère, un char traîné par un alezan, un cheval en liberté, etc. On tourne la manivelle qui se trouve adaptée au socle du jouet, une musique se fait entendre; mais ea même temps, ô miracle! voilà le cheval qui se meut de lui-même et qui parcourt la piste circulaire. Le cheval est enlevé et remplaioé par le char attelé; on tourne la manivelle; en même tempère les sons produisent leurs accords, le char s'anime comme ravaitfait le cheval, et on le voit tourner autour de Téouyer et dei^ musiciens, qui restent immobiles.

I/explication du mécanisme est très simple : la maniirdie mise en rotation'entraine un aimant caché dans la botte ^|iii ÎEtart de support au petit cirque ; cette manivelle, tout en actianiliat le mécanisme de musique, fait tourner en même temps* Taimant autour d'un axe situé au centre du cirque. Extérieurement le petit personnage qui circule autour de la piste est monté tsar un petit socle de fer doux très léger, et, la surface du cirque étant bien polie, Taimant est assez puissant pour entraîner avec lui le léger objet, et vaincre la résistance de frottement. 11 est impossible de voir un jouet automatique plus charmant, plus ingénieux et plus amusant. — La pièce la plus curieuse parmi les petits personnages est un clown; non seulement ce clown circide autour de la piste quand Taimant est mis en mouvement, niais il tourne sur lui-même à la façon d'un danseur. Le petit sodé de fer doux auquel il est adapté est légèrement boinbé,. et^ par suite de la tendance à s'incliner vers ses rebords par une attraction oblique, il pivote ainsi autour de son axe.

iNous ne citons que pour mémoire, comme jouet du même genre et beaucoup trop connu, le jeu des canards et des poissons fondés sur l'attraction des pôles de noms contraires et l'attraction des pôles de même nom.

Une boussole économique. — Veut-on mettre en relief l'action directrice du magnétisme terrestre? Voici comment on peut arriver, en suivantles indications données par le Magasin

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us RtCRhTIOIfS ÊLBCTBIQt'BS. S>«

pittoretque, à coDsLruirc une boussole ùmple et économique. Prenons, dit-il, un petit bouchon (figure 148) et passons au travers une aiguille k tricoter ordinaire que nous aurons aimantée en la Trollant doucement et toujours dans le même sens au moyen d'un de ces petits aimants en fer à cheval de 60 centimes dont s'amusent les enfants. Une fois Taiguille E traversant le bouchon, TOUS implantes dans ce bouchon une aiguille à coudre^ ou mieux une épingle dont la pointe posera dans l'un des trous couvrant la partie supérieure d'un dé à coudre. Pour Taire tenir Taiguille aimantée en équilibre, vousenToncerei une allumette C dans le bouchon, de chaque c6té, comme le montre la figure, et voua ferei adhérer » l'extrémité de chacune des allumettes une boii-

■ Kg. ItB — Lno bouM)!'' icon imi |iip

lettedecire. Vous équilibrerez tout ensembleraiguillo, les balles, l'épingle, de manière que tout tienne bien, ainsi que le dessin l'indique. Comme il est très important qu'avec un instrument aussi sensible l'agitation de l'air soit évitée, vous placerez votre dé au fond d'une terrine vulgaire de terre' cuite DDT que vous fermerez avec une vitre V. Pour graduer la boussole, à l'aide d'un compas on décrit un cercle sur un papier un peu résistant. Sur ce cadran, oo trace des divisions suffisamment rapprochées, seulement aux extrémités nord de l'aiguille, puis on fixe le papier au-dessous comme l'indique ta figure. Ensuite, on colle avec une boulette de cire un bout d'allumette oppointio N, vis-à-vis l'extrémité nord de l'atguille, dans l'intérieur de la cuvette. On a de la sorte une excellente boussole A peu de frais.

On peut encore aimanter une fine aiguille à coudre, et la graisser en la frottant avec un peu de suif. Dans ces conditions, elle devient capable de flotter à la surface de Feau contenue dans un verre et s'oriente en tournant son pôle Nord vers le pôle Nord de la terre.

Expérience du poisson lumineux avec le polyscope électrique. — Lors de la soirée donnée en 1881 à TObservatoire de Paris par M. le contre-amiral Mouchez, M. G. Trouvé a fait fonctionner quelques appareils électriques, devant un auditoire d'élite qui semblait prendre un grand intérêt à ce genre de démonstration expérimentale. Parmi les expériences exécutées, celle du poisson lumineux offre un très grand intérêt ; c*est assurément Tune des plus curieuses que Ton puisse citer.

