TÉLÉGRAPHE PHOTO- ÉLECTRIQUE DE M. MARTLN DE BRETTES
11 a été lu à l'Académie des sciences de Paris, dans sa séance du 7 juillet 1856, une note de M. Martin deBreltes, officier d'artillerie, qui réclamait la priorité d'invention d'un système de correspondance télégraphique au moyen de signaux courts et longs produits par la lumière électrique, et dont la durée est déterminée par des rhombes plus ou moins allongés découpés sur une feuille de papier. Comme le fit très-bien remarquer M. Leverrier clans la même séance, c'est une application de l'alphabet du télégraphe de M. Morse. Indépendamment de la question de priorité, nous reconnaissons à ce télégraphe un avantage sur le télégraphe solaire de M. Leseurre, contre lequel M. Martin de Brettes réclamait : c'est qu'il peut servir la nuit; et nous trouvons extraor-
dinaire qu'à propos de cela un des savants académiciens ail émis l'opinion suivante, qui, du reste, n'est que trop répandue : çw, le système à signaux chronométriques de M. Leseurre étant excellent, il était inutile de chercher mieux.
Cet appareil, ainsi nommé par son inventeur, M. CaHum,aétè décrit parle Practical méchantes Journal; voici en quoi il consiste :
Les signaux sont formés par des boules en verre de trois couleurs et dimensions différentes, disposées sur trois rangs, et qui, roulant dans des rainures pratiquées tout le long d'un plan incliné, viennent se placer, dans l'ordre de leur chute, derrière une plaque de cristal. L'ordre de succession forme les lettres, qui s'aperçoivent très-facilement. Celui qui transmet la dépêche a devant lui trois touches qui correspondent aux trois sortes de boules, et, chaque fois qu'il en presse une, le circuit électrique se ferme, et un électro-aimant déclenche l'arrêt qui retenait la boule que l'on veut faire tomber.
Nous avons passé une revue abrégée de tous les télégraphes que nous connaissons, et qui méritent une place dans l'histoire des Applications de l'électricité, soit en raison de l'époque où ils furent inventés, soit parce qu'ils sont employés actuellement sur les lignes télégraphiques, soit enfin parce qu'ils renferment des modifications vraiment utiles ou ingénieuses, qui tôt ou tard, sur le terrain de la pratique, seront appelées à rendre de grands services.
C'est avec intention que nous avons omis dans ce chapitre quelques appareils spéciaux, comme, par exemple, le télégraphe portatif de M. Breguet : nous croyons devoir préférablement nous en occuper lorsque nous parlerons des moyens qui ont été adoptés sur quelques lignes de chemins de fer pour éviter ou amoindrir les déplorables effets d'un accident.
II ne nous reste plus qu'à faire connaître quelques appareils accessoires, mais cependant très-importants, et plusieurs modi-
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(ications, aussi du plus grand intérêt, qui sont applicables à tous les systèmes de télégraphie ou à plusieurs d'entre eux réunis, et qui exigent par conséquent un paragraphe spécial.