CONDITIONS D'UN MOTEUR ÉLECTRIQUE
Cet effet singulier de la roue d'un électro-moteur a été cause qu'on a étudié avec un soin minutieux les diverses parties de l'appareil.
On sait que l'aimantation produite par un courant est d'autant plus forte, que le nombre de tours faits par le fil est plus considérable et que le fil lui-même est plus épais. On a trouvé, à l'aide de l'expérience et de tâtonnements méthodiques, la relation qui existe entre la longueur du fil et la puissance de la pile. La grosseur du fil, au contraire, ne parait pas devoir être limitée. Aussi les électro-aimants de ces machines sont faitsavcc un fil épais, et d'une longueur déterminée par la connaissance du débit de la pile.
On sait encore qu'un morceau de fer peut recevoir une quantité de magnétisme d'autant plus considérable qu'il est plus lourd et plus gros. En conséquence, pour les armatures mobiles, c'est-à-dire les contacts incrustés sur la roue, on prendra des morceaux de fer doux suffisamment gros. Si ces contacts sont trop légers,. ils seront aimantés immédiatement et le surcroit de force des électro-aimants sera perdu ; s'ils sont trop lourds, la roue sera difficile à manier. Il y a donc encore une relation établie entre la grosseur du fer et la puissance de la pile.
» Tous les organes, toutes les parties de l'électromoteur, quelque minime que soit son action, ont été
ainsi étudiés un à un^ en détail et dans leur ensemble Lors de l'Exposition universelle de 1855, une commis sion, composée des hommes les plus éminents dans 1 science et Tindustrie, et présidée par M. Wheatstone,l véritable inventeur de la télégraphie, fut chargée d'étu dier cette question, et de donner son avis motivé. A Iî suite de comparaisons nombreuses et consciencieuses faites en grande partie par M. Ed. Becquerel, le problème a été pesé de la façon la plus catégorique.
Ce n'est pas la forme de Télèctro-moteur, ce n'est pas la machine en elle-même qu'il faut trouver ou perfectionner; ce qu'il faut modifier, c'est la pile, le générateur de l'électricité. Les machines actuelles sont à peu près parfaites, il ne reste plus qu'à produire une électricité convenable et à bon marché. Car il faut bien le reconnaître, telle que nous savons Tengendrer, l'électricitc est d*abord trop chère et ensuite trop indépendante de notre volonté. Nous ne sommes pas assçz maîtres des conditions dans lesquelles elle se produit et de la manière dont elle se comporte. Elle nous échappe pour accomplir des travaux inutiles, des effets que nous ne recherchons pas. On a ainsi trouvé qu'il n'y a jamais que la moitié de l'électricité qui agit comme force motrice, le reste est perdu pour nous.