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INSTALLATION

Dans les administrations des chemins de fer, la télégraphie ne constitue pas un service spécial. Ce sont les chefs de gare, les inspecteurs qui sont chargés de la correspondance ; or, dans les stations isolées et perdues, les employés ne sont pas toujours suffisamment initiés à la science; on en rencontre même quelquefois qui sont complètement illettrés ou qui savent à peine lire et écrire. Lorsque ces employés inexpérimentés sont chargés d'envoyer les dépêches, ils le font avec toutes les fantaisies de leur orthographe, en serte que la transmission est souvent complètement incompréhensible.

Pour obvier à cet inconvénient, on a admis certains

signes conventionnels, que Ton emploie dans les dépêches ordinaires. Un tableau en a été dressé, et il est placé près des appareils. Ces signaux ont été assez multipliés, et le plus souvent on correspond par abréviation. De plus, on exige que le poste destinataire accuse réception de la dépêche et annonce qu'il a compris. Alors seulement on considère les transmissions comme achevées.

Une ligne télégraphique h l'usage des chemins de fer se compose généralement de deux fils : Tun omnibus^ s'arrctant à toutes les stations, l'autre direct^ desservant uniquement les gares principales.

Les stations les moins importantes, celles avec lesquelles les correspondances sont relativement rares, possèdent toujours un poste complet ; à Tétat ordinaire, ce poste est fermé, et la communication directe est établie dans la ligne; une boussole seule indique le passage du courant. A certaines heures, déler/ninées par le règlement, le chef de gare vérifie Tétat de la ligne ; si aucune dépêche ne traverse le poste sans s'y arrêter, il envoie certains signaux indiquant que tout va bien, et en ayant soin de nommer sa station ; après cela il remet la communication directe.

Aux stations principales, tous les fils s'arrêtent, de quelque côté qu'ils viennent, et sur chacun d'eux est une sonnerie spéciale. Mais un manipulateur complet ne peut servir qu'à deux directions, c'est-à-dire à un fil et à son prolongement.

Un chemin de fer, lorsqu'il est achevé, se compose de deux voies, et les trains dirigés dans le même sens suivent la même voie. Aux gares importantes seule-

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ment, Ton peut changer de côté, au moyen d'aiguilles gouvernées par des appareils spéciaux. La marche des trains est toujours calculée avec une certaine latitude, pour qu'il n'y ait aucune rencontre possible, même avec des retards ordinaires. Cependant par suite de fausses manœuvres, par un accident imprévu, il peut se faire qu'un train demeure sur la voie, et que la ligne soit embarrassée ; une rencontre peut alors devenir imminente. Dans ce cas, il y a de nombreux signaux de détresse, destinés à prévenir les trains arrivants de ce fait anomal, et par suite à éviter tout désastre. 11 n'y aurait jamais de choc possible, si tous ces avertissements étaient faits comme il est prescrit; malheureusement les employés négligent souvent certains de ces signaux, les .trou vaut superflus.

Parfois, outre l'emploi de ces signaux de détresse, on a recours à une précaution particulière. Le conduc teur du train est muni d'un système de télégraphe mobile, véritable poste ambulant, tout organisé, et enfermé dans une boite. Lorsqu'il est nécessaire de signaler un fait imprévu, comme un arrêt forcé du train sur la voie, on ouvre la boite, on en retire des fils conducteurs. Au moyen d'une canne à rallonges, on attache un de ces fils au fil de la ligne ; et l'autre est relié avec les rails, représentant la terre ou réservoir commun. La boite contient une petite pile facile à monter, et un manipulateur. Dès que les préparatifs sont achevés, on peut télégraphier tel signal que Ton veut. En arrivant sur la ligne, le courant se bifurque et suit à la fois les deux directions, se rendant aux deux postes voisins. On tourne d'abord la manivelle quatre à cinq fois pour

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F)g. ÎS — ronduclnil d'un train bitaal Ui signini de délrcsH.

avertir qu'il y a urgence; et lorsque l'un des deux correspondants est prêt à écouter, on peut commencer la correspondance.

Ces appareils mobiles, inventés par M. Breguet, sont maintenant rarement mis en usage. On craint avec quelque raison que leur emploi ne soit dangereux. Ils apportent dans le service des perturbations considérables qui peuvent donner lieu à des méprises ; les postes, pris à Timproviste, sont rarement en mesure de communiquer ; et la dépêche, étant anormale, peut se trouver retardée ou perdue malgré l'urgence de la transmission. De plus, ces appareils mobiles servant rarement, il pourrait arriver qu'ils fussent détraqués, ou du moins d'une allure irrégulière au moment môme où Ton en aurait besoin. Ces diverses considérations ont fait abandonner le système des télégraphes mobiles pour les chemins de fer.

Lorsque la ligne ne se compose que, d'une seule voie, il est de la plus impérieuse nécessité d'avoir recours au télégraphe. Avant de laisserpartir un train, le chef de* gare doit toujours demander à la station prochaine si la voie est praticable et attendre la réponse. Généralement on n'annonce pas le départ des trains réguliers ; mais dès qu'il se produit le moindre retard, on doit le faire connaître immédiatement.

Il existe sur les lignes ferrées des stations de dépôt, où son! tenues en réserve des locomotives prêtes à fonctionner, ainsi que des wagons disponibles et tout ce qui peut être de quelque utilité. Quand un convoi est en retard, si Ton reste plus de dix minutes sans en avoir de nouvelles, il est recommandé à la station de dépôt pro-

chaine d'envoyer une locomotive à la recherche et sur la voie opposée. Avant l'invention des télégraphes, on envoyait constamment des machines de secours; aujourd'hui les signaux électriques permettent de réduire ces envois à un nombre de plus en plus restreint et d'économiser ainsi un matériel fort coûteux à entretenir. On voit combien les télégraphes électriques onl rendu aux chemins de fer d^inappréciables services. Ils contribuent à rendre les accidents plus rares ; le service est devenu plus régulier, plus certain; les dépenses ont été réduites, soit par des économies de matériel, soit par des suppressions de nombreuses stations de dépôt ; Tadministration est plus libre et plus hardie, elle peut multiplier les trains à volonté, et uliliser les moindres circonstances, telles que les retours à vide. Ces deux magnifiques applications de la vapeur et de Télectricité sont tellement solidaires Tune de Tautre, elles se prêtent mutuellement un si grand appui, qu'on ne saurait dire aujourd'hui ce que serait l'une d'elles si l'autre n'avait pas été trouvée.

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