HORLOGES ÉLECTRIQUES
Les principes de la télégraphie électrique ont encore été appliqués à la marche des horloges, lorsqu'il est nécessaire d'indiquer exactement la même heure en plusieurs lieux à la fois. Sur les chemins de fer, par exemple, il faut que l'heure soit la même pour toute la ligne, afin que toutes les circonstances de la circulation soient parfaitement connues : on a donc installé des horloges électriques ; l'horloge est à la gare principale à Paris, et les diverses pendules de toutes les stations marchent sous l'influence d'un courant régulateur.
Les systèmes des horloges électriques sont très-variés et très-nombreux ; il en est de ces appareils comme de ceux de la télégraphie ; chaque inventeur a modifié quelque organe, évité quelque inconvénient, et amélioré
APPLICATIOÎN'S DE LA TELEGRAPHIE. 157
le mécanisme. Tous ces systèmes chronométriques reposent, du reste, sur le même principe, bien facile à comprendre. Une horloge, type, parfaitement réglée, fonctionne à la tête de la ligne; à chaque oscillntion <]u balancier, le circuit se ferme, et réleclricité, lancée dans la li^ne, va faire marcher d^un cran raiguillc de l'horloge éloignée; après avoir traversé un premier appareil, Télectricité peut passer à travers d'autres pendules, et la durée diî temps nécessaire pour que le courant exécute tous ces travaux aux divers points de la ligne n'est pas appréciable. A chaque pendule est adaptée une pièce, plus ou moins compliquée, et régularisant le passage du courant.
On peut, pour une cause ou pour une autre, supprimer ou intercaler un ou plusieurs cadrans intermédiaires, sans nuire à la marche des autres.
Outre la ligne de chemins de fer, où les horloges électriques sont de toute nécessité, un certain nombre de villes ont installé des cadrans pour donner la même heure aux divers quartiers. A Gand, M. Noiet en a posé comme horloges publiques, dès 1851, et, depuis celte époque, il en a encore posé soixante -dix chez divers particuliers. Toutes ces horloges fonclionncnt trèsbien ; elles ont été généralement placées sur une des faces visibles des lanternes et des réverbères. Une batterie électrique unique donne l'impulsion. La longueur du fil distributeur est de 60 kilomètres.
Plusieurs autres villes ont suivi cet exemple. M. Paul Garnier avait établi quelques cadrans à Paris, à Marseille, à Lyon et dans quelques autres grandes villes de la province. Mais pour des causes que nous ignorons,
ils ont été supprimés en grande partie depuis quelque temps et n*ont pas encore été remis en place.-
Lorsqu'il n'est pas nécessaire d'avoir toujours exactement la même heure, on peut employer un système électrique servant de régulateur. Ainsi une compagnie s'est formée à Londres dans le but de ramener toutes les horloges des diverses villes et des divers négociants au midi précis donné par l'observatoire de Greenwicli. Les horloges fonctionnent d^urie manière indépendante les unes des autres ; mais elles sont munies d'un appareil électrique, et réunies avec le bureau de la compagnie ; quelques minutes avant midi, la communication, interrompue le reste de la journée, est établie ; et, automatiquement, au moment précis du midi, l'appareil électrique jouant dans chaque horloge, les diverses aiguilles sont ramenées au midi. Une disposition semblable a été adoptée au Grand-Hôtel à Paris et dans plusieurs établissements. Chaque pendule marche séparément pendant 24 heures ; puis, au midi de Thorlogc type, un courant électrique agit sur un appareil régulateur et les aiguilles qui avancent comme celles qui retardent, sont toutes ramenées*à midi. De cette façon, si les pendules ne marchent pas d*accdrd, la divergence ne peut jamais être très- considérable et ne donne lieu à aucun inconvénient.
A Paris, il n'est pas rare d'entendre, à peu près dans le même quartier, l'heure de midi sonner successivement en divers endroits pendant une demi-heure. C'est là un inconvénient que Ton cherche à supprimer. On voudrait que, sans toucher aux mécanismes qui présentent quelquefois un grand intérêt, on pût régulariser la marche
et faire marquer la même heure à tous les cadrans. Divers systèmes ont été proposés ; celui de M. Vérité, entre autres, parait aussi simple que praticable. Cet inventeur place sous le balancier un électroaimant, dans lequel le pendule de Thorloge type lance à chaque oscillation un courant électrique. Le balancier, recouvert d'une feuille de tôle, est attiré par Taimant et tend à rester vertical ; il en résulte une accélération on un ralentissement dans le mouvement du balancier, selon qu'il est en retard ou en avance; et bientôt toutes les horloges marchent ensemble. Ce système a été essayé, il a été reconnu excellent : mais on n'a pu l'appliquer à Paris, les horloges de la ville étant munies de balanciers de différentes longueurs; si, par suite, ces derniers battaient tous ensemble, les cadrans ne pourraient pasmarquerla même heure. Mais c*est là une complication que l'on saura probablement faire disparaître.