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DE LA PILE

On emploie le plus souventla pile de Bunsen, comme étant celle qui fournit une grande quantité d'éleclricitc pendant un temps assez long. Elle se compose d'un vase en verre V qu'on remplit d'un mélange d'eau et d'à-

cide suirurique. Dans ce liquide, on fait plonger un cylindre Z de zinc amalgamé, comme dans les piles qui ont déjà été décrites ; puis un vase poreux D plein d'acide nitrique, liquide acre et brûlant qu'on appelle quelquefois l'eau-forle; enfin, au centre, un morceau C de charbon de cornue à ga/, ce charbon qui est à la fois très-dur et trcs-poreui, et qu'on cmjiloie beaucoup en électricité soit pour la pile, soit pour la lumière électrique. Le zinc est toojours !e pôle négatif—, et le charbon le pôle positif -4-.

La quantité d'électricité produite est assez considérable, et elle l'est d'autant plus que le zinc est plus fortemeçl attaqué par l'acide suifurique. On a reconnu que, pour les moteurs électriques, il fallait employer, pour être dans les meilleures conditions possibles, des piles dont le vase poreux fût très-large et très-mince.

On a trouvé encore que, pour obtenir le travail de 1 cheval-vapeur, c'est-à-dire le travail qu'accomplirait la machine à vapeur la plus faible que l'on ail l'habitude (le construire, il fallait que la pile consommais kilogrammes de zinc par heure. Le kilogramme de zinc coûte en moyenne 80 centimes; de plus, comme les acides suifurique et azotique s'épuisent, il faut les rcnouteler souvent, cl la dépense seule des acides est évaluée à . 2 fr. 10 par heure, ce qui fait que, pour obtenir

1 cheval électrique il faut dépenser 3 fr. 70 par heure. Avec le charbon ordinaire, pour faire marcher une bonne machine ordinaire et obtenir 1 cheval-vapeur, on dépense environ 10 centimes.

Voilà donc une impossibilité matérielle : le prix de l'électricité est trop élevé. Il faut modifier la pile. Or, il y a deux moyens d'y parvenir. On peut d'abord chercher des corps qui en se détruisant, produisent de l'électricité, et qui ne seraient pas plus chers que le charbon : c'est ainsi qu^on a essayé divers corps ; le fer a été substitué au zinc, et le fer est à bien meilleur marché, mais il donne moins d'électricité que le zinc et il a encore besoin d'acides ; les essais tentés n'ont donc pas abouti, quelque nombreux qu'ils aient été.

On peut, d'autre part, chercher à utiliser les immenses quantités de sulfate de zinc produites dans les piles de Bunsen. Parmi les raisons qui font vendre le charbon à si bon marché, il faut comprendre l'utilité qu'en ont les cendres : on en retire la potasse, ou Ton en fume les terres. Or le sulfate de zinc est complètement perdu ; à peine s'en sert-on en pharmacie pour les maladies des yeux et quelques autres. Mais on n'en use ainsi que des^quantités infiniment petites ; tout le reste est rejeté, ou doit subir encore de coûteuses manipulations pour redevenir du zinc métallique. Si Ton parvenait à trouver une application industrielle à cette substance, si on pouvait la vendre facilement et à un prix raisonnable, la transformation du zinc en sulfate serait une opération pratique. Si par exemple, le sulfate de zinc coûtait 3 fr. 50 le kilogramme, la pile deviendrait un générateur de cette matière ; et l'électricité

serait recueillie par-dessus le marché; elle ne coûterait plus rien. On rentrerait alors dans les mêmes conditions que pour la fabrication du gaz d'éclairage. De la houille on retire le gaz ; puis on vend le coke, les goudrons, les eaux vannes ; et la vente de ces résidus de la distillation est assez avantageuse pour que le gaz en lui*méme ne coûte presque plus rien. Combien plus cher serait le gaz d^éclairagc, si le coke n'avait aucun débouché? Il y a là une trouvaille à faire, une découverte à exploiter, et aussi une fortune à conquérir.

Mais, à côté de cette impossibilité matérielle qui résulte de Tétat actuel des choses, il y en a une autre plus grave, plus sérieuse, une impossibilité théorique, qui sera, il faut l'espérer, également résolue un jour.

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