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DESCRIPTION DES MACHINES MOTRICES ÉLECTRIQUES

Ce n'est pas que les machines motrices qui ont été imaginées, ne soient probablement capables de produire de puissants ouvrages, et de vaincre de grandes résistances. 11 faut chercher ailleurs la cause de Tinsuccès des recherches sur ce sujet.

On peut ramener à trois modèles les divers mécanismes imaginés pour recevoir Faction de Télectroaimant et transformer le mouvement alternatif en une rotation imprimée à Tarbre de couche.

On a d'abord complété, pour ainsi dire, le trembleur, tel qu'on l'emploie dans les télégraphes et les machines d'induction. La tige, soulevée par l'électro-aimant et retombant par sou propre poids, est animée d'un mouvement de va-et-vient continuel : elle est attachée à une bielle, qui fait tourner un arbre de couche et un volant.

Le second modèle a été combiné par M. Page ; maïs la macliioe la plus remarquable, fondée sur ce principe, est celle que M. Bourbouze a construite, pour la faculté des sciences de la Sorhonne. Deux bobines d'électro-aimant attirent successivement deux tiges de fer doux; placée à l'estréniité d'un balancier, chacune d'elles s'abaisse^ son tour et vient plonger dans l'inté-

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rieur de la bobine. Lorsque le courant passe d'un côté, l'éleclro-aimant étant aimanté attire le fer doux et le balancier s'abaisse ; lorsque le courunt passe dans la seconde bobine, l'autre extrémité du balancier s'abaisse à son tour. Pour rendre la force plus considérable, les bobines sont doubles; et, à chaque extrémité du balancier, est suspendue une sorte de fourchette,

dont les tiges de fer doux sont les dents. Le balancier e$t lié avec une bielle qui fait tourner un volant. La pile est enfermée dans le support de l'appareil ; elle communique par des fils avec une pièce particulière, destinée à interrompre le courant et à le lancer alternativement dans chaque couple de bobines. Cette pièce consiste simplement en deux morceaux de fer séparés par une plaque d'ivoire ; un petit curseur métallique glisse sur la plaque et vient s*appuyer à la fin et au commencement de la course, tantôt sur le premier morceau de fer, tantôt sur le second, et le courant est ainsi lancé d'un côté ou de l'autre. Le curseur métallique est guidé par un excentrique disposé comme celui qui* guide les tiroirs dans la machine à vapeur.

Cette disposition a été employée par M. Becquerel, pour mesurer la force de l'électricité. Le balancier n'est autre chose que le fléau d'une balance, et sur l'un des plateaux on mettait des poids jusqu'à ce que l'équilibre eût lieu entre l'attraction de l'aimant et la pesanteur.

Le troisième modèle d* électro-aimant est dû à M. Fro- . ment, qui était à la fois un savant et un constructeur. L'électro-moteur qu'il a construit peut servir de type aux appareils du même genre; et si jamais on emploie des machines à l'électricité, ce seront probablement celles de M. Froment. Une roue en bois, porte incrustés régulièrement sur son contour huit contacts en fer; autour de cette roue se trouve un châssis supportant également six couples d'électro-aimants fixes. (Pour que la figure suivante fût compréhensible, la partie supérieure du châssis a été enlevée et on n'a montré que le.s

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quatre électro-aimants inrérieurs.) Quand le courant est lancé dans une de ces bobines, le contact de la roue est attiré, et tend à descendre pour se placer précisément en face. Mais aussitôt que le contact est arrivé dans celte position, le courant a laissé cette bobine pour aller

F g jl — Koleur éledruiue do H Framen

dans la supérieure, laquelle se comporte de la même Taçon Comme les six elcctro-aimanls agissent dans h même «ens, la roue tourne et la rotation en est con tiniie.

Il suffit donc que lorsque le contact s'est trouvé en face de l'électro-aimant, et qu'il l'a légèrement dépassé

en vertu de sa vitesse acquise, le courant soit arrêté et lancé dans une autre bobine. M. Froment a donc placé sur Taxe de rotation un interrupteur, qui a pour mission de retirejr le courant au moment convenable et de le lancer successivement dans chaque couple de bobines. Il n'y a jamais alors que les deux électro-aimants opposés qui agissent en même temps, et il ne peut pas se faire qu'un contact se trouve attiré à la fois par la bobine inférieure et la bobine supérieure, cas dans lequel la roue s'arrêterait.

La roue est très-mobile et les contacts ne touchent pas les armatures des électro-aimants. Cet électro-moteur a été très-étudié par M. Froment et par tous les autres savants qui se sont occupés de la question : o'est sur cette machine qu'ont été faits tous les essais et toutet» les mesures ; et comme la construction n'en laisse rien à désirer, comme le mécanisme en est parfait, les résultats trouvés ne doivent être modifiés que dans^mn certain sens pour s'appliquer aux autres machines, beaucoup moins soignées que celle-ci.

Une chose frappe tout d'abord lorsqu'on voit fonctionner une pareille machine, c'est que la roue semble pouvoir acquérir une vitesse infinie. Elle tourne entre ses électro-aimants, et à peine la voit-on, tant elle est vive et rapide; mais en revanche, une petite résistance suffit pour l'arrêter ou du moins la ralentir considérablement. Dans une machine ordinaire, le doigt seul placé sur la poulie l'arrête et l'empêche de tourner. Dans les machines les plus fortes qu'a construites M. Froment, il faut pour enlraver le mouvement une résistance plus grande, mais qui n'est pas encore consi-

dérable. L'électricité, telle que nous savons la produire, se refuse encore à tout travail mécanique.

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