Cette expérience a pour but défaire comprendre l'importance que peut offrir le polyscope électrique au point de vue chirurgical. Le polyscope se compose d'une série de réflecteurs, au foyer desquels un courant électrique obtenu à l'aide d'un accumulateur Planté, fait rougir un fil de platine. Ces réflecteurs affectent des formes variées. L'un d'eux peut être placé dans la bouche, et quand on le fait fonctionner, la bouche s'éclaire à tel point que les dents deviennent complètement transparentes, et que l'on ne perd aucun détail de leur état. Ce réflecteur placé à l'extrémité d'une sonde œsophagienne, éclaire l'estomac par transparence. Les appareils sont variés pour subvenir de la sorte h tous les besoins d'investigation du dentiste , du médecin ou du chirurgien.

Dans ce mode d'éclairage, la production de chaleur est diminuée autant que possible par l'emploi de fils très fins de platine iridié. La chaleur rayonnante est insignifiante, et l'expérience a démontré que le réflecteur éclairé tenu dans la bouche fermée pendant 30 ou 40 secondes, n'en élève pas la température au-dessus de celle des muqueuses, c'est-à-dire 36 à 38 degrés.

Arrivons à l'expérience du poisson lumineux.

M. Trouvé fait avaler à un poisson vivant placé dans un aquarium, un petit réflecteur microscopique, relié par des fils conduc-

LES nÊCRE\TWNS ÉI.ECTHIOI'ES. 281

leurs au manche de l'appareil qu'il tionl à la main. On éteint les lumières, et dos que le rélleclpiir est éclaire sous l'nction du courant, le corps entier du poisson devient transparent et lumineux, à tel point que l'on peut compter ses vertèlires et examiner tous les détails de son organisme.

Cette expérience vraiment remarquable a obtenu un grand succès. Elle permet de se rendre compte très exactement des ef- Tets lumineux obtenus par le polyscope électrique. Avec les nouvelles petites lampes fi incandescence, elle est devenue nujouril'hui très facile à répéter.

Fig. 149. — Bobine il'indactton, modèle de M. Dacrctet.

Bobine d'induction. — On sait que la bobine d'induction a pour efTet de modilier les qualités du courant électrique ; le plus généralement, on s'en sert pour augmenter la tension ou force électromotrice aux dépens de l'intensité, ou, comme on le dit encore à tort, pour transformer l'électricité dynamique en éleciricilésffl/ïyKe. Nous prolestons énergiquement contre cette définition qui a, selon nous, le tort de laisser croire à deux électricités différentes, alors qu'on se trouve seulement en présence de modifications d'un seul et même phénomène.

Quoiqu'il en soit, la bobine de Rnhmkoriïse prête à une foule d'expériences des plus intéressantes, et à côté des services qu'elle

rend chaque jour dans le laboratoire du savant, il convient de la signaler comme une récréation électrique des plus amusantes et des plus instructives.

L'une des formes les plus avantageuses, sinon comme puissance, du moins au point de vue de Tinstruction et de la variété des expériences auxquelles elle donne lieu, est le modèle de démonstration construit par M. Ducretet et que nous représentons figure 149.

Dans ce modèle, le commutateur inverseur de Berlin et les communications, toutes apparentes, permettent de suivre la marche des courants ; la bobine inductrice est mobile et permet de faire varier à volonté la puissance des courants induits ; enfin le condensateur lui-même peut se fixer ou s'enlever en un instant, ce qui permet aussi d'étudier son action sur la nature et la puissance de l'étincelle.

Quant aux expériences que la bobine d'induction permet de répéter, elles sont si nombreuses et si variées que nous préférons ne pas les citer et renvoyer le lecteur à une intéressante petite Notice^ publiée par M. Loiseau, sur les expérieiices curieuses et amusantes que fon peut repeler avec la bobine de Ruhmkorff.

Les caricatures électriques. — Nous ne saurions mieux terminer le chapitre consacré aux récréations électriques qu'en disant un mot des caricatures électriques^ et en en reproduisant deux qui nous paraissent typiques.

Il n'y a pas qu'en France où tout se traduise par des chansons... ou des caricatures.

