MANIPULATEUR DU TÉLÉGRAPHE A CADRAN
11 est aussi facile de faire fonctionner le manipulateur, qu'il est aisé de comprendre les indications du récepteur. Mais si le jeu est simple, c'est que le constructeur n'a pas craint de compliquer le mécanisme intérieur, et il ne sera pas inutile de dire quelques mots du principe sur lequel est fondée la construction de l'appareil.
Au centre d'un cadran, portant encore 20 divisions, s'articule une manivelle à poignée, qui vient se poser successivement sur chaque lettre. Ainsi, après avoir légèrement soulevé la manivelle, on la tourne toujours dans le même sens, et on ne la pose que sur les lettres que Ton veut désigner. Le cadran est percé de 26 enchancrures ; une pointe que porte la poignée s'engage dans une d'elles, lorsqu'on s'arrête sur une let-
trc, et Ton est ainsi sur le point exact correspondant à cette lettre. En tournant, la manivelle entraine I une roue à gorge sinueuse ; ces sinuosités sont égales entre elles, c'est-à-dire qu'il y a 13 saillies et 15 creux régulièrement distribués sur le contour. La tète d'un levier T, s'engageant dans la gorge, en suit les ondulations, de telle sorte que, mobile autour de son milieu û, ce levier oscille d*un mouvement très-régulier de va-et-vient. L'extrémité opposée / de cette tige vient toucher alternativement deux pointes, dont Tune P est le pôle de la pile et Taulre Q communique avec le récepteur R. Le levier est lui-même en communication continuelle avec la ligne, par l'intermédiaire de la roue à gorge.
Yoici ce qui se produit dans le jeu du manipulateur. Au signe final, le levier ne touchant pas le pôle, le courant ne passe pas dans la ligne ; si on tourne la manivelle pour la placer sur la lettre A, le levier monte sur la première saillie de la roue à gorge, il vient toucher le I pôle P, et le courant entre dans la ligne. A la lettre B, le | levier, descendu dans le creux ne touchera plus le pôle, le courant sera interrompu : et ainsi de suite. Chaque fois que la manivelle du manipulateur passera d une lettre à une autre, le courant sera alternativement interrompu ou rétabli, ce qui est la condition exigée par le récepteur. Si donc les deux appareils sont bien réglés et en parfaite concordance, la transmission est simple et régulière.
La complication du manipulateur provient de ce que ^ chaque poste doit avoir, à la fois, un appareil de récep- L tion et un appareil de manipulation, et que la même ligne ^
TÉLÉGRAPHES DES CHEÏINS DE KER. fil
servir aux deux appareils. Un poste télégraphique oujours en état de correspondre avec les deux postes ins; le récepteur est difTérenl pour les deux lignes, Il peut arriver une dépêche de chacune d'elles; il en le même des sonneries ; mais le manipulateur est |ue et doit servir aux deux cAtés. Une disposition "euse du mécanisme inlérieur permet de satisfaire h
a repos, la ligne L est sur la sonnerie S. Une dépèest annoncée ; l'employé avertit de sa présence, il déplace une manette qui met la ligne en ion avec la sonnerie , et qui la reliera avec le pteur R, au moyen du bouton m et de la roue à ;e. L'aiguille se meut devant le cadran et la dépêche reçue.
Si Ton veut répondre, on place la manette sur un bouton spécial, m, et on fait tourner la manivelle. A ce bouton m vient aboutir le courant de la pile qui a traversé le levier, et qui peut ainsi passer dans la ligne. Quand la réponse est achevée, on amène la manivelle sur le signe final et la manette sur la sonnerie.
Ces diverses pièces se reproduisent identiquement de chaque côté. Si l'on veut que le poste soit traversé par une dépêche secrète, on met les deux manettes en communication entre elles par Tintermédiaire d'une lame métallique servant à la communication directe entre les postes voisins. Les lames métalliques, conduisant* le courant d'une pièce à. une autre, sont cachées dans la plaque même du manipulateur et sont indiquées en pointillé sur la ligne.