11 s'est trouvé, de tous temps et en tous lieux, des esprits assez philosophes pour prendre les choses par le bon côté, nous entendons par le côté gai, et prêts, comme Beaumarchais, à rire de tout pour n'être pas obligés d'en pleurer.

A combien de caricatures l'admirable découverte des Montgolfier n'a-t-elle pas servi de prétexte? Les privilégiés qui, comme nous, ont eu la bonne fortune de feuilleter la collection unique à' images à ballon de notre directeur, M. Gaston Tissandier, peuvent seuls le dire. Toutes les inventions ont plus ou moins passé par là.

LES IlECRÉATIONS ELECTRIQUES. 28J

On pourrait même ajouter, sans être taxe d'exagération , que la caricature est, en quelque sorte, la sanction du succès, aussi n'est'il pas étonnant de voir que les merveilles de l'électricité ont payé leur tribut à l'esprit satirique de nos contemporains, et qii''

Pig. ISO. — Wlini »1ll ha grow to ? — Un gôint en germe. tJificMuro publiée par Punch ou Thf London Charivari, la îâ Juio 18SI.

les premières caricatures relatives au\ applications industrielles de l'électricité nous viennent du pays qui avait le plus fait jusqu'ici pour ses progrès.

L'espèce de fureur électrique qui sévit à Londres en 18SI et 1883, à la suite des brillants résultats obtenus par les premières tentatives d'éclairage électrique public et industriel sur

une grande échelle, donna Toccasion aux caricaturistes anglais d'exercer leur verve sur un sujet qui était encore de Tinédit à ce point de vue.

Parnii les nombreuses caricatures parues à cette époque, nous en reproduisons deux qui présentent encore un certain caractère d'actualité .

La première parut dans le journal satirique Punch du 25 juin 1881^ au nioment où les accumulateurs Faure^ lancés avec le fracas que Ton sait par M. Philippart, parurent en Angleterre. Disons en passant que pour un pays aussi avancé dans les questions électriques, la surprise causée par cette apparition indiquait une ignorance par trop grande des travaux de M. Gaston Planté. Le roi charbon et le roi vapeur regardent avec inquiétude ce nouveau venu et se demandent ce qu'il en sortira (fig. 150) (What will HE GROw TO?) Le roi charbon est particulièrement intrigué et jette à l'enfant un regard qui ne présage rien de bon. On sait combien cette inquiétude est vaine et mal placée^ puisque, pour emmagasiner de Ténergie électrique, il faut, le plus souvent, consommer du charbon, soit directement dans les chaudières delà machine motrice, soit indirectement, pour réduire les minerais et amener le zinc à Tétat métallique, avant de pouvoir remployer dans la pile destinée à la charge des accumulateurs.

La seconde caricature que nous reproduisons (fig. 151) est empruntée au journal The City du 4 novembre 1882 et représente Le rêve d'un gazier. L'artiste a cherché à figurer les cauchemars qui hantent le cerveau d'un directeur d'usine à gaz à la pensée des nouvelles inventions de l'éclairage électrique qui, à cette époque, s'introduisaitrapidementen Angleterre sousformed'une multitude de sociétés dont plusieurs n'ont été d'ailleurs qu'éphémères.

Notre directeur d'usine est censé avoir lu le journal The City avant de s'endormir, et, au lieu de trouver le repos si désiré, l'éclairage électrique et les diverses phases de son développement et de ses rapides progrès passent devant ses yeux comme une vision sous forme de ses promoteurs et inventeurs, tandis que le gazomètre disparaît au loin dans la nuit sombre.

LES RECHElTIuNS F.LEr.TRlOfliS,

r^ il m'^î

^'ICf

On trouvera, eu s'aidani de la légende ci-dessous, le nom et le portrait assez réussi en général de la plupart de ceux qui ont contribué au progrès de Téclairage électrique depuis quelques années en Anglelerre. Tout en signalant cet exclusivisme, nous le trouvons très naturel dans un journal purement local et cherchant surtout à faire ressortir les inquiétudes d*un gazier dans son propre pays.

I.SirHENRY WhatleyTyler, promoteur en Angleterre du système Brusli. — 2. Georges Offor, ingénieur en chefde la SoulliEastern Brusli Electric C®.

— 3. Robert Hammond, promoteur de la llanimond Electric Ligtaad Power Supply C°. — 4. John Scudamork Sï:llon, inventeur d'un perfectionnement à Taccumulateur Faun*. — 'i. Krnkst Wolckmar, Même litre industriel. — 6 et 7. Werner et William Siemens. — 8. Joseph Wilson Swan, inventeur de la lampe qui porte son nom. — 9. B. E. Crompton, «constructeur et inventeur d'une lampe à arc. — iO. Brockie, inventeur d'une lampe à arc.

— 12. TiiOMAs Alva Edison. — 13. Stkwk.ns IIiham Maxim. — 14. Robert J. GuLCHER, inventeur de lampes et ma^'hines élerlriijues. — 15. D' Stk- PHKN H. Emmens, directeur (run<' Compagnie d'éclairage él»'ctrique. — 16. Henri Francis Joël ( Lampe». — ^ 18. Paul Jahluchkoii-. — il). (iEORC.Es Haw- REs (Lampe). — 20. Camille Faire. — 21. W. T. IIknley, premier constructeur des machines de l'Alliance. — 23. John Banting Hoc.ers (Système d'éclairage). — 2'* et 25. Loiis Clerc et A. Bi rkai', inventeurs de la lampesoleil. — 26. George Gtillmme André 'lampe et machines électriques.

C'esl aussi parmi les caricatures qu'il conviendrait de classer certains dessins pittores(|ues parus dans des publications récentes, et qui 07it la préiention de reproduire les faits principaux de Thisloire de rélectricité; mais c'est chose triste à penser qu'on écrit et qu'on dessine ainsi Thistoire, et nous nous abstiendrons d'en parler davantage, puisque le titre de ce chapitre nous impose de ne parler que de choses 7'écréatives.

L'électricité a aussi inspiré les poètes, et nous croyons utile de rappeler ici que l'illustre savant anglais Clerk-Maxwell se reposait de ses études de mathématiques transcendantes en composant des petits poèmes électro-fantaisistes dont il n'est malheureusement parvenu qu'une partie jusqu'à nous.

En voici un échantillon que nous traduisons à titre de curiosité, ne fût-ce que pour montrer que les sciences exactes ne sont pas exclusives d'un esprit poétique et sentimental :

Télégraphiste A à téléffi^aphiste B.

« Les spires de mon àme sont entrelacées avec les tiennes, bien que plusieurs milles nous séparent; et les tiennes sont enroulées en circuits serrés autour de Taimant de mon cœur.

« Constant comme un Daniell, puissant comme un Grove, bouillant partout comme un Smée, mon cœur répand ses flots d'amitiés, et tous ses circuils sont fermés sur toi.

« dis-moi, lorsque sur la ligne, passe le message qui s*épanche de mon cœur trop plein, quel courant induit-il dans le tien ? Un battement de Ion cœur mettrait fin à mon malheur.

« A travers plusieurs ohms, le weber coule et transmet au son derrière moi celte réponse :

« Je suis le Farad fidèle et sûr chargé à un Volt d\imitié pour toi, »

Les mouvements perpétuels électriques. — Comme il fallait s'y attendre, Télectricité à servi de prétexte a Finvention d'un certain nombre de mouvements perpétuels.

Un inventeur est venu nous soumettre, il y a quelques années, la vraie, seule et unique solution de l'éclairage électrique domestique. Un simple mouvement d'horlogerie, un vulgaire tourne-broche de grandes dimensions, actionnait une machine dynamo-électrique, produisant un courant électrique puissant, ' dont il suffisait de distraire une partie. . . pour remonter le tournebroche. Ce n'est pas plus difficile que cela!

Un autre est venu nous proposer un moyen non moins infaillible de faire marcher les tramways en utilisant l'excès de force produit pendant la rotation (?) pour charger des accumulateurs employés seulement pour les démarrages.

Enfin, tout récemment, un ingénieur, rédacteur en chef d'une publication industrielle, n*a-t-il pas sérieusement proposé un moteur à acide carbonique, dans lequel on s'opposerait au refroidissement produit par la détente, au moyen de spirales de platine portées au rouge par un courant électrique, fourni par une petite dynamo mue par le moteur lui-même {sic)f

On croit rêver en lisant, en 1884, de semblables inepties ; elles seraient mieux à leur place dans un chapitre consacré aux tristesses de l'électricité, sans le mot de Beaumarchais cité plus haut qui nous dispense de créer cette nouvelle rubrique.

1 APPLICATIONS DIVERSES. — L'ÛLTILLAGE UE L'ÉLECTIIICIEN. 2S9

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